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Déménager pour accéder aux études supérieures et débuter sa vie active : des parcours façonnés par les ressources territoriales et sociales

Année de publication2021
Territoire
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2018
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L’accès aux études et l’insertion dans la vie active sont des moments charnières qui rendent souvent nécessaire une mobilité résidentielle : c’est pour cela que les jeunes sont la classe d’âge la plus mobile, mais aussi celle qui déménage le plus loin1.

Grâce aux données des enquêtes Génération du Céreq (voir encadré Méthodologie), il est possible de suivre les parcours territoriaux des étudiants du supérieur et des jeunes diplômés. Ces mobilités résidentielles – et, dans certains cas, les mobilités quotidiennes2 – apparaissent comme la traduction de l’inégale répartition spatiale des établissements d’enseignement supérieur. Elles sont également fortement tributaires du capital social des individus : certains utilisent la mobilité comme une stratégie pour faciliter leur insertion professionnelle, quand d’autres s’inscrivent davantage dans leur territoire d’origine pour entrer dans la vie active.

Des mobilités d’études supérieures liées au niveau de l’offre locale

Près d’un bachelier sur deux achève ses études supérieures dans un autre département que celui où il a passé le baccalauréat. Ces mobilités sont intrinsèquement liées à la répartition de l’offre de formation sur le territoire : plus l’offre est faible par rapport au nombre de bacheliers d’un département3, plus ces derniers doivent en changer pour suivre des études supérieures.

Ainsi, dans les départements qui abritent les grands pôles d’enseignement supérieur, où l’offre de formation est excédentaire par rapport au nombre de bacheliers, le taux de mobiles en cours d’études est inférieur à 35%, voire à 20% en Île-deFrance et dans le Nord, contre 47 % en moyenne nationale. Certains départements se distinguent par une offre de formation particulièrement excédentaire par rapport au nombre de bacheliers : la Haute-Garonne, l’Hérault, la Vienne et la Côte-d’Or. À l’inverse, certains départements voient partir plus de 80 % de leurs bacheliers au cours des études supérieures. Ce sont des départements plutôt ruraux ou montagneux (Tarn-et-Garonne, Dordogne, Cantal, Indre, Loir-et-Cher, Allier, Yonne, Alpes-de-HauteProvence, Hautes-Alpes, Ardèche, Vosges), ou bien limitrophes de gros pôles d’enseignement supérieur (Landes, Côtes-d’Armor, Manche, Eure, Eure-et-Loir, Ain, Haute-Saône, Deux-Sèvres). Dans le cas des départements limitrophes, il est probable qu’une partie des étudiants n’ait pas déménagé et fasse des navettes quotidiennes jusqu’à leur lieu d’étude.

MÉTHODOLOGIE

Génération, un dispositif d’enquêtes sur les parcours des étudiants du supérieur et l’insertion des jeunes diplômés
L’étude du parcours des étudiants et jeunes diplômés a été réalisée dans le cadre de ce rapport par Mélanie Vignale et Arnaud Dupray (Centre d’études et de recherche sur l’emploi et les qualifications – Céreq) à partir des enquêtes Génération. Ce dispositif consiste à interroger un échantillon représentatif des jeunes sortant de formation initiale, dont il permet de connaître le département de résidence au moment de l’obtention du baccalauréat, le département de l’établissement de fin d’études et celui dans lequel ils résident trois ans après la fin de leurs études. Les jeunes qualifiés de «mobiles» sont ceux qui ont achevé leurs études supérieures ou résident trois ans après la fin de celles-ci dans un autre département que celui où ils ont obtenu leur baccalauréat.

