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Les spécialisations de l’offre de formation selon les académies

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Les différents types de formation ne sont pas présents dans les mêmes proportions sur tous les territoires. Certaines académies vont ainsi proposer une offre plus largement tournée vers des diplômes universitaires tandis que d’autres s’orienteront davantage vers une offre en école de commerce ou en formations d’ingénieurs.

Les étudiants inscrits à l’université sont ainsi surreprésentés dans 12 des 31 académies. Cette surreprésentation de l’offre universitaire s’assortit de « spécialisations » dans certaines filières.

  • Ainsi, dans l’académie d’Aix-Marseille (81 % des étudiants sont inscrits à l’université contre 61 % France entière), ce sont le droit et les sciences économiques qui prédominent.
  • Les universités de Nice, La Réunion, Montpellier et Caen sont plutôt spécialisées en STAPS.
  • Dans les académies de Corse et de Guyane ce sont les lettres, les langues et les sciences humaines qui sont surreprésentées.
  • Dans celles d’Orléans-Tours et de Clermont-Ferrand, ce sont les sciences.
  • Dans celles de Limoges et de la Guadeloupe, c’est la santé qui est surreprésentée.
  • Enfin, il faut souligner qu’à Strasbourg, la part des étudiants à l’université est également élevée (74 %) mais les effectifs universitaires sont répartis dans les différentes disciplines dans des proportions proches de la moyenne nationale37.

Quant aux étudiants inscrits en formation d’ingénieurs, ils sont proportionnellement plus nombreux dans les académies d’Amiens (14 % des étudiants en formation d’ingénieurs contre 4 % pour la France entière), Besançon, Versailles, Reims, Toulouse, Lyon, Créteil, Rouen, Nantes et Rennes. La part des étudiants en écoles de commerce est, elle, importante dans les académies de Rouen (11 % des étudiants en école de commerce contre 5 % pour la France entière), Reims, Bordeaux, Versailles, Paris, Poitiers, Lille et Grenoble.

Cette « spécialisation » conduit, dans certaines académies, à une surreprésentation de l’offre privée. Celle-ci est ainsi très développée à Paris (25 %38 contre 18 % en moyenne en France) mais aussi au nord de la capitale (Oise : 26 %) et à l’ouest (Yvelines : 27 %). Ces différences proviennent du fait que la part du secteur privé dans l’enseignement supérieur dépend de la nature des formations, celles-ci étant, on l’a vu plus haut, assez fortement différenciées d’une académie à l’autre : alors que certaines filières comme les IUT sont exclusivement publiques, la quasi-totalité des écoles de commerce, gestion ou comptabilité sont privées. Cette surreprésentation de l’offre d’enseignement supérieur privée est également très sensible dans certains départements plutôt ruraux marqués par la polarisation de l’offre publique dans les grandes villes des départements voisins. En Vendée, près de la moitié des effectifs du supérieur sont ainsi inscrits dans le privé (49 %), tout comme en Mayenne (47 %), en Lozère (47 %) ou en Ardèche (45 %).

Il faut souligner que dans les trois académies d’Île-de-France, la part des étudiants inscrits dans une filière courte ou à l’université est plus faible qu’au niveau national (7 % des effectifs en STS et assimilés et 57 % à l’université contre respectivement 10 et 61 % au niveau national). À l’inverse, les CPGE (en particulier à Versailles et Paris : 5 et 4 % des effectifs), les formations d’ingénieurs (8 % des effectifs à Versailles et 7 % à Créteil), les écoles de commerce (9 % à Versailles) et les autres types d’« écoles » (29 % à Paris) sont proportionnellement plus nombreux qu’au niveau national.

Dans les DOM, 20 % des étudiants sont inscrits en STS ou une formation assimilée contre 10 % France entière. Les formations d’ingénieurs, écoles de commerce et autres écoles y sont à l’inverse très peu représentées.

À moyen terme, ces différences entre académies pourraient évoluer. En effet, les effectifs étudiants devraient globalement augmenter de 14,1 % dans les dix prochaines années, mais le rythme sera plus soutenu pour les formations universitaires (+ 15,7 % hors IUT) et d’ingénieurs (+ 20,1 %) que pour les STS (+ 6,8 %), les CPGE (+ 9,6 %) et les IUT (+ 10,7 %).

Au sein même des formations universitaires, il existe des différences d’évolution en fonction des filières suivies. Une progression très soutenue est prévue dans les domaines des sciences et STAPS39 (+26,2 %) et des sciences économiques et AES40 (+20,7 %). En revanche, elle devrait être plus faible pour les effectifs étudiants inscrits en santé (+1,1 %) et en droit (+6,1 %)41.

37. La répartition nationale des étudiants à l’université est de 31 % des effectifs en lettres, 29 % en droit ou économie, 21 % en sciences, 15 % en santé et 3 % en STAPS.
38. Effectifs étudiants France entière à la rentrée 2015, MESRI - DGESIP - DGRI – SIES.
39. Sciences et techniques des activités physiques et sportives.
40. Filière administrative, économique et sociale.
41. Source : effectifs étudiants France entière (hors Mayotte) à la rentrée 2015 et projections pour 2020 et 2025, MESRI - DGESIP - DGRI – SIES. Cf. Note d’information MESRI -SIES n° 17.05, avril 2017.

 

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