Évolution de la population entre 2006 et 2016

Deux tiers des centres locaux et leurs périphéries ont une population qui augmente

C’est le cas pour 76 % des aires animées par une ou plusieurs communes urbaines de petite taille. A l’inverse, 15 % des aires animées par une commune rurale et 9 % des aires animées par une ou plusieurs petites communes urbaines enregistrent une baisse de leur population dans les centres et en périphérie. Les aires les plus touchées par un déclin démographique des centres locaux et de leurs périphéries sont situées dans les territoires ruraux loin des grandes agglomérations. C’est le cas de plus de la moitié des aires dans la Nièvre, l’Indre, la Haute-Marne et la Creuse. A ces départements, s’ajoutent l’Allier, le Cher et l’Orne, dont le nombre d’aires en déclin, qui représente 30 à 36 % des effectifs, est supérieur au nombre d’aires qui connaissent une augmentation de population.

A l’inverse, dans de nombreux départements, les trois-quarts des aires enregistrent une hausse démographique de leurs centres locaux et de leurs périphéries. Cela concerne les départements de la façade ouest (Loire-Atlantique, Ille-et-Vilaine, Vendée, Gironde, Landes, Charente-Maritime, Maine-et-Loire, Morbihan, Indre-et-Loire), le midi méditerranéen (Var, Hérault, Gard, Aude, Alpes-Maritimes, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Corse-du-Sud), mais également les départements rhônalpins (Ain, Isère, Haute-Savoie, Rhône, Drôme). A cette liste s’ajoute le Doubs et le Territoire de Belfort, tous deux frontaliers avec la Suisse.

La population augmente dans 60 % des aires de desserte des centres intermédiaires

C’est le cas pour 63 % des aires animées par une ou plusieurs communes urbaines contre 54 % pour les aires animées par une commune rurale. A l’inverse, 21 % des aires animées par une commune rurale et 12 % des aires animées par une ou plusieurs communes urbaines enregistrent une baisse de leur population dans les centres et en périphérie. Les aires les plus touchées par un déclin démographique des centres intermédiaires et de leurs périphéries sont situées dans les territoires ruraux loin des grandes agglomérations. C’est le cas de plus des trois-quarts des aires dans la Haute-Marne, le Cantal et la Nièvre, et de plus de la moitié des aires dans les départements de la Creuse, de l’Allier, de l’Orne, de la Haute-Vienne, du Cher, des Vosges et de la Meuse. A l’inverse, dans de nombreux départements, les trois-quarts ou plus des aires enregistrent une hausse démographique de leurs centres intermédiaires et de leurs périphéries. Cela concerne les départements de la façade ouest (Loire-Atlantique, Gironde, Ille-et-Vilaine, Landes, Maine-et-Loire, Vendée), du midi méditerranéen (Var, Alpes-Maritimes, Hérault, Vaucluse, Gard, Bouches-du-Rhône, Corse-du-Sud), du midi toulousain (Haute-Garonne et Tarn-et-Garonne), les départements rhônalpins (Haute-Savoie, Ain, Isère, Rhône, Drôme) mais aussi les départements franciliens (Val-d’Oise, Seine-et-Marne, Essonne), un département du centre (Loiret) et un de l’est (Bas-Rhin).

La population augmente dans 45 % des aires de desserte des centres structurants.

C’est le cas pour 70 % des aires animées par plusieurs centres contre 43 % seulement pour les aires animées par un seul centre. A l’inverse, 13 % des aires animées par un seul centre structurant et 5 % des aires animées par plusieurs centres enregistrent une baisse de leur population dans les centres et en périphérie. Comme pour les aires animées par des centres de niveaux inférieurs, les aires de desserte des centres structurants qui connaissent un déclin démographique se situent principalement dans le centre et l’est de la France, et dans une moindre mesure dans le centre de la Bretagne, une partie de la Normandie, et une partie des Hauts-de-France. Les aires de desserte enregistrant une hausse démographique de leurs centres structurants et de leurs périphéries se situent principalement sur toute la façade atlantique, dans le centre et l’est de la région Occitanie, dans la région PACA ainsi qu’en Corse, et dans la majeure partie de l’ex région Rhône-Alpes.

La population augmente dans 37 % des aires de desserte des centres majeurs.

La différence est toutefois importante entre les aires animées par plusieurs centres (71 % des aires voient leur population augmenter) et celles animées par un seul centre (35 % des aires voient leur population augmenter). A l’inverse, 8 % des aires enregistrent une baisse de la population des centres et de leurs périphéries. Il s’agit exclusivement d’aires monocentriques. La situation la plus fréquente pour les aires des centres majeurs est une diminution de la population des centres et une augmentation de la population des périphéries (55% des aires sont dans cette situation). Les aires de desserte marquées par un déclin démographique se situent dans le centre et l’est de la France. Il s’agit des aires des villes de Metz, Chaumont, Auxerre, Nevers, Moulins, Montluçon, Guéret, Châteauroux, Aurillac et du Puy-en-Velay. Les aires enregistrant une hausse démographique de leurs centres majeurs et de leurs périphéries se situent principalement le long de la façade atlantique, en région Occitanie, en région PACA et en Corse, à l’est de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dans la région parisienne, dans une partie des Hauts-de-France, et de façon plus parsemée sur le reste du territoire français autour de certaines grandes agglomérations comme Dijon, Clermont-Ferrand, Strasbourg ou Colmar.