Champ

Les analyses présentées ici exploitent les enquêtes de 2007 et de 2013, portant respectivement sur les générations ayant terminé leurs études en 2004 et en 2010. Ces deux enquêtes ont été empilées afin d’augmenter la taille de l’échantillon et de disposer d’un effectif d’analyse suffisant par département4. Les Dom ont été exclus du champ de l’étude dans la mesure où la mobilité des ultramarins à longue distance est difficilement comparable à celle observée sur le territoire métropolitain : celle-ci fait l’objet d’un encadré dédié en fin de chapitre. L’échantillon final porte sur 31700 jeunes résidant en France métropolitaine au moment du bac et à la fin de leurs études, et ayant poursuivi des études dans l’enseignement supérieur, à l’exception des diplômés de doctorat5.
Certains départements ont été fusionnés pour les besoins de l’analyse :
– les huit départements franciliens, entre lesquels le réseau de transports facilite les déplacements au point d’effacer les frontières départementales;
– les deux départements corses, parce que les logiques de mobilité internes à l’île diffèrent de celles des mobilités vers le continent (notamment parce que la seule université se situe en Haute-Corse,

Précautions

Les enquêtes Génération ne permettent pas de connaître plusieurs données telles que :
– le lieu de résidence à la fin des études. Seule la localisation de l’établissement de fin d’études est connue, or elle peut différer du lieu de résidence (par exemple dans le cas de jeunes qui effectuent des navettes quotidiennes entre leur département de résidence – qui lui, reste inchangé – et le département voisin où ils suivent leurs études). Les mobilités interdépartementales étudiées, qu’elles soient résidentielles ou non, permettent néanmoins de savoir dans quelle mesure les bacheliers trouvent dans leur environnement local les ressources nécessaires pour étudier dans le supérieur;
– le moment de la mobilité. L’enquête ne permet pas de savoir si la mobilité a été réalisée dès le début des études supérieures, ou entre la licence et le master. Elle ne permet pas non plus de connaître les éventuelles mobilités transitoires entre les trois dates de collecte de l’information (un bachelier qui a suivi une partie de son cursus dans un autre département mais est revenu ensuite dans son département d’origine pour y achever ses études sera compté comme non mobile);
– les mobilités internes à un même département.

L’analyse de la mobilité estudiantine en fonction des catégories du zonage en aires urbaines illustre le caractère structurant du contraste entre les grandes villes, les plus petites, et les communes rurales :

  • les jeunes ayant passé leur bac dans les très grandes aires urbaines sont les moins mobiles (seuls 17% des bacheliers de l’AU de Paris étudient dans un département différent de celui où ils ont passé le bac et 36% en moyenne dans les autres aires urbaines de plus de 500000 habitants, contre près d’un sur deux à l’échelle nationale);
  • le taux de bacheliers mobiles est d’autant plus élevé que la taille de l’aire urbaine est modeste (67% de mobiles parmi les bacheliers des petites et moyennes aires urbaines, soit 20 points de plus que la moyenne nationale);
  • c’est dans les communes hors influences des pôles que le taux de bacheliers mobiles est le plus élevé (70%).

Les bacheliers provenant des principales aires urbaines, quoique globalement moins mobiles que ceux qui ont passé leur bac dans d’autres types de territoires, déménagent plus loin en cas de mobilité. Entre le bac et la fin des études, les bacheliers quittant l’aire urbaine de Paris parcourent une distance médiane de 380 km et ceux des autres très grandes aires urbaines 280 km, contre entre 130 et 160 km dans les autres types de communes. De plus, seul un tiers des bacheliers mobiles des plus grandes aires urbaines se dirige vers un département limitrophe, contre plus de la moitié dans les autres catégories d’espace.

En somme, les mobilités estudiantines obéissent aux mêmes logiques que le reste des mobilités résidentielles6 : elles sont structurées en deux systèmes parallèles, l’un et l’autre concernant des profils de population différents.

  • Le premier relie entre elles les plus grandes aires urbaines françaises, au travers d’importants flux croisés d’étudiants7. Les jeunes y sont moins souvent mobiles en cours d’études supérieures, disposant d’une offre de formation plus étoffée sur place, mais ils parcourent de longues distances en cas de mobilité, en rejoignant une autre des principales aires urbaines. Ce fonctionnement en réseau découle pour partie de la concentration des formations de troisième cycle dans les plus grandes villes, mais aussi du rattachement de segments de spécialité de formation à des tissus d’activités concentrés dans ces grandes aires (l’aéronautique à Toulouse, l’ingénierie à Grenoble, etc.).
  • Le second, plus local, relie les petites et moyennes aires et les communes hors influence des pôles, mais aussi les communes multipolarisées des grandes aires qui sont, par définition, sous l’influence de diverses grandes aires urbaines proches. Les bacheliers y sont plus mobiles mais y effectuent des mobilités de plus courte portée, pour accéder à une offre de formation plus disséminée sur le territoire, le plus souvent dans un département voisin, n’impliquant donc pas nécessairement un déménagement.

