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La population se desserre sous l’effet des mobilités résidentielles

Année de publication2021
Territoire
Année de publication
2018
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Les mobilités résidentielles sont à l’origine d’une importante redistribution de la population dans l’espace. Sur l’ensemble des individus qui ont changé de commune en France métropolitaine en 2014, 53% résident désormais dans un espace de densité différente par rapport à celui d’avant leur déménagement, parmi les quatre que compte la grille construite par l’Insee (communes densément peuplées, de densité intermédiaire, peu denses ou très peu denses)1. Or, ce mouvement va majoritairement dans le sens d’un desserrement vers des espaces moins denses, poursuivant le processus de périurbanisation amorcé dans les années 19702. Mais celui-ci ne concerne pas toutes les catégories de population de la même manière.

Contrairement à l’afflux massif de population vers les zones urbaines qu’a été l’exode rural, les migrations internes3 tendent depuis les années 1970 à redistribuer la population vers les espaces moins denses, sous l’effet d’un processus de périurbanisation au long cours. Ainsi, en 2014, 1,23 million de personnes ont déménagé vers une commune moins dense que leur commune de résidence antérieure, contre 1,06 million vers une commune plus dense : le mouvement de desserrement spatial de la population sous l’effet des migrations est net.

Les communes les plus densément peuplées perdent de la population vis-à-vis de tous les autres types de communes, même les moins denses. Ainsi en 2014, elles ont perdu 61000 habitants dans leurs échanges avec les communes de densité intermédiaire, 44000 avec les communes peu denses, et 4000 avec les communes très peu denses (soit 109000 habitants en moins dans l’espace dense). Les communes les plus densément peuplées restent tout de même attractives pour certains profils de population, qui font le parcours résidentiel inverse (voir ci-après).

Ainsi, les mobilités résidentielles internes au territoire français tendent à rééquilibrer la répartition spatiale de sa population : sans celles-ci, elle serait davantage concentrée dans le cœur des agglomérations4. Toutefois, cet effet redistributif perd de son intensité depuis les années 1990. Par ailleurs, il ne concerne pas toutes les catégories de population de manière équivalente : si les migrations contribuent globalement à assurer une occupation plus homogène du territoire, elles ne déconcentrent pas tous les groupes sociaux de manière équivalente.

1. La grille de densité de l’Insee est présentée en annexe méthodologique à la fin du rapport.
2. Voir le chapitre 2.
3. Les migrations en provenance de l’étranger, bien moins nombreuses que les migrations internes, tendent au contraire à augmenter la concentration de la population, étant le plus souvent dirigées vers les grandes agglomérations. Ces migrations ne sont pas étudiées dans le cadre de cette partie.
4. Le solde naturel étant plus élevé dans le coeur des agglomérations, parce que la population y est plus jeune, l’ensemble de la population tend en effet à augmenter plus rapidement dans ces endroits qu’ailleurs. Sa concentration s’accroît donc. Mais les mobilités résidentielles freinent ce processus (plus de départs que d’arrivées dans les grands pôles urbains, voir le chapitre 2).

 

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