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L'innovation, moteur de métropoles

Année de publication2021
Territoire
Année de publication
2014
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Efforts de recherche : de fortes disparités régionales

La France se place au-dessus de la moyenne européenne en termes d’effort de recherche, mais les disparités internes sont très marquées : la région Midi-Pyrénées, en raison des activités aéronautiques, consacre 5 % de son PIB à la R&D – soit plus du double de la moyenne européenne et le décuple de la Corse. Trois régions se situent autour de 3 % d’effort de recherche : l’Île-de-France, la Franche-Comté et Rhône-Alpes. Deux autres régions (Auvergne et Languedoc-Roussillon) se situent également au-dessus des moyennes nationale et européenne ; en tout, 6 des 23 régions1 françaises présentent un effort de recherche supérieur à la moyenne européenne, les autres s’échelonnant de 0,5 % à 2 %.

 

Le processus d’innovation au cœur d’un écosystème territorial

Les établissements des secteurs considérés comme innovants sont très concentrés géographiquement : la proportion de ces établissements est très élevée dans les aires d’influence des espaces métropolisés. En effet, de nombreux facteurs d’agglomération opèrent en ce qui concerne les activités d’innovation. Les activités de R&D et d’innovation nécessitant de nombreux échanges de nature complexe et des compétences rares, elles sont très concentrées à proximité des bassins d’emplois adaptés.
En ce qui concerne l’innovation de processus et de procédés, les activités d’innovation requièrent en outre une proximité avec les activités de production.

Les territoires constituent des écosystèmes de l’innovation aux dispositifs de soutien à l’innovation et aux acteurs nombreux (entreprises, laboratoires, universités, pôles de compétitivité, grappes d’entreprises, autres clusters, incubateurs, organismes de transferts, investissements d’avenir, instituts Carnot, etc.), qui s’appuient sur les équipements, les infrastructures et les services offerts par le territoire.

De fait, un territoire est un véritable pourvoyeur de ressources nécessaires au processus d’innovation (investissements, expériences accumulées, énergie et créativité des individus…). Il peut aussi constituer une source d’innovation : en effet, les problématiques et enjeux auxquels est confronté un territoire (pollution, agglomération d’activités, accessibilité, fracture énergétique, vieillissement, etc.) sont susceptibles d’encourager la génération d’innovations pour les contourner. Dans ce cadre, tout territoire a des capacités d’innovation qu’il convient d’identifier et de mobiliser.

Ces ressources sont catalysées par les rencontres et la circulation des idées, rendues possibles notamment par la proximité physique, mais aussi par les échanges numériques. L’innovation s’entend comme un processus dynamique qui ne se cantonne pas à des objets ou dispositifs, mais suppose de réfléchir en termes de flux et d’articulations avec d’autres acteurs.

Les systèmes d’innovation se construisent également à distance

Si elle facilite et catalyse la production d’innovation, la proximité géographique n’en est pas une condition nécessaire. En complément des relations de forte proximité géographique, les processus d’innovation peuvent impliquer des échanges à distance, par exemple dans le cas de transfert ou d’appropriation de nouvelles technologies, ou lors de la recherche de compétences complémentaires non disponibles à proximité. Les relations entre les différents acteurs peuvent se nouer à distance, notamment grâce aux technologies de l’information et de la communication. Ces technologies permettent de mettre en réseau des acteurs éloignés et ainsi de désenclaver le processus d’innovation. Le dépôt d’un brevet, même si toutes les innovations ne se matérialisent pas de cette façon, constitue la transformation d’une invention en un produit tangible. Cette procédure peut engager plus d’un inventeur et il est possible de localiser les différentes parties prenantes dans le dépôt d’un brevet.

La carte de ces liens entre inventeurs montre que les réseaux d’innovation ont une portée qui peut être très longue. Le nombre de collaborations est surtout en relation avec le caractère métropolitain des territoires : on remarque que l’aire urbaine de Paris focalise un grand nombre de ces codépôts de brevet, notamment avec les autres zones économiquement très denses. Mais ces derniers s’opèrent également entre des aires urbaines de dimension moindre, comme entre Charleville-Mézières et Saint-Étienne.

 

BELLÉGO C., DORTET-BERNADET V., « La participation aux pôles de compétitivité : quelle incidence sur les dépenses de R&D et l’activité des PME et ETI ? », Insee Document de travail, 2013.

BUISSON B., DOISNEAU L., KUBRAK C., MONGO M., AUTANT-BERNARD C., « Les déterminants régionaux de l’innovation », Insee Document de travail, 2012.

Datar, « Dynamiques, interdépendances et cohésion des territoires », Rapport 2011 de l’Observatoire des Territoires, pp 192/204, mars 2012.

MASSARD N., CHALAYE S., « Géographie de l’innovation en Europe», Datar Travaux n° 15, 2012.

OCDE, « Manuel de Frascati 2002 – Méthode type proposée pour les enquêtes sur la recherche et le développement expérimental », La mesure des activités scientifiques et technologiques, Éditions OCDE, 2003.

OCDE/Eurostat, « Manuel d'Oslo – Principes directeurs proposés pour le recueil et l'interprétation des données sur l'innovation technologique », 3e édition, La mesure des activités scientifiques et technologiques, Éditions OCDE, 2005.

OCDE, « Mesurer l’innovation – Un nouveau regard », Éditions OCDE, 2010.

 

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