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55 ans d'évolution de la population en Gironde

Auteurs : Caroline De Vellis et Stella Manning, sous la direction de Cécile Rasselet (a’urba - Agence d’urbanisme Bordeaux Aquitaine1)
Publication : Agence d’urbanisme de Bordeaux métropole Aquitaine. Démographie girondine – 55 ans d’évolution de la population en Gironde. 2020, 24 p.
Territoire
Année de publication
2021
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Donner à voir la croissance démographique est chose assez aisée grâce aux données des recensements de population de l’Insee. Mais comment la représenter dans un département où la plus grande commune (Lacanau, avec 214 km², dont seulement 4 % sont urbanisés) est 5 000 fois plus étendue que la plus petite (Castelmoron-d’Albret, 3,5 hectares) ? L’agence d’urbanisme Bordeaux Aquitaine a résolu ce problème en cartographiant les données à l’échelle des communes ni par à-plats de couleur, ni à l’aide de ronds proportionnels, mais en ne faisant apparaître que la tache urbaine actuelle. Les représentations ainsi obtenues sont plus proches de la réalité des implantations et permettent une lecture facilitée et non biaisée des différents phénomènes à l’oeuvre durant la période retenue, de 1962 à 2017. En effet, lire les évolutions sur un assez long terme, ici 55 ans, donne à observer les différents phénomènes qui forgent la géographie française d’aujourd’hui, dans un département ayant toujours connu, sauf durant la période 1968-1975, une croissance démographique supérieure à la moyenne française.

Pourtant, dans ce département, qui a gagné 648 000 habitants supplémentaires depuis 1962, quelques territoires sont restés à l’écart de cette croissance : le Saint-Émilionnais, pour des raisons de concurrence d’un vignoble de prestige face aux terrains constructibles, quelques communes de l’estuaire de la Gironde ou situées dans les confins du département. Le développement démographique est en revanche très marqué autour de la métropole bordelaise, du Bassin d’Arcachon et le long du littoral.
Cette croissance n’a pas été linéaire tout au long de la période. L’exode rural est encore pleinement à l’oeuvre dans les années 1960 et 1970, et s’atténue dans les années 1980. Pour autant, il ne bénéficie pas à la ville de Bordeaux, qui perd également des habitants et ne renoue avec la croissance qu’après 1982. Au fil du temps, on distingue nettement que la croissance démographique se fait par couronnes autour de Bordeaux, touchant d’abord sa proche périphérie, puis des territoires plus éloignés. Le nord de l’agglomération se développe assez rapidement à partir de 1975, profitant d’une desserte par l’autoroute A10, dont les tronçons proches de Bordeaux sont achevés dès 1974. Le pourtour du Bassin d’Arcachon connaît une croissance non démentie, sauf dans la ville d’Arcachon, où l’habitat saisonnier et touristique entre en concurrence avec le permanent.

De 1999 à 2007, la croissance atteint des niveaux très élevés (+ 1,1 % de croissance annuelle moyenne). Elle montre une importante diffusion de la population dans la très grande périphérie bordelaise. Seuls les espaces très éloignés de Bordeaux poursuivent leur décroissance démographique,
mais le reste du territoire girondin semble sous influence métropolitaine. Si la croissance se manifeste dans presque tous les territoires, elle est beaucoup moins forte dans la métropole bordelaise, conduisant les documents-cadres (projet d’agglomération, SCOT, PLUi) à prôner le recentrage urbain2.
De 2012 à 2017, le taux de croissance globale du département égale celui observé entre 1962 et 1968, et place la Gironde à la troisième place des départements métropolitains en plus forte croissance, après la Corse du Sud et la Haute-Savoie. Mais les dynamiques s’inversent : les territoires de la métropole bordelaise, et en particulier Bordeaux, présentent des évolutions très fortes (respectivement + 1,4 % et + 1,1 % de croissance annuelle moyenne), alors que la croissance se ralentit dans de nombreux secteurs, en particulier dans les petites centralités girondines : Branne, Captieux, Guîtres, Langoiran, Le Verdon...

Avec le bouleversement lié à la crise sanitaire de la Covid‑19, comment la population girondine va-t-elle évoluer ? Renforcement de l’agglomération ou au contraire desserrement au profit de territoires moins denses ? L’agence d’urbanisme tente d’explorer les futurs possibles dans une autre étude Quel(s) futur(s) pour les territoires girondins ? Un exercice de projection démographique, publiée en 2020, avec le concours de l’Institut d’études démographiques de l’Université de Bordeaux.

1. L’a-urba, agence d’urbanisme Bordeaux Aquitaine, est l’outil stratégique de développement des territoires bordelais, girondins et aquitains. Forte de son statut associatif, de ses compétences pluridisciplinaires, de son appartenance à la Fédération nationale des agences d’urbanisme, l’a-urba anime des observatoires, diffuse la culture urbaine, participe aux procédures de planification, formalise des initiatives stratégiques, aide au dialogue entre les acteurs publics et privés, construit des scénarios, propose des innovations.
2. Le PADD du SCoT de l’aire métropolitaine bordelaise affiche comme ambition première de : « Redonner du poids à l’aire métropolitaine au sein du département et de la région », en particulier pour lutter contre l’étalement urbain.

  • Agence d’urbanisme de Bordeaux métropole Aquitaine. Démographie girondine – 55 ans d’évolution de la population en Gironde. 2020, 24 p.

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