Évolution des emplois entre 2006 et 2016

40 % des aires de desserte locales voient leur nombre d’emplois augmenter

On constate cette augmentation aussi bien dans les centres que dans leurs périphéries. C’est le cas pour 52 % des aires animées par une ou plusieurs communes urbaines de petite taille. A l’inverse, 29 % des aires animées par une commune rurale et 24 % des aires animées par une ou plusieurs petites communes urbaines enregistrent une baisse du nombre d’emplois dans les centres et en périphérie. Les aires les plus touchées par un déclin de l’emploi des centres locaux et de leurs périphéries sont situées dans les territoires ruraux loin des grandes agglomérations. C’est le cas de plus de la moitié des aires dans l’Indre, la Haute-Marne, le Cher, l’Orne, l’Aube et la Haute-Saône. A ces départements, s’ajoutent ceux du Cantal, du Finistère, de la Meuse, du Lot-et-Garonne, de la Saône-et-Loire, de la Mayenne, de l’Oise, des Deux Sèvres, de la Nièvre, de l’Yonne, de l’Allier, de la Somme, de la Haute-Vienne et de l’Aisne, dont le nombre d’aires en déclin, représente 40 à 50 % des effectifs, et est supérieur au nombre d’aires qui connaissent une augmentation de l’emploi. A l’inverse, dans plusieurs départements, les deux tiers ou plus des aires enregistrent une hausse de l’emploi de leurs centres locaux et de leurs périphéries. Cela concerne quatre départements du midi méditerranéen (Var, Bouches-du-Rhône, Corse-du-Sud et Hérault), un de la façade ouest (Loire-Atlantique), un du midi toulousain (Haute-Garonne) mais également deux départements rhônalpins (Isère et Haute-Savoie).

Le nombre d’emplois augmente dans 36 % des aires animées par un centre intermédiaire

C’est le cas pour 39 % des aires animées par une ou plusieurs communes urbaines contre 26 % seulement des aires animées par une commune rurale. A l’inverse, 32 % des aires animées par une commune rurale et 26 % des aires animées par une ou plusieurs communes urbaines enregistrent une baisse du nombre d’emplois dans les centres et en périphérie. Les aires les plus touchées par un déclin de l’emploi sont situées dans les territoires ruraux loin des grandes agglomérations. C’est le cas de plus des deux-tiers des aires dans la Creuse, les Vosges, la Meuse, la Haute-Marne, l’Orne, la Nièvre et le Cantal, et de plus de la moitié des aires dans les départements du Cher, de l’Indre, de l’Aisne, de l’Allier, de la Mayenne, de la Haute-Vienne, du Lot-et-Garonne, de l’Yonne, de l’Aveyron, de la Corrèze, du Val-d’Oise et de l’Indre-et-Loire. A l’inverse, dans plusieurs départements, les deux tiers ou plus des aires enregistrent une hausse de l’emploi de leurs centres intermédiaires et de leurs périphéries. Cela concerne quatre départements du midi méditerranéen (Corse-du-Sud, Var, Hérault et Bouches-du-Rhône), et trois de la façade ouest (Gironde, Loire-Atlantique et Ille-et-Vilaine).

On constate que 28 % des aires de desserte des centres structurants connaissent une augmentation de l’emploi. A l’inverse, 34 % des aires enregistrent une baisse de l’emploi dans les centres et en périphérie. 12 % des aires voient l’emploi augmenter dans les centres alors qu’il diminue en périphérie, et 24 % des aires voient l’emploi augmenter en périphérie alors qu’il diminue dans les centres. Comme pour les aires animées par des centres de niveaux inférieurs, les aires de desserte des centres structurants qui connaissent une diminution de leurs emplois se situent majoritairement dans les régions Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est (hors Alsace), Centre, Normandie ainsi que dans une partie des Hauts-de-France et de l’ex région Auvergne. A l’inverse, les aires de desserte qui enregistrent une hausse du nombre d’emplois de leurs centres structurants et de leurs périphéries se situent principalement sur toute la façade atlantique, dans la région toulousaine et dans l’est de la région Occitanie, dans la région PACA, dans l’ex région Rhône-Alpes, dans l’ex-région Alsace, et de façon plus parsemée sur le territoire français autour ou à proximité des grandes agglomérations.

