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Des conditions d’apprentissage dans le premier degré très différentes entre espaces ruraux et urbains

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Dans les espaces ruraux, des établissements plus petits et accueillant moins d’élèves par classe

Dans le premier degré, à l’école pré-élémentaire et élémentaire, la structure de l’encadrement, et en particulier le nombre d’élèves par classe, est pointée comme des leviers d’amélioration des résultats scolaires (Monso, 2014)13. Dans le premier degré, on compte en moyenne en France 23,7 élèves par classe à la rentrée 201614. Ce chiffre masque cependant une diversité de situations locales qui distinguent espaces peu denses – où les petites classes sont la norme – et espaces urbains – où le nombre d’élèves par classe est plus proche de 30.

À l’échelle des bassins de vie15, cette différenciation entre territoires ressort nettement. Alors que les classes sont très chargées dans les centres urbains, elles le sont de moins en moins à mesure qu’on s’en éloigne.

Les espaces les moins denses du pays se distinguent ainsi nettement. Dans un grand axe allant de la Lorraine aux Pyrénées et dans les bassins de vie alpins, les élèves du premier degré apprennent dans de plus petites classes. À l’inverse, dans un grand quart nord-ouest, les classes sont plus chargées avec des valeurs maximales atteintes en région parisienne, autour des métropoles de Rennes et de Nantes et de façon plus circonscrite le long de la côte aquitaine et autour de la métropole toulousaine. À l’Est, l’ex-région Rhône-Alpes et le littoral méditerranéen connaissent un phénomène comparable, localement très marqué autour de Perpignan, Montpellier, Marseille et Nice.

Les espaces les moins denses du pays se distinguent ainsi nettement. Dans un grand axe allant de la Lorraine aux Pyrénées et dans les bassins de vie alpins, les élèves du premier degré apprennent dans de plus petites classes. À l’inverse, dans un grand quart nord-ouest, les classes sont plus chargées avec des valeurs maximales atteintes en région parisienne, autour des métropoles de Rennes et de Nantes et de façon plus circonscrite le long de la côte aquitaine et autour de la métropole toulousaine. À l’Est, l’ex-région Rhône-Alpes et le littoral méditerranéen connaissent un phénomène comparable, localement très marqué autour de Perpignan, Montpellier, Marseille et Nice.

Dans les départements d’outre-mer, les classes sont globalement moins chargées qu’en France métropolitaine, exception faite de l’île de La Réunion, où la majorité des bassins de vie enregistrent des valeurs plus élevées que la moyenne nationale.

La densité de population apparaît comme un facteur explicatif très marquant du nombre d’élèves par classe dans le premier degré. Ainsi, près de 50 % des bassins de vie situés dans des « espaces très peu denses »16 comptent moins de 20 élèves par classe tandis que les bassins de vie situés dans des « espaces densément peuplés » comptent, pour moitié d’entre eux, plus de 24 élèves par classe.
La géographie de la taille des écoles recoupe en grande partie celle du nombre d’élèves par classe : les bassins de vie marqués par un faible nombre d’élèves par classe sont également ceux au sein desquels la moyenne du nombre de classes par école est la plus basse. Une typologie de l’encadrement dans le premier degré montre ainsi que plus de la moitié des bassins de vie du pays – principalement situés dans les espaces les moins denses – connaissent un cadre d’apprentissage dans le premier degré spécifique avec des écoles plus petites et des classes moins chargées que la moyenne nationale. Dans ces bassins de vie qui accueillent 26,3 % de l’ensemble des écoliers, des enjeux particuliers peuvent se poser : classes multi-niveaux, risques de fermeture des écoles, question d’accessibilité.

À l’inverse des territoires ruraux, les espaces métropolitains – en particulier la métropole parisienne, les métropoles de Lille, Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Lyon et le littoral méditerranéen – sont caractérisés par la présence d’écoles plus grandes que la moyenne et de classes plus chargées. Ces bassins de vie, densément peuplés, accueillent plus de la moitié (53,2 %) des élèves français du premier degré.

Un plus petit nombre de bassins de vie se distingue par des écoles de plus grande taille (en nombre de classes) que la moyenne mais des classes plutôt moins chargées. Ce type de bassins de vie est surtout présent dans le quart nord-ouest de la France métropolitaine et en particulier dans les régions Hauts-de-France et Normandie, où ils accueillent près du tiers (respectivement 32,6 % et 35,0 %) des élèves scolarisés dans le premier degré. On retrouve également ces caractéristiques dans les Ardennes autour de Charleville-Mézières, ainsi qu’aux franges sud-ouest de l’Île-de-France, entre Dreux, Chartres et Montargis et enfin le long de la vallée du Rhône, entre Lyon et Avignon. La majorité des bassins de vie des départements d’outre-mer correspondent également à ce profil. Plusieurs facteurs explicatifs peuvent être avancés pour analyser la répartition de ces bassins de vie : l’importance de la part des écoles en réseau REP et REP+ dans les Hauts-de-France, à l’est de la Corse et dans les départements d’outre-mer, le poids du secteur privé en Normandie et au nord de Brest et enfin l’implantation fréquente de regroupements pédagogiques intercommunaux concentrés dans le Calvados, au sud de l’Île-de-France dans l’Eure-et-Loir et le Loiret, ainsi que dans l’Aisne et les Ardennes17.

Plus rares, certains bassins de vie se caractérisent par des écoles de taille inférieure à la moyenne nationale mais des classes plus chargées. Ce dernier type marque les périphéries éloignées de certaines métropoles, notamment dans l’Oise, et dans l'ancienne région Rhône-Alpes. On peut également le retrouver le long de certains espaces transfrontaliers (Besançon). C’est enfin le cas notable du bassin de vie de Marseille-Aix-en-Provence. Ces bassins correspondent globalement à des espaces soumis à une pression démographique forte

13. À la rentrée 2017, les classes de CP en REP + ont ainsi vu leurs effectifs divisés de moitié de sorte à parvenir à un nombre de 12 élèves par classe environ.
14. Métropole et DOM hors Mayotte.
15. Le bassin de vie est le plus petit territoire sur lequel les habitants ont accès aux équipements et services les plus courants. Il y en a 1 700 en France.
16. Source : Insee, Grille communale, 2015. Pour prendre en compte la population communale et sa répartition dans l’espace, la nouvelle grille communale de densité s’appuie sur la distribution de la population à l’intérieur de la commune en découpant le territoire en carreaux de 1 kilomètre de côté. Elle repère ainsi des zones agglomérées. C’est l’importance de ces zones agglomérées au sein des communes qui va permettre de les caractériser (et non la densité communale habituelle).
Le passage au niveau des bassins de vie a été réalisé avec la méthodologie préconisée par l’Insee sur son site.
17. Les regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) permettent aux communes de petite taille de mutualiser leurs moyens pour l’entretien des écoles. Les RPI peuvent être concentrés (dans ce cas, l’ensemble des écoliers d’un regroupement de communes sont scolarisés dans une seule école) ou dispersés (dans ce cas, les écoliers sont répartis dans différentes écoles selon leur classe).
Le premier type favorise les grandes écoles tandis que le second favorise les petites écoles.

 

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