Chaque jour, 87 % de la population quitte son domicile pour aller travailler, faire les courses, rencontrer des amis, effectuer des démarches,… Ces mobilités façonnent le quotidien et sont le reflet de modes de vie qui varient selon les territoires et selon les individus.

Les mobilités quotidiennes peuvent être appréhendées à l’aide de trois mesures simples : la distance parcourue, le temps de trajet et le nombre de déplacements.

Hors Île-de-France11, le temps moyen consacré à se déplacer est de 1h19 minutes par personne et par jour ; chacun parcourt en moyenne 36 kilomètres en une journée en réalisant 4,4 déplacements12. Les déplacements vers le travail13 sont ceux qui occupent le plus de temps au quotidien avec une durée moyenne de 35 minutes par personne et par jour. C’est également le motif de déplacement qui induit les plus longues distances (22 km en moyenne par personne par jour).

Le temps consacré à se déplacer – comme les distances parcourues et le nombre de déplacements
– varie en fonction des caractéristiques individuelles :

  • L’âge : c’est le facteur qui influe le plus sur le temps de déplacement quotidien. Les 16-35 ans et les 35-64 ans consacrent en moyenne un peu plus d’1h20 à se déplacer chaque jour, contre seulement 1h06 pour les 65 ans et plus ;
  • La catégorie socioprofessionnelle : les cadres et les professions intermédiaires effectuent en moyenne des déplacements plus longs (environ 1h25 par jour) que les ouvriers et les employés (1h15), plus nombreux et couvrant une distance plus importante que les autres catégories ;
  • Le sexe : les hommes consacrent globalement plus de temps à se déplacer que les femmes, à raison d’1h22 contre 1h16 par jour.

MÉTHODOLOGIE

Tranches d’aires urbaines et distinction centre-banlieue-périurbain

Dans cette publication, plusieurs analyses reprennent le zonage en aires urbaines de l’Insee (2010)14 en agrégeant certaines catégories et en en détaillant d’autres. Deux niveaux de regroupement sont utilisés.

 

Les tranches d’aires urbaines

Les aires urbaines sont découpées en 5 tranches de taille :

  • L’aire urbaine de Paris ;
  • Les très grosses aires urbaines : les aires urbaines de plus de 500 000 habitants (hors aire urbaine de Paris ; 12 aires urbaines dans l’échantillon) ;
  • Les grosses aires urbaines : les aires urbaines entre 100 000 et 499 999 habitants (35 aires urbaines) ;
  • Les aires urbaines moyennes : les aires urbaines entre 20 000 et 99 999 habitants (52 aires urbaines) ;
  • Les petites aires urbaines : les aires urbaines de moins de 20 000 habitants (97 aires urbaines).

Les couronnes des aires urbaines
Au sein de chaque aire urbaine, on distingue trois types de territoires :

  • La ou les commune(s) centre : 1 ou 2 par aire urbaine (par exemple Toulouse pour l’aire urbaine de Toulouse et Douai et Lens pour l’aire urbaine de Douai-Lens) ;
  • La banlieue : les autres communes du pôle de l’aire urbaine ;
  • L’espace périurbain : les communes de la couronne de l’aire urbaine.

Certaines communes situées en dehors des aires urbaines ont également été enquêtées et les résultats les concernant seront présentés. Ces derniers sont cependant à prendre avec précautions car ils sont faiblement représentatifs des espaces ruraux pris dans leur ensemble.

 

Des temps de déplacement pas nécessairement plus longs pour les résidents du périurbain

Le temps consacré à se déplacer chaque jour varie également selon le territoire de résidence. En la matière, c’est bien plus la taille de l’aire urbaine que le type d’espace de résidence (centre, banlieue ou périurbain) qui est discriminante. Les très grosses aires urbaines sont ainsi celles où le temps de déplacement quotidien est le plus élevé (1h21 en moyenne), l’aire urbaine de Paris en tête (1h39). Dans les aires urbaines de taille inférieure, ces temps oscillent plutôt entre 1h10 et 1h15 avec un minimum observé dans les petites aires urbaines.
Au sein de chaque tranche d’aires urbaines, les différences de temps de trajet entre les résidents des communes centres et des communes périphériques sont peu significatives. Dans l’aire urbaine de Paris toutefois, la différence de temps entre centre et périphérie est plus marquée et les résidents de Paris intramuros consacrent globalement plus de temps à leurs déplacements que les périurbains de l’agglomération (+ 8 minutes en moyenne par jour). La grande variété d’équipements
et de services et leur bonne accessibilité expliquent en partie cette situation en donnant l’opportunité aux habitants de Paris de réaliser le plus de déplacements par jour (4,5) même s’il leur faut pour cela passer plus d’1h40 par jour dans les transports, temps moyen maximum observé en France15.
Le fait de résider dans un espace périurbain plutôt qu’au centre d’une agglomération joue en réalité bien plus sur les distances parcourues que sur les temps de parcours : hors Île-de-France, un périurbain parcourt ainsi chaque jour 23 kilomètres de plus en moyenne qu’un résident de commune centre ; en Île-de-France, cette différence est majorée (+ 30 km) alors même que les périurbains franciliens sont ceux qui réalisent le moins de déplacements par jour (4,2 contre 4,4 ailleurs).

11. Valeurs hors Île-de-France dans tout le paragraphe.
12. Ces valeurs sont calculées en ne tenant compte que des personnes qui ont déclaré au moins un déplacement la veille du jour de l’enquête.
13. Les déplacements vers le travail ne se résument pas aux seuls déplacements domicile-travail : ils comprennent également les déplacements entre un lieu de restauration et le lieu de travail par exemple.
14. Insee, « Les zonages d’études de l’Insee. Une histoire des zonages supra-communaux définis à des fins statistiques », Insee Méthodes, n°129, p.11-40, 2015
15. Crozet Y., Hyper-mobilité et politiques publiques – Changer d’époque ?, Economica, 190 p., 2016

 

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