Les autres grandes aires urbaines, quant à elles, empruntent des caractéristiques aux deux systèmes : plus de la moitié des jeunes les quittent en cours d’études supérieures, en parcourant des distances à peine plus importantes que dans les espaces isolés (distance médiane de 160 km contre 150). Dans le même temps, elles apparaissent clairement plus connectées au réseau des dix-sept plus grandes aires urbaines qu’aux autres grandes aires, puisque 58% des jeunes y achèvent leurs études. Ainsi, ces grandes aires urbaines de taille plus modeste semblent constituer un maillon qui relie les deux systèmes de mobilité identifiés.

Mobilités d’études et entrée dans la vie active : des logiques très différenciées selon le territoire et le milieu d’origine

Ces deux systèmes de mobilité ne sont pas empruntés par les mêmes individus. En fonction de leur provenance géographique mais aussi de leur milieu social, les jeunes suivent en effet des parcours de mobilité très différents pour accéder aux études et, plus tard, s’insérer dans la vie active. À partir des informations fournies par les enquêtes Génération (départements de résidence au bac, d’obtention du diplôme et de résidence trois ans après la fin des études), on peut identifier cinq types de parcours territoriaux, qui correspondent chacun à des profils spécifiques d’individus.

  • Pas de mobilité pour la majorité des bacheliers des plus grandes aires urbaines

Tout d’abord, il importe de souligner que seule une petite majorité d’étudiants est mobile8 : en effet, 44% des bacheliers enquêtés (nommés ici les «ancrés») suivent leurs études et débutent leur vie active dans le même département que celui dans lequel ils ont passé leur baccalauréat. Comme pour les mobilités estudiantines, c’est pour les bacheliers des plus grandes aires urbaines que ces parcours «ancrés» sont les plus fréquents, celles-ci offrant un large éventail d’opportunités de formation et d’emploi. Cet «ancrage» territorial concerne même les trois quarts des bacheliers issus de l’aire urbaine de Paris.

  • Après les études, des retours fréquents aux petites et moyennes aires urbaines et aux communes rurales

Un bachelier sur cinq change de département au cours de ses études supérieures9 puis revient dans le département où il a passé le bac pour entamer sa vie active («mobilité d’études et retour »). C’est la trajectoire principale des jeunes ayant passé leur bac dans une petite ou moyenne aire urbaine ou dans une commune hors influence des pôles (respectivement 28% et 31%). Ceux-ci vont chercher ailleurs une offre de formation inexistante ou trop restreinte dans leur département d’origine, mais c’est bien au sein de ce dernier qu’ils s’insèrent ou cherchent à s’insérer. En additionnant ces deux types de parcours, on constate que la majorité des bacheliers (64 %) entament leur vie active dans le département où ils ont passé leur bac, soit parce qu’ils ne l’ont pas quitté, soit parce qu’ils y sont revenus après avoir étudié dans un autre département.

  • Les parcours de double mobilité sont plus fréquents pour les bacheliers issus des petites et moyennes aires urbaines et des communes isolées

À l’inverse, 16% des bacheliers suivent des parcours de «double mobilité» : ils se déplacent pour leurs études supérieures et, à nouveau, au moment de l’entrée dans la vie active. Ce parcours concerne environ le quart des jeunes issus des petites et moyennes aires ou des communes isolées, ainsi que 20% des bacheliers des grandes aires urbaines de moins de 500000 habitants.

  • Des mobilités d’études qui anticipent l’insertion professionnelle

D’autres en revanche réussissent à s’insérer à l’endroit où ils ont achevé leurs études supérieures après une mobilité («mobilité d’études uniquement », 11%). Ces jeunes se singularisent en déménageant de préférence vers les plus grandes aires urbaines au moment de leurs études : les trois quarts d’entre eux y suivent tout ou partie de leurs études, contre seulement un sur deux (53%) parmi les autres étudiants mobiles. Ces jeunes semblent mettre en œuvre une stratégie d’anticipation en rejoignant des espaces comportant à la fois une offre de formation abondante et un marché du travail riche en opportunités d’emplois.

