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Des jeunes actifs de plus en plus tard sur le marché du travail

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Nombreux à poursuivre des études, les jeunes sont peu présents sur le marché du travail : en 2011, 44 % des 15-24 ans en France et 37,5 % dans les DOM sont actifs, c’est-à-dire en emploi ou au chômage selon les critères du Bureau international du travail (BIT).

Les taux d’activité les plus bas chez les jeunes se retrouvent dans les zones d’emploi dotées de grandes métropoles et, donc, de pôles universitaires : à Lille, Montpellier, Aix-en-Provence ou encore Marseille. Dans les DOM, cette faible proportion s’explique, notamment, par une forte part de jeunes non insérés.

Ce sont les jeunes les plus diplômés qui entrent naturellement le plus tard sur le marché du travail ; par conséquent, ils sont relativement moins représentés parmi les actifs de 15-24 ans. À l’inverse, les moins diplômés sont plus nombreux à être actifs. Avec l’allongement de la durée des études, le taux d’activité des jeunes entre 15 et 24 ans a beaucoup diminué avant 1995, d’abord pour les 15-19 ans puis, à partir du début des années 1980, pour les 20-24 ans.

L’accès au marché de l’emploi, un vécu difficile dans les zones urbaines sensibles

Les jeunes résidents des ZUS souffrent d’un accès à l’emploi difficile. Ainsi, seuls 29 % des jeunes de 16 à 29 ans occupent un emploi et un sur six se déclare au chômage, le taux de chômage atteignant 36 %. De façon générale, les femmes et les faibles niveaux d’études sont plus exposés au non-emploi. Lorsqu’ils sont  en emploi, les jeunes des ZUS occupent très majoritairement un poste avec un faible niveau de qualification et sont sous-représentés dans le secteur public par rapport aux 30 ans et plus. En sortant plus souvent de manière précoce du système scolaire avec peu de qualifications, leurs difficultés sur le marché du travail s’accentuent. Lorsqu’ils occupent un emploi, les jeunes en ZUS peuvent rencontrer des conditions de travail plus difficiles (précarité de l’emploi, temps partiel, faibles responsabilités, etc.). Moins de 50 % des jeunes de 16 à 29 ans sont actifs (en emploi ou au chômage), taux qui est encore plus faible chez les femmes (39 %) et pour les jeunes ayant un faible niveau de qualification. Cette inactivité est principalement due à la poursuite d’études ou de formation (41 %). Lorsqu’ils sont en recherche d’emploi, les jeunes résidant en ZUS éprouvent des difficultés qui se cumulent : la rareté des offres, un manque d’expérience ou de relations. Un jeune sur dix en recherche d’emploi déclare avoir rencontré des difficultés dans ses recherches du fait de son quartier de résidence. Toutefois, un jeune sur sept déclare n’être ni en emploi, ni au chômage, ni en formation. Cette proportion atteint plus de 20 % chez les jeunes n’ayant obtenu aucun diplôme. Sur l’ensemble des 16-29 ans, trois jeunes sur dix ne sont ni en emploi ni en poursuites d’études (chômeurs et autres inactifs), ce taux étant le plus élevé pour les moins qualifiés (40 % des sans-diplôme). Par rapport à leurs aînés, les jeunes de 16 à 29 ans en emploi montrent, sous certains aspects, plus de flexibilité dans leurs conditions de travail (travail plus fréquent le week-end ou le soir). Pour autant, les jeunes sont très majoritairement satisfaits de leur emploi (à plus de 80 %).

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