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La France dans les migrations internationales

Année de publication2021
Thématique
Territoire
Année de publication
2018
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Dans ce rapport, sont surtout analysées les mobilités résidentielles internes au territoire français. Pour élargir le point de vue, cet encadré propose quelques chiffres clés sur les échanges migratoires entre la France et le monde. En France, 9% de la population sont immigrés1, c’est-à-dire, selon la définition du Haut conseil à l’intégration (HCI), nés étrangers à l’étranger et résidant en France, qu’ils aient ou non acquis la nationalité française depuis.

La France, un pays d’immigration où la part des immigrés2 reste modérée

Une base de données de l’Organisation des Nations unies3 permet de comparer la situation française à celle des autres pays du monde. La définition des immigrés* y est toutefois plus large : selon les pays, il s’agit tantôt des individus de nationalité étrangère, tantôt des individus nés à l’étranger (cas de la France). Selon cette définition extensive, la population immigrée* représente 12% des individus vivant en France métropolitaine. À l’échelle mondiale, la France se classe juste après la cinquantaine de pays qui ont la part d’immigrés* la plus élevée dans leur population, très loin derrière les pays de la péninsule arabique où une large majorité de la population est immigrée* (88% aux Émirats Arabes Unis, 76% au Koweït et 65% au Qatar), et après les petits pays européens comme le Luxembourg (45%), la Suisse (30%) et les gros pays d’immigration traditionnelle tels l’Australie (29%), le Canada (22%) et les États-Unis (15%). En Europe, après le Luxembourg et la Suisse, ce sont les pays du Nord et de l’Ouest qui accueillent la plus forte part de population immigrée* : 19% en Autriche, 18% en Suède, 15% en Norvège et en Allemagne, 13% au Royaume-Uni. Ces pays d’immigration* se distinguent des pays où une très faible part de la population est immigrée*, tels que la majorité des pays des continents africain et sud-américain, mais aussi des pays relativement plus riches situés à proximité de pays très attractifs (Mexique, Maghreb : moins de 1% d’immigrés*). Le Japon, qui pratique une politique d’immigration volontairement restrictive, compte moins de 2% d’immigrés*, soit à peu près autant qu’en Roumanie et au Soudan.

En France, la population immigrée vit surtout en région parisienne, dans le Sud du pays et le long des frontières

En France vivent 6 millions d’immigrés (au sens du HCI), soit 9 % de la population totale4 . La population immigrée est très concentrée sur le territoire : un tiers de celle-ci vit dans des aires où habitent plus de 10 % d’immigrés. Une grande majorité des immigrés vit dans les grands pôles urbains, principalement l’aire urbaine parisienne. Le Sud-Ouest de la France, le littoral méditerranéen mais aussi les zones frontalières du Nord et de l’Est sont également des espaces où la proportion d’immigrés dans la population est plus élevée qu’ailleurs. La répartition spatiale de la population immigrée est le résultat de plusieurs vagues d’immigration5. Dans l’entre-deux-guerres, les Italiens sont venus s’installer dans l’Est de la France pour répondre aux besoins de main-d’œuvre dans l’industrie, comme les Espagnols à Paris et dans sa petite couronne, dans le Rhône, en Isère et dans les Bouches-du-Rhône. Ces derniers se sont également employés dans l’agriculture, dans le Sud-Ouest du pays. Après 1945, la reconstruction a conduit à se tourner vers l’Algérie, puis vers les autres pays du Maghreb : les immigrés en provenance de ces pays se sont installés principalement en Île-de-France, à Lyon, à Marseille et à Grenoble. À partir des années 1960, les immigrants portugais se sont installés en fonction des besoins de main-d’œuvre liés à l’extension des zones urbaines (grands ensembles, universités, etc.).

Les immigrés arrivés d’Afrique subsaharienne depuis la fin des années 1960 se sont quant à eux très majoritairement établis en Île-de-France. Cette géographie évolue peu au fil des années, puisque les nouveaux immigrés s’installent prioritairement dans les lieux où vivent ceux arrivés il y a plus longtemps (réseau de connaissances, prix des logements, etc.). Ainsi, même si l’emploi industriel a fortement baissé en France depuis les années 1970, la population immigrée reste fortement implantée dans les anciennes zones industrielles.

À côté de cette immigration de travail ancienne existent deux autres types d’immigrations, plus récentes et moins massives mais qui ont parfois un impact fort à l’échelle locale. Ces immigrés proviennent plutôt des pays riches d’Europe de l’Ouest et du Nord :

  • une immigration transfrontalière, particulièrement visible dans le Genevois, où le fait de résider en France tout en travaillant de l’autre côté de la frontière présente des avantages économiques pour les ressortissants suisses et luxembourgeois notamment;
  • une immigration liée au cadre de vie qui concerne plutôt des retraités venant s’installer dans les espaces peu denses du pays. L’exemple le plus connu est celui des Britanniques qui, à partir des années 1990, sont venus s’installer notamment dans les zones rurales du centre de la Bretagne et du Sud du pays (Nouvelle-Aquitaine et Occitanie principalement).

1. Source : Insee, RP 2014.
2. Pour bien différencier le concept (extensif) d’immigré utilisé dans les projections de population de l’ONU de la définition classique de l’immigration selon le Haut conseil à l’intégration, nous emploierons un astérisque pour désigner la première notion.
3. Projections mondiales de population, révision 2017.
4. Source : Insee, RP 2014.
5. Ce paragraphe est tiré de Brutel C., (2016), « La localisation géographique des immigrés. Une forte concentration dans l’aire urbaine de Paris », Insee Première, no1591, avril 2016.

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