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Le contraste entre un Nord-Est qui perd des habitants et un Sud-Ouest qui attire est récent

Année de publication2021
Territoire
Année de publication
2018
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Il y a cinquante ans, le solde migratoire apparent (voir encadré Méthodologie) laissait surtout transparaître un exode rural qui touchait à sa fin : entre 1968 et 1975, la quasi-totalité des espaces peu denses étaient en déficit migratoire, quand les agglomérations – et plus particulièrement leur couronne – étaient pour la plupart très attractives, notamment en Île-de-France. Cinq décennies plus tard, c’est principalement l’opposition entre un Sud-Ouest attractif et un Nord-Est qui perd plus d’habitants qu’il n’en gagne1 qui caractérise la géographie des mobilités résidentielles. Cette reconfiguration récente tient principalement à deux dynamiques complémentaires, en germe dès le début des années 1970 et qui se poursuivent encore à l’époque actuelle : la périurbanisation et la littoralisation de la population.

MÉTHODOLOGIE

Mesurer les apports migratoires dans les territoires

Il existe deux manières de mesurer le bilan des apports migratoires dans une zone géographique donnée :

  • le solde migratoire apparent qui mesure de manière indirecte les mouvements migratoires. Il correspond à la différence entre la variation totale de la population d’un territoire au cours d’une période, obtenue grâce aux recensements de la population, et son solde naturel, obtenu grâce aux données d’état civil. En somme, il rend compte des évolutions de population qui ne sont pas liées aux naissances ou aux décès, et qui sont donc imputables aux mouvements migratoires. Le solde migratoire apparent présente l’avantage de prendre en compte l’ensemble des mobilités résidentielles (y compris les mobilités vers et depuis l’étranger) mais ne donne pas de précisions sur le profil des individus effectuant ces mobilités. C’est l’indicateur principal utilisé dans ce chapitre;
  • le solde migratoire net interne qui représente la différence entre le nombre d’individus s’étant installés dans une zone et le nombre d’individus l’ayant quittée au cours d’une période, à l’exclusion des mouvements vers et depuis l’étranger. Ces données proviennent de l’exploitation des bulletins individuels du recensement de la population (réponse à la question «où habitiez-vous au 1er janvier de l’année dernière?»), et correspondent donc à une période d’un an. Le solde migratoire net interne permet de connaître avec précision le profil des personnes étant entrées ou sorties d’une zone géographique, mais il est limité aux mobilités internes au territoire français2 . Il est surtout employé dans le chapitre3. Il importe d’emblée de préciser qu’un solde migratoire renseigne seulement sur le résultat des échanges de population entre une zone géographique et les autres, et non sur les effectifs de population qui arrivent dans chacune ou qui en partent. Il doit alors être complété par d’autres indicateurs, comme le taux d’arrivées et de départs, pour donner une image plus fidèle de l’intensité des flux migratoires d’une zone.

1. Les Dom, nettement déficitaires sur toute la période d’étude, ont des dynamiques migratoires qui les rapprochent des zones du Nord-Est. Si plusieurs communes guyanaises apparaissent comme très fortement excédentaires, c’est certes en raison de l’afflux de populations en provenance des pays limitrophes mais également du fait d’un biais de lecture cartographique : la population locale étant faible, les taux sont rapidement élevés et les communes étant très grandes, les aplats sont très larges, donc très visibles.
2. Les données du RP 2014 montrent que les flux en provenance de l’étranger comptent en moyenne pour 12 % des flux migratoires entrant dans les départements français. Voir Valles V. (2017), « Du nord au sud, les mouvements naturels et migratoires opposent les départements », Insee focus, no 107.
3. Plus précisément, la question du recensement permet de connaître les personnes qui habitaient à l’étranger un an auparavant et sont entrées sur le territoire français, mais pas celles qui en sont parties (car les individus résidant à l’étranger n’y sont pas recensés). Les arrivées en provenance de l’étranger ont donc été exclues des calculs.

 

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