  • Quelques mobilités au moment de l’insertion

Enfin, le parcours le moins fréquent (9% des bacheliers) correspond à des jeunes qui ont suivi leurs études supérieures dans le département où ils ont passé leur bac et n’ont déménagé qu’au moment de l’entrée dans la vie active («mobilité d’insertion uniquement »). Outre le territoire d’origine des jeunes diplômés, qui oriente le type de parcours en fonction des ressources disponibles (offre de formation, possibilité d’insertion), la mobilité est aussi liée à leur milieu social d’origine et à leur parcours scolaire, ces deux dimensions conditionnant en partie leurs ambitions de poursuite d’études. Or, l’analyse des caractéristiques sociales des jeunes donne une vision de la mobilité qui nuance l’approche par types de territoire.

L’approche territoriale montre que la possibilité de rester dans son département d’origine en début de vie active semble en grande partie réservée aux jeunes issus des plus grandes aires urbaines, mieux pourvues en emploi. L’approche par les caractéristiques sociales montre, quant à elle, que l’ancrage concerne surtout les jeunes les moins favorisés et les moins performants scolairement. En effet, moins d’un quart des «ancrés» ont un père cadre (contre 26% en moyenne), 9% sont enfants d’immigré (contre 6%), à peine plus de la moitié d’entre eux sont titulaires d’un bac général (contre 63%) et leurs résultats au bac sont en deçà de ceux des autres. Enfin, près du tiers d’entre eux échoue dans l’enseignement supérieur et seuls 4 % accèdent à un diplôme de grande école. Leur profil se révèle assez comparable à celui des jeunes qui suivent deux autres types de parcours («mobilité d’études et retour » et «mobilité d’insertion uniquement »).

Les caractéristiques de ces parcours et des jeunes qui les empruntent semblent indiquer que, pour ces derniers, la mobilité est plus difficile et que c’est plutôt par défaut que l’insertion professionnelle se fait dans le territoire d’origine. Pour ceux qui ont changé de département, les mobilités effectuées ont sans doute été moins stratégiques que contraintes, soit par l’absence d’offre de formation supérieure adéquate dans le département d’origine, soit du fait de l’étroitesse du marché du travail local pour ceux qui partent au moment de l’insertion. Cette plus faible mobilité peut résulter tout à la fois d’un bagage scolaire plus limité et d’un capital économique et social insuffisant pour chercher des opportunités à longue distance10, dans des départements où l’environnement social et relationnel serait à reconstituer.

De la même manière, quand l’approche territoriale semble placer la double mobilité (au moment des études et de l’insertion) du côté d’une contrainte subie par les jeunes issus de territoires où l’offre de formation et les opportunités d’emploi sont faibles, l’analyse de leurs caractéristiques sociologiques révèle qu’elle est surtout l’apanage des mieux nantis. Les jeunes «doublement mobiles» sont en moyenne les plus favorisés en termes d’origine sociale (un tiers d’entre eux ont un père cadre), de parcours scolaire (prédominance des séries générales, bac obtenu avec mention pour la moitié d’entre eux) et de réalisation dans le supérieur (peu d’échec, poursuite fréquente d’études longues). Ils le sont encore plus dans les très grandes aires urbaines11. Le profil de ces jeunes les rapproche de ceux qui ont changé de département uniquement pour leurs études et s’insèrent dans celui où ils ont obtenu leur diplôme.

En somme, les jeunes «doublement mobiles» et ceux qui effectuent une «mobilité d’études uniquement » apparaissent comme davantage dotés en capital social et scolaire, et de ce fait, mieux préparés à la mobilité. Ceci suggère que leurs parcours relèveraient davantage de mobilités stratégiques, dans un cas pour accéder successivement aux meilleures filières et établissements de formation et aux opportunités d’emplois les plus attractives, et dans l’autre, pour atteindre simultanément la formation convoitée et un bassin d’emploi dynamique.

