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L’industrie reste la principale activité économique de l’Union européenne

Année de publication2021
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2018
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En 2016, près de 19,4 % de la valeur ajoutée brute totale de l’UE1 est le fait du secteur industriel. L’industrie reste le principal moteur de l’activité économique européenne. Le secteur manufacturier représente 84 % de la richesse créée par les entreprises industrielles, les 16 % restants étant générés par les industries extractives, la production et la distribution d'électricité, de gaz, d’eau ou encore la gestion des déchets. Le secteur manufacturier représente ainsi 16,2 % de la valeur ajoutée brute de l’UE.

Si l’industrie compte parmi les moteurs de l’activité économique européenne, sa part au sein de l’emploi est en revanche nettement moins importante. En raison de l’augmentation de la productivité, la baisse du nombre d’emplois industriels a été plus rapide que la baisse de la richesse produite par ce secteur. Aujourd’hui, l’industrie européenne emploie 35,6 millions de personnes, soit tout juste 15,3 % des travailleurs de l’UE1. Elle n’est ainsi que le 3e secteur pourvoyeur d’emplois d’Europe derrière le tertiaire à destination des ménages2 et la sphère publique3.

Ces constats globaux à l’échelle de l’Union européenne varient significativement d’un pays à l’autre. Les pays d’Europe centrale constituent aujourd’hui le « cœur industriel » de l’UE. En République tchèque, Slovénie, Roumanie, Slovaquie, Hongrie, Pologne et Allemagne (grâce à la Bavière et au Bade-Wurtemberg en particulier), l’industrie représente plus du quart (25 %) de la valeur ajoutée nationale et plus d’un cinquième (20 %) des emplois. Le poids de certains de ces pays dans l’industrie européenne doit cependant être nuancé en raison de leur petite taille ou encore d’une spécialisation dans des secteurs à faible valeur ajoutée.

À l’inverse, les pays les plus à l’ouest et au sud de l’Europe ont des économies moins industrielles. En France, au Royaume-Uni, en Belgique, aux Pays- Bas et en Grèce, celle-ci représente entre 14 % et 17 % de la valeur ajoutée et autour de 10 % des emplois. En Espagne, au Portugal et en Italie, l’industrie est un peu plus présente. Elle pèse entre 18 % et 20 % de la valeur ajoutée et autour de 15 % des emplois. Dans la quasi-totalité de ces pays (y compris la France), l’industrie est le 3e secteur producteur de richesse (valeur ajoutée) et le 4e pourvoyeur d’emplois (après le tertiaire à destination des ménages, la sphère publique et les activités spécialisées à destination des entreprises4).

La France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal partagent une particularité : l’industrie y est répartie de manière assez inégale sur leurs territoires, avec une surreprésentation dans leurs moitiés nord. Ainsi, même si ce secteur d’activité pèse moins dans leurs économies que dans les pays d’Europe centrale, certaines de leurs régions comptent en réalité parmi les plus industrielles de l’Union européenne. En France, c’est le cas de l’ancienne région Franche-Comté ; en Italie, de l’Émilie-Romagne, de la Vénétie, des Marches, de la Lombardie et du Piémont ; en Espagne, du Pays basque, de la Navarre et de la Rioja ; et au Portugal, de la région du Nord.

Cette analyse du poids de l’industrie dans les économies nationales ne doit pas occulter l’importance de certains pays comme la France, l’Italie, l’Espagne ou le Royaume-Uni dans la production industrielle globale de l’UE. Ces quatre pays participent à hauteur de 40 % de la valeur ajoutée et 35 % des emplois industriels européens (pour 44 % de l’ensemble des emplois)5. Même si ce secteur d’activité y est sous-représenté et ne domine pas leurs économies, ces quatre pays, dont la France, comptent malgré tout parmi les « poids lourds » de ce secteur en Europe. Leur situation n’est cependant pas comparable à celle de l’Allemagne, qui domine très largement le secteur (28 % de la valeur ajoutée et 23 % des emplois industriels en Europe pour 18 % de l’ensemble des emplois de l’UE)5.

1. Source : Eurostat, 2016 - UE28.
2. Section G, H et I de la NACE : « commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles », « transports et entreposage » ainsi que « hébergement et restauration »
3. Section O, P et Q de la NACE : « administration publique », « enseignement », « santé humaine et action sociale »
4. Section M et N de la NACE : « activités spécialisées, scientifiques et techniques », « activités de services administratifs et de soutien »
5. Source : Eurostat, 2014 – CITE 5 à 8.

 

Aubert F. (2016), « L’industrie rurale entre déterminants urbains et dynamiques territoriales », Insee Première n° 1637

DGE (2017), « La mondialisation a amené l’industrie française à se spécialiser sur ses points forts », Le 4 pages de la DGE, n° 76, octobre 2017

Études économiques, DGE (2017), « L’industrie manufacturière en France en 2016 »

Jennequin H., Miotti L.E., Mouhoud E.M. (2017), « Mesurer et anticiper la vulnérabilité des territoires face aux risques de délocalisation : une analyse sur données sectorielles en France », Économie et statistique / Economics and Statistics n°   497-498

Insee Première (2016), « L’industrie manufacturière de 1970 à 2014 », n° 1592

Insee Première (2018), « L’industrie manufacturière de 2006 à 2015 : l’agroalimentaire et la construction aéronautique et spatiale résistent au repli du secteur », Insee Première, n° 1689

Mrabet H. (2015), «  La spécialisation industrielle de sept grands pays avancés : quelle évolution depuisles années 1990 ?  », Trésor-Éco n° 158

Observatoires des territoires (2016), « Emploi et territoires : rapport 2016 de l’Observatoire des territoires »

Rignols E. (2017), « L’industrie manufacturière en Europe de 1995 à 2015 », Insee Première n° 1637

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