Méthode

Décrire les comportements de la mobilité quotidienne

02/07/2020
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Les déplacements quotidiens : de quoi parle-t-on ?

Les déplacements quotidiens sont ici définis comme l’ensemble des déplacements effectués un jour de semaine d’une durée inférieure à 2h, quel que soit le moyen de transport employé (voiture, marche, trottinette,…) et le motif à destination (travail, loisirs, achats, retour au domicile,…)8. Le filtre de 2h permet d’exclure les mobilités de longue portée qui sortent du cadre des mobilités quotidiennes (départ en vacances, voyage d’affaire, etc.). La vitesse de déplacement variant considérablement selon le mode de transport utilisé, ce seuil a été défini comme le temps de déplacement maximum acceptable pour se rendre au travail, par exemple.

Chaque déplacement est caractérisé par :

  • Une durée
  • Une distance (à vol d’oiseau)
  • Un motif à l’origine (ce que l’on faisait avant de partir)
  • Un motif à destination (ce que l’on va faire en arrivant à destination)

On appelle « boucle » l’ensemble des déplacements compris entre deux retours au domicile.

L’analyse des déplacements quotidiens dans la suite du document est issue de traitements de la Base unifiée des enquêtes déplacements du Centre d’Études et d’expertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement (Cerema, ex-Certu, 2018).

La Base Unifiée des Enquêtes Déplacements (Cerema, 2018)

 

Depuis le milieu des années 1970, plus de 150 enquêtes déplacements ont été menées dans toute la France à l’initiative de collectivités territoriales soucieuses de connaître les pratiques de mobilité quotidienne des habitants. Elles portent sur un échantillon de ménages représentatif de la population du territoire enquêté. Au cours d’entretiens en face à face ou téléphoniques, les personnes de chaque ménage ont été invitées à décrire le déroulement de leur journée de la veille en précisant les points de départ et d’arrivée de chaque déplacement, leur motif, leur durée, le moyen de locomotion employé,... Les caractéristiques des ménages sont connues (taille, lieu de résidence, caractéristiques du logement, motorisation, etc.) de même que celles des personnes (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, etc.).

Ces enquêtes ont été réalisées en suivant un standard – le standard Certu – qui garantit la comparabilité de ces enquêtes dans le temps et dans l’espace. Elles ont été menées sur des territoires allant de la petite agglomération (Beauvais, 2010) à la région (Île-de-France, 2010). Les enquêtes réalisées depuis 2010 (ainsi que celles réalisées en 2009 dans les métropoles de Bordeaux, Marseille, Nice et Strasbourg) ont été compilées par le Cerema dans le cadre d’une Base unifiée des enquêtes déplacements, régulièrement mise à jour.

Cette base contient 61 enquêtes réalisées entre 2009 et 2017, soit près de 600 000 individus enquêtés un jour ouvré de la semaine. Pour cette publication, seuls les enquêtés de 16 ans ou plus et qui ont répondu à l’enquête2 ont été retenus. Il en résulte un échantillon de près de 390 000 personnes, réparties dans 266 000 ménages.
Toutes les personnes n’ont cependant pas déclaré de déplacements la veille du jour de l’enquête. Ces « immobiles » (qui représentent 12,6 % des enquêtés de l’échantillon) n’ont pas été pris en compte dans les analyses sur les déplacements ; un encadré spécifique leur est cependant consacré3.
D’une très grande richesse pour analyser les pratiques de mobilité, cette base unifiée présente néanmoins un certain nombre de limites pour l’analyse des déplacements quotidiens des Français à l’échelle nationale :

  • Temporelle : la compilation d’enquêtes réalisées entre 2009 et 2017 présente une photographie des mobilités quotidiennes sur une fenêtre de près de 10 ans, alors que les comportements de mobilités ont pu évoluer localement.
     
  • Représentativité territoriale : cette enquête ne couvre pas la totalité du territoire français et certaines grosses voire très grosses aires urbaines (Rennes, Toulon, Poitiers, Orléans,…) sont absentes de la base. De plus, la ventilation des enquêtés entre les différentes catégories du zonage en aires urbaines n’est pas identique à celle observée dans l’ensemble du pays : les résidents des grands pôles urbains sont nettement surreprésentés dans l’échantillon enquêté, quand ceux des moyens et petits pôles et de l’espace rural sont sous- représentés. L’analyse par grands types d’espace dans la suite du document (communes centre de pôle, banlieue, périurbain) permet cependant en partie de corriger ces biais. De même, les valeurs de l’Île-de-France ont été isolées des autres résultats.

1. Dans cette publication, les termes « déplacements » et « trajets » sont utilisés indifféremment et recoupent le même sens.
2. Dans le cas des enquêtes déplacements dites « grands territoires », les enquêtes des espaces situés en dehors des centres urbains, réalisées par téléphone et non en face à face, n’ont porté que sur une ou deux personnes par ménage, en fonction de la taille de celui-ci.
3. Cf. encadré « Rester chez soi : qui sont les immobiles ? »

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