C’est donc seulement en croisant les approches territoriale et sociologique que l’on peut envisager les enjeux liés aux parcours de mobilité des jeunes. Pour les moins favorisés, peu enclins à la mobilité, le fait de résider dans une grande agglomération peut représenter une chance, car l’accès à la formation et à l’emploi y est plus aisé. Pour ceux qui proviennent de plus petites villes et de communes rurales en revanche, la mobilité est souvent un passage obligé du fait de l’absence de ressources sur place, mais c’est bien dans leur territoire d’origine qu’ils cherchent à s’insérer, sans doute parce qu’ils y bénéficient de relations propres à faciliter leur entrée dans la vie active.

Ce constat rappelle l’enjeu central que représente la répartition de l’appareil de formation sur le territoire : pour les moins nantis, l’incapacité à accéder aux études à proximité de chez soi peut constituer souvent un motif de renoncement à la poursuite d’études supérieures12. Il en va tout autrement des jeunes qui sont les plus dotés en capital économique et social : quel que soit l’espace dont ils proviennent, ils sont en mesure d’utiliser la mobilité comme un outil stratégique pour favoriser leur réussite professionnelle.

1. Voir le chapitre 1.
2. Les données des enquêtes Génération indiquent le lieu de l’établissement où les étudiants achèvent leurs études supérieures, et non leur lieu de résidence à ce moment-là. Dans certains cas, le lieu de résidence peut rester identique à celui du baccalauréat, l’étudiant faisant la navette chaque jour avec un département voisin.
3. L’offre de formation correspond ici au nombre d’étudiants inscrits en première année dans les établissements d’enseignement supérieur (soit un proxy du nombre de places disponibles). La « demande » est appréhendée à partir de l’effectif théorique de bacheliers poursuivant dans le supérieur, compte tenu de la répartition par série des bacheliers de chaque département, et du taux de poursuite (national) dans l’enseignement supérieur selon la série.
4. La relative stabilité des mouvements observés au travers des enquêtes Génération depuis 1998 (Bernela et Bonnal, 2017) autorise à mobiliser les données de Génération 2004, d’autant plus que les opérations de développement de l’offre supérieure sur l’ensemble du territoire (type plan U2000) sont antérieures à cette date.
5. Les diplômés de doctorat ont été exclus de l’analyse car il est souvent délicat de séparer ce programme d’études d’une première expérience professionnelle, notamment pour les étudiants dont la thèse est financée : mobilité d’études et mobilité d’insertion deviennent alors plus indistinctes.
6. Voir le chapitre 3.
7. En moyenne six à sept bacheliers sur dix issus des aires urbaines de plus de 500 000 habitants déménagent vers une autre de ces aires. Les bacheliers mobiles issus des petites et moyennes aires ou des communes hors influence des pôles sont, quant à eux, bien moins nombreux à terminer leurs études dans une des plus grandes aires urbaines (respectivement 50 % et 44 %).
8. Rappelons cependant que les données de l’enquête Génération ne permettent pas de repérer les mobilités aller/retour qui auraient lieu dans l’intervalle entre les moments de l’enquête (bac, fin des études et trois ans après).
9. Éventuellement en effectuant des navettes domicile-études : pour rappel, on connaît le département de l’établissement d’obtention du diplôme de fin d’études et non le lieu de résidence de l’étudiant à ce moment. L’étudiant peut donc ne pas avoir changé de domicile et étudier dans un établissement situé dans un département voisin.
10. En effet, même pour ceux qui partent étudier ailleurs, la distance de poursuite d’études se révèle bien moins importante que pour les deux autres profils de mobilité d’études : 140 km contre respectivement 250 et 200 km.
11. Les jeunes « doublement mobiles » issus des très grandes aires urbaines ont en moyenne un profil plus favorisé que ceux qui proviennent des aires urbaines plus petites ou de communes rurales. Ils sont bien plus souvent fils de cadre, et un peu plus souvent titulaires d’un bac général ou d’une mention. Les distances médianes qu’ils parcourent sont de plus longue portée, que ce soit pour la mobilité d’étude ou d’insertion.
12. Voir Fabre J., Pawlowski E., (2019) « Aller étudier ailleurs après le baccalauréat : entre effets de la géographie et de l’offre de formation », Insee Première nO 1727.

 

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