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Panorama des zones d'emploi

La Dares, l’Insee et la Datar publient conjointement un Atlas des zones d’emploi qui rassemble les principaux indicateurs en matière de travail et d'emploi, représentés cartographiquement et commentés simplement.

Cet atlas accompagne la refonte du zonage d'études en "zones d'emploi" et portent à la connaissance du plus grand nombre les principales données disponibles.

La refonte de ce zonage coordonnée par la Dares, avec l'appui de l'Insee, de la Datar et de la DGEFP, est effective depuis juillet 2011. Construit à partir des déplacements domicile-travail, ce zonage constitue un découpage du territoire approprié pour étudier le fonctionnement réel du marché du travail local.

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Une typologie de spécialisation des zones d'emploi

 

Six types de zones d'emploi

La DATAR a confié à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile-de-France (IAU-IdF) une étude qui a débouché sur une classification des zones d’emploi en six types à partir de leurs caractéristiques structurelles. Cette classification se révèle pertinente pour rendre compte de l’évolution de l’emploi ou de l’accès aux services.

L’IAU-IdF a réparti les zones d’emplois métropolitaines 2010 en six types de territoires à partir de 14 indicateurs reflétant la structure de l’appareil productif, les caractéristiques de l’offre de travail ainsi que la démographie (1). Les indicateurs retenus pour définir la structure de l’appareil productif ont permis d’analyser les zones d’emplois en fonction de leurs spécialisations relatives et non du volume d’emplois présents. Ces indicateurs apparaissent comme les plus discriminants de la typologie. Viennent ensuite les indicateurs démographiques.

 

Lien vers la carte interactive

1) Les zones denses avec surreprésentation des emplois de cadre

Ce sont les zones d’emplois au sein desquelles la population et l’emploi sont les plus denses (2) et concentrés (3). Les cadres des fonctions métropolitaines (fonctions de conception et de recherche, de commerce inter-entreprises, de gestion, de prestations intellectuelles et liées à la culture et aux loisirs) y sont  surreprésentés. Leur présence explique que le revenu fiscal médian des ménages de ces zones est plus élevé que celui de la moyenne nationale (environ 20 200 euros contre 17 300 euros par an). Par ailleurs, ces zones ont un tissu productif très varié. On y trouve la plupart des capitales régionales ainsi que des zones accueillant des infrastructures d’envergure nationale.

2) Les zones peu spécialisées à orientation tertiaire

Ces zones ont des caractéristiques structurelles très proches de la moyenne nationale pour l’ensemble des indicateurs et sont relativement peu spécialisées. Elles se situent principalement du Nord Pas-de-Calais (Arras) aux Pays de la Loire (Laval, Saint-Nazaire) en passant par la Picardie, la Haute Normandie et le Centre, ainsi que dans l’Est (Mulhouse) et Rhône-Alpes (Chambéry).

3) Les zones à orientation tertiaire public

Elles ont des caractéristiques également proches de la moyenne nationale pour un certain nombre d’indicateurs, mais présentent une forte proportion d’emplois appartenant à la sphère publique. Ces zones se trouvent principalement sur une bande diagonale allant de la frontière belge (Charleville-Mézières) à la frontière espagnole (Bayonne, Tarbes-Lourdes), ainsi que certaines zones des régions Bretagne, de Basse-Normandie et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

4) Les zones à spécialisation industrielle

Ces zones sont caractérisées par une répartition équilibrée de la population sur l’ensemble du territoire concerné. Elles sont fortement spécialisées dans les activités industrielles et les établissements de plus de 250 salariés y sont surreprésentés. L’emploi public y est peu développé, relativement aux autres zones. Toutes ces zones, sauf une, se situent dans la moitié nord, et sont présentes tant à l’Est (Sarreguemines) qu’à l’Ouest (Pontivy).

5) Les zones peu denses à orientation agricole ou agri-alimentaire

Rapportées à leur superficie, ces zones ont une population et un nombre d’emplois sensiblement inférieurs aux autres zones. Les activités y sont fortement spécialisées, notamment vers la sphère agricole et la sphère agro-alimentaire. A contrario, les emplois de cadres y sont peu représentés. Le revenu des ménages de ces zones est le plus faible de la typologie (revenu fiscal médian inférieur à 16 000 euros). Ces zones d’emploi correspondent principalement à des territoires ruraux du centre de la France (Guéret, Ussel, Morvan, Charolais).

6) Les zones à orientation touristique

Elles sont caractérisées par un tissu de très petits établissements, une faible présence des activités industrielles, mais une part importante de résidences secondaires et une offre d’hôtellerie de plein-air significative. Ces zones se situent essentiellement au sud (Fréjus, Mont-Blanc, Corse).

 
(1) Ces analyses ont été menées en excluant les zones d’emploi de Paris et Saclay, en raison de leur trop forte spécificité ; elles ont été réintégrées in fine dans la classe des « Zones denses avec surreprésentation des emplois de cadres ».
(2) Zones d’emploi où le nombre d’emplois et d’habitants est le plus élevé par rapport à la superficie de la zone.
(3) Les habitants et les emplois sont présents sur une petite superficie de la zone d’emplois.
(4) Activités agri-alimentaires : activités agricoles et agroalimentaires.

 

Une typologie pour analyser la situation et les atouts des zones d’emploi

Lorsque l’on compare, tout d’abord, des zones d’emplois de catégories différentes, la typologie permet d’expliquer une part significative de l’évolution differenciée de leur population.
A titre d’exemple, la population des zones à orientation touristique progresse en moyenne de 11,5% entre 1999 et 2009, alors que celle des zones à orientation agricole croît en moyenne de 3,3%. Dans les cas extrêmes, il est constaté que la population de la zone de Clermont-l’Hérault-Lodève (zone à orientation touristique) a augmenté de 23,6%, alors qu’à l’inverse celle de la zone d’emploi de Chatillon (à orientation agricole) a baissé de 6,5 %.
La typologie permet également de rendre compte en partie des disparités de temps d’accès aux équipements de la gamme intermédiaire (correspondant à l’accessibilité en voiture à 28 commerces et services d’usage courant comme le collège, le supermarché, la libraire ou encore l’opticien). Ce temps est en moyenne de 11 minutes dans les zones denses à forte proportion d’emplois qualifiés, soit la moitié de celui dans les zones à orientation touristique (plus de 22 minutes). Pour les cas extrêmes, il faut compter 48 minutes dans la zone d’emploi d’Ajaccio (à orientation touristique) pour accéder à ces équipements, contre 2 minutes dans la zone de Paris (zone dense à surreprésentation de cadres).
Cette typologie permet, d’autre part, de situer une zone d’emploi par rapport à des zones d’emploi comparables, c’est-à-dire aux zones qui appartiennent à la même classe.

 

Une typologie réalisée à partir de 14 indicateurs structurels répartis en trois domaines

Structure de l’appareil productif
- Emploi de la sphère productive
- Emploi de la sphère publique
- Emploi de la sphère agri-alimentaire
- Indicateur résidences secondaires et campings
- Indicateur de spécialisation sectorielle
- Emploi dans les établissements de moins de 10 salariés
- Emploi dans les établissements de 250 à 4999 salariés

Rémunération et qualification de l’offre de travail
- Revenu médian par unité de consommation
- Emploi de la fonction agriculture
- Emploi de la fonction gestion
- Emploi de la fonction fabrication
- Indicateur des cadres des fonctions métropolitaines

Démographie
- Densité humaine
- Concentration territoriale de la population

 

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