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Les migrations résidentielles des actifs sont majoritairement de courte portée, des pôles vers les espaces périurbains

Année de publication2021
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2016
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En matière d’emploi, les enjeux liés à la mobilité ne concernent pas seulement les navettes quotidiennes vers les lieux de travail. En effet, chaque année entre 2011 et 2015, en moyenne 9 % des actifs ont changé de commune de résidence, 4 % de zone d’emploi et 2 % de région. Les changements de résidence ont donc surtout lieu à courte distance, pour des motifs souvent davantage liés à des choix ou contraintes d’ordre résidentiel, ou au cycle familial, qu’à l’emploi. Ils ont en revanche une conséquence immédiate sur la mobilité quotidienne des actifs, du fait d’une tendance globale à l’éloignement depuis les pôles d’emploi vers les espaces résidentiels périurbains.

Si l’on observe les migrations résidentielles d’actifs entre des zones d’emploi voisines (contiguës), on note que les principaux pôles d’emploi sont déficitaires (à l’exception de Nantes et Rennes, qui l’étaient toutefois en 2008), alors que les zones d’emploi qui les environnent sont presque systématiquement excédentaires. Lorsqu’ils effectuent des migrations de proximité, les actifs déménagent donc pour la plupart du centre des agglomérations vers les zones d’emploi périphériques. Dans les grandes et les moyennes aires urbaines, les déménagements d’actifs du pôle vers la couronne sont deux fois plus nombreux que les flux inverses. Ainsi, les migrations récentes confirment la dynamique de périurbanisation à l’œuvre depuis plusieurs décennies, largement abordée dans ce rapport. Elle est particulièrement visible autour de Lille, Strasbourg, Lyon et Montpellier, ainsi qu’en Île-de-France. Ce mouvement fort de périurbanisation, qui accroît la dissociation spatiale entre lieux d’habitation et lieux de travail, pose des enjeux d’accessibilité aux emplois situés dans les pôles (notamment pour les ménages non motorisés), et de mobilité des actifs dans les espaces les plus éloignés des pôles économiques.

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