Le nombre des emplois augmente dans 22 % des aires animées par un centre majeur

La différence est toutefois importante entre les aires animées par plusieurs centres (43 % des aires voient leurs emplois augmenter) et celles animées par un seul centre (21 % des aires voient leurs emplois augmenter). A l’inverse, 43 % des aires enregistrent une baisse dans les centres et les périphéries. Il s’agit quasi exclusivement d’aires monocentriques puisqu’une seule aire polycentrique est dans cette situation (aire de Douai-Lens). Enfin, 28 % des aires connaissent une baisse de l’emploi dans les centres majeurs et une augmentation de l’emploi dans les périphéries, et 6 % des aires constatent une situation inverse. Les aires connaissant une diminution de leurs emplois se situent majoritairement le long d’une large diagonale sud-ouest / nord-est, autrement dit autour de la « diagonale du vide ». Quelques aires des régions Bretagne, Pays-de-la-Loire, Normandie et Hauts-de-France sont également concernées par une baisse de l’emploi dans les centres et dans les périphéries. A l’inverse, les aires de desserte qui enregistrent une hausse de l’emploi dans les centres majeurs et dans les périphéries se situent principalement le long de la façade atlantique, dans l’aire toulousaine et dans l’est de la région Occitanie, dans l’aire d’Aix-Marseille en région PACA, dans les aires de Bastia et Ajaccio en Corse, à l’est de la région Auvergne-Rhône-Alpes, dans la région parisienne, et en ex-Alsace dans les aires de Strasbourg et Colmar.

Auteurs et contributeurs de l'étude :

L’ensemble de l’étude a été coordonné par Mohamed Hilal (INRAE), Emmanuelle Le Bris (ANCT), Gilles Toutin (ANCT) et Max Barbier (ANCT).


Les traitements et la rédaction de ce volume ont été assurés par Mohamed Hilal (INRAE), Davy Moret
(INRAE), Virginie Piguet (INRAE), avec la collaboration d’Hélène Bouscasse (INRAE), Jean Cavailhès (INRAE), Abdoul Diallo (AgroSup Dijon), Marion Drut (Agrosup Dijon), Julie Le Gallo (Agrosup Dijon), Sophie Legras (INRAE).

Les documents graphiques créés par les auteurs ont été repris pour la synthèse par Mélodie Martin et Bertrand Miroux (ANCT).

 

Retrouvez tous les articles de la synthèse et téléchargez l'étude dans la partie "Avant-propos", sur la page d'accueil de la synthèse de l'étude.


Les membres du comité d’orientation de l’étude :

  • Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) : Brigitte Baccaïni, Max Barbier, Annabelle Boutet, Marion Mauvoisin, Emmanuelle Le Bris, Sylvie Cabassot, Gilles Toutin.
  • Direction départementale des territoires (DDT) de l’Eure-et-Loir : Nadia Bourraud, Sylvain Reverchon, Clément Point.
  • Fédération Nationale des Agences d'Urbanisme / Agence de développement des territoires Nancy Sud Lorraine (Scalen) : Francis Hess.
  • Ministère de la culture : Vincent Lacaille, Isabelle Michard.
  • Ministère de la transition écologique et solidaire (MTES) : Charline Nennig, Céline Guichard.
  • Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL) : Nicolas Laroche, Thomas Rougier, Raphaël Menelon.
  • Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) : David Levy.
  • Caisse des Dépôts et Consignation (CDC) : Florence Mas, Frank Chaigneau.
  • Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA) : Nicolas Nuyttens, Raphaèle Ratto.
  • Établissement public national d'aménagement et de restructuration des espaces commerciaux et artisanaux (EPARECA) : Alain Deschamps, Christelle Breem.

 

Travaux analysés dans le cadre de l’étude :

  •  Laborie J.P. (1979 ), « Les petites villes ».
  • Agence d’urbanisme Grand-est, Sraddet (2018), « L’armature urbaine régionale ».  
  • Jousseaume V. et Talandier M. (2016), « Bourgs-centres et petites villes en France ».
  • Dreal Nouvelle-Aquitaine (2017), « Identification d’une armature urbaine en Nouvelle-Aquitaine ».
  • DDT Eure-et-Loir (2017), « Diagnostic territorial et identification des centres-bourgs à enjeux ».
  • Préfecture de Région Auvergne-Rhône-Alpes (2017), « Etude exploratoire des centralités dans l’aire métropolitaine de Lyon-Saint-Etienne ».
  • Insee (2018), « Déclin marqué ou affirmation de leur rôle central, les destins contrastés des petites villes de Bourgogne-Franche-Comté » / « Petites villes de Bourgogne-Franche-Comté : un passé démographique et industriel qui contribue au déficit de croissance ».
  • Réseau des agences d’urbanisme de Bretagne (2012), « L’armature urbaine bretonne : un modèle territorial d’avenir ? ».
  • Chardonnel, Talandier, Tabaka et André-Poyaud (2017), « Centralité des espaces périphériques et complémentarités territoriales : un enjeu de durabilité pour la Région urbaine de Grenoble ».
  • Insee (2019), « Du rural éloigné au rural proche des villes : cinq types de ruralités ».

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