Article

Provence-Alpes-Côte-D’azur : une région qui voit sa balance migratoire globale se dégrader, mais des gains de population importants dans les espaces périurbains et ruraux

Année de publication2021
Thématique
Territoire
Ajouter à mes favoris

Dans le cadre des réflexions liées à l’élaboration du Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) en Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Région a souhaité porter une attention particulière à ses espaces périurbains, moteurs essentiels de sa croissance démographique et économique dans les années 2000. Le réseau régional des agences d’urbanisme (Aix, Avignon, Marseille, Toulon) a mené pendant deux ans une exploration, animée par l’Agence de Toulon, du rôle de ces espaces périurbains et de leurs spécificités.

Ce travail a conduit à une définition des espaces périurbains qui ne correspond ni à celle des découpages territoriaux de l’Insee (unités urbaines, aires urbaines, bassins de vie, etc.), ni à celle des périmètres de gouvernance (EPCI, SCoT, etc.). Les espaces périurbains de Paca étudiés ici ont été définis sur la base de l’analyse croisée de plusieurs indicateurs (occupation du sol, rapport emplois/habitants, taux d’équipements, etc.), affinée ensuite par la connaissance du terrain des agences d’urbanisme et de la Région. Cette méthodologie, forcément arbitraire, laisse de côté des marges ou, au contraire intègre peut-être des espaces plus urbains que périurbains… même si aujourd’hui la différence entre les uns et les autres est parfois difficile à cerner!

Une croissance migratoire globalement ralentie et très variable selon les espaces

Entre 1968 et 1990, une balance migratoire très favorable a valu à Provence-Alpes-Côte d’Azur d’être la région de France métropolitaine présentant la croissance démographique la plus forte. Si son solde migratoire est resté largement excédentaire entre 1990 et 2010, la période 2010-2015 l’a vu diminuer et se rapprocher très sensiblement de la moyenne hexagonale. Paca a donc beaucoup perdu de son attractivité depuis cinquante ans. Néanmoins, les différentes zones de la région sont dans des situations très hétérogènes. Ainsi, alors que les grandes aires urbaines gagnent peu d’habitants, les espaces périurbains et ruraux connaissent quant à eux des augmentations importantes de population. Les espaces périurbains ont capté plus de 60% de la croissance démographique de la région sur la période récente, alors qu’ils regroupent seulement un tiers de ses résidents. Cette situation est essentiellement due à la configuration des mouvements migratoires.

Trois dynamiques migratoires alimentent l’espace périurbain :

  • un processus de desserrement urbain, avec la poursuite du report de la population des grands pôles urbains vers leurs espaces périurbains. Les agglomérations de Toulon, Aix-en-Provence et Marseille alimentent l’ouest et le moyen Var ainsi qu’une frange de l’est des Bouches-du-Rhône; la conurbation Cannes-Menton voit une partie de ses habitants migrer vers les contreforts des Alpes et l’est du Var;
  • un processus de concentration et d’urbanisation. Les zones situées autour de Gap et dans la plaine de la Durance accueillent davantage d’habitants venant des espaces ruraux : c’est un processus de croissance urbaine où la population se rapproche des grandes agglomérations;
  • un processus de structuration mixte. Certains espaces périurbains commencent à avoir une dynamique résidentielle propre. Ils ne sont plus alimentés uniquement par le report des populations urbaines mais exercent eux-mêmes directement des effets d’attraction ou de répulsion sur d’autres espaces périurbains. Il s’agit des espaces périurbains de la Crau, d’Aix Nord Lubéron-Var et de celui de Berre Nord, le seul dans la région à afficher un solde migratoire négatif.

À ces trois situations types s’ajoutent deux cas spécifiques. Les périurbains d’Avignon et de Fréjus Saint-Raphaël voient une grande partie de leurs échanges migratoires se faire avec l’extérieur de la Région, mais pour des raisons différentes. Dans le cas du premier, cela s’explique surtout par un positionnement géographique interrégional. Pour le second, la cause principale semble être l’attractivité résidentielle liée à l’héliotropisme et au cadre de vie.

Pour enregistrer un favori, vous devez avoir un compte personnel

Me connecter Créer mon compte personnel