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La population française accroît sa concentration dans les grandes agglomérations et sur les littoraux

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Au 1er janvier 2016, la France comptait 66,6 millions d’habitants. Les deux régions les plus peuplées, l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, accueillent près du tiers de la population française. Si l’on y ajoute les Hauts-de-France, dont la densité de population est l’une des plus élevées du pays, c’est près de 40 % de la population française que l’on retrouve dans l’une de ces trois régions (Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France).

Malgré un léger ralentissement des dynamiques de croissance depuis le début des années 1990 (en comparaison à la période 1968-1990), la population française continue d’augmenter à rythme relativement élevé par rapport au reste de l’Europe. Malgré les difficultés liées à la crise économique de 2008, le dynamisme de la natalité et de l’attractivité française continue de porter la croissance démographique du pays.

La quasi-totalité de la croissance démographique nationale de la dernière décennie s’est concentrée dans ces grandes aires urbaines (87,6 % des 5,4 millions d’habitants gagnés en France entre 1999 et 2013).

Au sein des grandes aires urbaines, la population a principalement augmenté dans les couronnes (+1,24 % par an entre 1999 et 2013, soit deux fois plus qu’à l’échelle nationale). Ces espaces, qui accueillaient 18,8 % de la population française en 2013, ont contribué à hauteur de 36,1 % aux gains de population nationaux observés depuis plus d’une décennie. Les couronnes ont ainsi gagné presque autant d’habitants que les grands pôles au cours de la période, alors même que leur poids démographique est nettement inférieur. De manière plus générale, la croissance démographique est particulièrement forte dans les espaces périurbains. Ces évolutions correspondent à l’élargissement des couronnes des grandes agglomérations et à l’installation d’actifs, notamment de jeunes ménages, de plus en plus loin des pôles d’emploi.

À l’inverse des couronnes et des espaces périurbains en pleine croissance, les grands pôles accusent une perte du dynamisme relatif de leur population. Leur croissance a en effet été inférieure à la moyenne nationale au cours de la dernière décennie (+0,45 % par an entre 1999 et 2013 contre +0,62 %). La perte de dynamisme des grands pôles urbains est plus accentuée entre 1999- 2008 et 2008-2013 dans les grands pôles urbains que dans les autres types de territoires.

Le zonage en aires urbaines permet par ailleurs d’observer l’importante croissance des communes dites « multipolarisées». Ces espaces, que l’on peut qualifier d’intermédiaires, accueillent 10,5 % de la population en 2013 (6,9 millions de Français) et ont contribué à hauteur de 15,5 % aux gains de population enregistrés entre 1999 et 2013 à l’échelle du pays. À la faveur du moindre coût du foncier et du logement, coexistent dans ces espaces fonctions résidentielles, pôles de services, et fonctions de production (agricoles surtout, mais aussi industrielles).

Enfin, il faut souligner que la population augmente également, bien que faiblement, dans les espaces situés en dehors de l’influence des villes (+0,27 % par an entre 1999 et 2013, soit près de 110 000 nouveaux habitants). Cette croissance démographique est visible dans la quasi-totalité du pays, même si certaines de ces communes dites « isolées » enregistrent des baisses de population, notamment dans les espaces les plus éloignés des villes (anciennes régions Champagne-Ardenne, Limousin et Bourgogne).

Insee (2016), « Fiche Population - Démographie », in France, portrait social,
coll. « Insee Références ».

Eurostat (2016), « Annuaire régional »

Bellamy V., Beaumel C. (2016), « Bilan démographique 2015 », coll. « Insee
Première », n°1581.

Léon O. (2010), « La population des régions en 2040 - Les écarts de
croissance démographique pourraient se resserrer », coll. « Insee Première »,
n°1326.

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