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Les dynamiques migratoires des métropoles : à l’ouest et au sud, les échanges régionaux et nationaux compensent la perte de population liée à la périurbanisation

Année de publication2021
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2018
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Parmi les vingt-deux métropoles françaises, quatorze intercommunalités, soit les deux tiers, sont en déficit migratoire en 2014. Le mouvement de périurbanisation leur fait toutes perdre plus d’habitants qu’elles n’en gagnent au jeu des échanges migratoires avec le reste de leur aire urbaine. Si certaines affichent une forte croissance, c’est en raison du solde positif de leurs échanges migratoires avec le reste de leur région et avec les autres.

  • Les sept métropoles en forte croissance migratoire attirent plus d’habitants qu’elles n’en perdent dans les échanges au sein de leur région et avec les autres régions. Toutes sont situées sur l’arc occidental et méridional (Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Clermont-Ferrand et Lyon).
  • Onze métropoles attirent plus d’habitants provenant de leur région qu’elles n’en perdent, mais sont en déficit migratoire vis-à-vis du reste de la France. Elles sont principalement situées dans le quart nord-est du pays (Lille, Rouen, Nancy, Metz, Strasbourg, Orléans, Tours, Dijon), globalement peu attractif. À l’Ouest, Brest fait exception : le solde de ses échanges avec les autres régions est affecté par la présence de Rennes, qui capte davantage qu’elle les flux en provenance de l’extérieur de la Bretagne. L’ensemble des métropoles de cette catégorie sont en déficit migratoire : leur attractivité régionale leur permet d’atténuer mais pas de compenser leur manque d’attractivité au plan national, renforcé par la périurbanisation qui leur fait perdre des habitants au profit de leur couronne.

 

  • Paris, Aix-Marseille et Nice perdent plus d’habitants qu’elles n’en gagnent à la fois au plan régional et national. En raison de l’étendue de la métropole marseillaise, qui intègre une partie de son espace périurbain, les pertes d’habitants au profit du reste de l’aire urbaine sont limitées8.
  • Certaines métropoles ont un solde migratoire équilibré, à la fois vers le reste de leur région et vers le reste de la France. C’est le cas de Grenoble, Saint-Étienne et Toulon. Les deux premières sont en déficit migratoire global, quand la métropole de Toulon conserve un excédent migratoire lié à un mouvement de périurbanisation moins prononcé.

 

7. Cet article est une actualisation de l’analyse de l’attractivité résidentielle des métropoles parue dans le Métroscope de la Fédération nationale des agences d’urbanisme en juin 2017 (qui portait sur les quinze métropoles en vigueur à l’époque, avec des données 2013).
8. Chauvot N., Pougnard J., Picon J., Verre L., (2016), « Métropole Aix-Marseille Provence : habiter autrement et toujours plus loin ? », Insee Analyses, no 32, mai 2016. AMP affiche le taux de mobilité interne le plus fort de toutes les métropoles (les quinze en vigueur en 2016), et le taux de renouvellement de la population par le jeu des migrations le plus faible. Les auteurs en concluent que le périmètre d’AMP est bien adapté à son bassin d’habitat : la majorité des mouvements résidentiels se font au sein de la métropole.

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