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En France, les salariés à temps partiel sont nombreux dans les territoires à orientation tertiaire, à l’exception notable du grand Bassin parisien

Année de publication2021
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2016
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La géographie du travail à temps partiel est très contrastée. Elle dessine des cercles concentriques croissants autour du Bassin parisien, où l’emploi à temps partiel concerne moins de 15 % des actifs occupés dans la plupart des zones d’emploi, contre 17,4 % en moyenne nationale en 20124, et jusqu’à plus de 20 % dans certaines zones d’emploi autour de Boulogne-sur-Mer, de Saint-Nazaire, du Jura et surtout dans une bande allant de Briançon/Grenoble à l’Ariège. Si 9 actifs occupés à temps partiel sur 10 travaillent dans le secteur tertiaire, la géographie du temps partiel ne traduit toutefois pas directement le degré de tertiarisation des espaces.
Ainsi, les régions francilienne et corse, pourtant fortement orientées vers le secteur tertiaire (respectivement 86,4 % et 79,8 % des emplois, contre une moyenne nationale de 77,5 % en 2012), ont une part très faible d’actifs occupés à temps partiel. C’est d’ailleurs en Île-de-France que le recours au temps partiel dans le secteur tertiaire est le plus faible.

À l’inverse, certaines zones d’emploi (Dunkerque, Boulogne-sur-Mer, Calais, Saint-Omer) ont plutôt une orientation industrielle, mais affichent des taux de salariés à temps partiel très élevés. Cela s’explique par un fort recours au temps partiel dans les activités tertiaires présentes dans ces espaces (dans la restauration par exemple, 36 % des salariés sont à temps partiel dans les quatre zones d’emploi citées). Dans les zones d’emploi du Sud-Est et du Languedoc, la surreprésentation du travail à temps partiel traduit à la fois la forte présence d’activités touristiques et saisonnières, la place importante qu’occupent les emplois de services à la personne, mais également, pour le littoral méditerranéen, un contexte régional de chômage élevé et de longue durée face auquel le travail à temps partiel peut constituer un moyen d’ajustement pour les entreprises.

Le recours à l’activité partielle (dispositif aussi appelé chômage partiel ou technique) permet, dans les territoires fortement affectés par le chômage, de prévenir les risques attachés à une exposition longue à celui-ci (délitement de l’employabilité du fait d’un éloignement durable du marché du travail, perte de lien social). En effet, au-delà des contrats à temps partiel, certains salariés peuvent aussi être contraints de travailler partiellement pendant une période déterminée, pour permettre aux entreprises de faire face à des difficultés temporaires sans licencier.

Celles du secteur automobile de l’ancienne région Nord-Pas-de-Calais ont notamment eu recours à cette pratique au moment du déclenchement de la crise de 2008-2009 : l’activité partielle a permis aux établissements connaissant des baisses de commandes de diminuer leur activité tout en maintenant le lien avec les salariés par leur contrat de travail, et en assurant une indemnisation pendant cette période. L’activité partielle a été largement sollicitée par les établissements de la région entre mi-2008 et mi-2009, où un pic est enregistré avec près de 33 000 salariés en activité partielle (tous secteurs confondus). La filière automobile, plus accoutumée à l’utilisation de cette mesure, enregistrait près de la moitié des effectifs au chômage partiel mi-2009.

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