Article

Quelles incidences des dynamiques de croissance sur la densité ?

Ajouter à mes favoris

L’accroissement de la population s’accompagne mécaniquement d’une augmentation des densités. Le développement ci-après a pour objectif d’apprécier les densités en France au regard de celles des voisins européens et de mettre en avant leur évolution.

Par rapport aux autres pays d’Europe occidentale, la France est, avec une densité démographique de 104 hab./km², peu dense12. Les densités moyennes des populations allemande (227 hab./km²), anglaise (266 hab./ km²), belge (370 hab./km²) ou néerlandaise (500 hab./km²) sont largement supérieures. La situation française est comparable à celle du Danemark (132 hab./km²) ou de l’Autriche (104 hab./km²), avec toutefois une superficie bien supérieure pour la France.

Le territoire français est toutefois peuplé de manière très hétérogène. Les plus fortes densités démographiques se trouvent en région parisienne et au cœur des grandes agglomérations, dans les régions du Nord et du Nord-Est (sillon lorrain, Alsace) à proximité de la dorsale européenne ainsi que sur les littoraux et dans les vallées fluviales comme celle de la Seine, de la Loire ou du Rhône.

Une quinzaine d’agglomérations ont connu des mouvements de périurbanisation importants et une augmentation très prononcée des densités au sein de leurs couronnes.

Les densités moyennes des couronnes de Rennes, Vannes, Saint-Nazaire, Nantes, Perpignan, Narbonne, Montpellier, Nîmes, Toulon, Annecy ou encore de Genève-Annemasse ont ainsi progressé de plus de 25 % depuis 1999 et dépassent aujourd’hui la densité moyenne nationale (104 hab./km²).

Les couronnes des agglomérations de Toulouse, Bordeaux ou encore de la Rochelle sont également affectées par ce mouvement, même si leurs densités moyennes demeurent encore inférieures à la moyenne nationale.

De manière plus générale, on distingue les traits majeurs suivants :
Les espaces périurbains des grandes aires urbaines (couronnes + communes multipolarisées) ont connu une augmentation importante de leur densité de population (+18 %), passant de 63 habs./km² en 1999 à 74 habs./km² en 2013. Malgré cette progression très marquée, les densités dans les espaces périurbains (74 habs./km²) et en particulier dans les couronnes des grands pôles urbains (76 habs./km²) sont en rupture très nette avec les niveaux de densité observés dans les grands pôles urbains (834 habs./ km²). La différence entre pôles et couronnes reste donc très affirmée.

Les pôles demeurent, malgré une dynamique de progression moins affirmée, les principaux lieux de la croissance et leurs densités progressent.

Les espaces les plus ruraux et les communes dites « isolées hors influence des pôles » connaissent quant à eux des dynamiques de croissance beaucoup trop limitées pour influer sur les niveaux de densité. Ceux-ci restent très faibles (15 habs./km²). La concentration des dynamiques de croissance de la population dans le périurbain et dans les grands pôles a donc pour conséquence de renforcer les écarts entre « espaces vides » et « espaces pleins ».

 

Insee (2016), « Fiche Population - Démographie », in France, portrait social,
coll. « Insee Références ».

Eurostat (2016), « Annuaire régional »

Bellamy V., Beaumel C. (2016), « Bilan démographique 2015 », coll. « Insee
Première », n°1581.

Léon O. (2010), « La population des régions en 2040 - Les écarts de
croissance démographique pourraient se resserrer », coll. « Insee Première »,
n°1326.

Pour enregistrer un favori, vous devez avoir un compte personnel

Me connecter Créer mon compte personnel