Article

Les flux résidentiels entre départements : deux réseaux emboîtés

Année de publication2021
Thématique
Territoire
Année de publication
2018
Ajouter à mes favoris

Lorsqu’ils déménagent, la plupart des individus s’installent à proximité de leur lieu de résidence antérieur : 71% restent au sein du même département (dont la moitié dans la même commune) et, parmi ceux qui changent de département (29 %), la majorité reste au sein de la même région1. En parallèle de ces mobilités de proximité, largement majoritaires, il existe également un faisceau de flux résidentiels de longue distance, qui s’étend à l’échelle nationale. Ensemble, ces deux logiques de mobilités connectent les territoires entre eux : ces liens révèlent l’existence de systèmes de territoires qui fonctionnent en interdépendance, les flux résidentiels n’étant qu’une facette de celle-ci.

La carte des flux résidentiels met avant tout en lumière les départements où la population est concentrée : c’est au départ de ceux qui abritent les plus grandes villes que les mobilités résidentielles sont les plus nombreuses. Cela ne signifie pas que la population y est plus mobile qu’ailleurs – c’est d’ailleurs parfois le contraire, comme en Île-de-France (voir ci-après) –, mais traduit plutôt le fait que les déménagements sont d’autant plus nombreux que la population résidente est elle-même nombreuse. La majeure partie des flux résidentiels au départ de ces départements les plus peuplés est dirigée vers les départements alentours, suivant une logique de périurbanisation, mais aussi vers des départements plus éloignés abritant d’autres grands pôles urbains.

En raison de son nombre d’habitants (12 millions, soit 18% de la population française), l’Île-de-France est la première région pour le nombre d’individus qui déménagent de l’un à l’autre de ses départements : sur les vingt plus gros flux résidentiels interdépartementaux de France en 2014, quinze sont internes à l’Île-de-France.

La grande majorité de ces flux s’effectuent entre départements de la couronne (157000 personnes en 2014), loin devant les mobilités de Paris vers la couronne (73000) ou de la couronne vers Paris (48000).

C’est aussi de la région capitale que partent des flux résidentiels nombreux (souvent des trentenaires) à destination des départements abritant les métropoles régionales, qui lui envoient en retour des habitants (surtout des étudiants et de jeunes actifs). Le tout forme un réseau d’échelle nationale très polarisé par la région parisienne.

Les flux entre les départements peu peuplés sont, quant à eux, moins nombreux : par exemple, le petit nombre d’habitants qui y résident explique la faiblesse des mobilités résidentielles entre, vers et depuis les départements de la plaine champenoise d’une part et du Massif central d’autre part.

Mais le nombre d’habitants n’explique pas tout : par exemple, les régions Grand Est et Hauts-de-France sont globalement caractérisées par des flux résidentiels internes moins nombreux qu’ailleurs, sous l’effet d’une plus faible mobilité résidentielle des personnes qui y vivent (voir ci-après). De même, les échanges entre la France métropolitaine et les départements d’outre-mer sont également peu nombreux, principalement sous l’effet de la distance qui les sépare (voir le zoom sur les échanges résidentiels entre Dom et métropole en fin de chapitre).

Au total, la géographie des flux résidentiels croisés entre les départements dessine deux réseaux emboîtés : un réseau d’échelle nationale, qui relie la région capitale aux grandes métropoles, et d’autres d’échelle régionale autour de ces dernières.

 

1. En 2014, 56 % des mobilités résidentielles interdépartementales se sont faites à l’intérieur des mêmes régions.

Pour enregistrer un favori, vous devez avoir un compte personnel

Me connecter Créer mon compte personnel