Article

En europe, les moyens consacrés à la recherche et au développement sont concentrés géographiquement

Année de publication2021
Territoire
Année de publication
2014
Ajouter à mes favoris

L’effort de recherche de la France, mesuré par la dépense intérieure de recherche et développement (DIRD) rapportée au produit intérieur brut (PIB), était de 2,29 % en 2012, ce qui représente plus de 46 milliards d’euros et 412 000 emplois en équivalent temps plein dédiés à ce secteur. Ces dépenses sont supérieures à la moyenne des pays de l’Union européenne : globalement, celle-ci consacre 2,04 % de sa valeur ajoutée aux activités de recherche et développement (R&D).

Ces moyens financiers et humains vont alimenter le processus d’innovation, qui permet la création d’activité et, donc, de richesses et d’emplois au niveau des territoires.
Cependant, ces investissements ne sont pas homogènes d’un pays à l’autre, ni d’une région à l’autre : les pays du nord de l’Europe dépensent davantage que les pays du sud pour ces activités ; les pays d’Europe continentale et orientale sont, quant à eux, en retrait sur ce domaine.
Ces moyens sont relativement concentrés dans l’espace : à l’ouest de l’Allemagne, au sud de l’Angleterre, les dépenses ainsi que les équipes dédiées à la R&D sont très importantes. La Finlande présente une homogénéité relativement élevée puisque ses régions consacrent des moyens similaires et conséquents.

Les classements et la mesure de l’innovation

Globalement, la R&D française demeure positionnée, selon les classements, de la 6e à la 8e place mondiale. En comparaison, en matière d’innovation, en 2012, la France se classe au 11e rang en Europe (à peine supérieur à la moyenne) et se situe entre le 14e et le 20e rang mondial, loin derrière les États-Unis, le Japon, la Suisse, Israël, la Corée et la Chine. La France est classée au 20e rang mondial dans le Global Innovation Index 2013. Les décalages observés dans les positions de classement de la France en matière de R&D et d’innovation illustrent le problème d’efficacité de la R&D française qui peine à se traduire en termes de mise sur le marché de nouveaux produits et solutions.

Comme en témoignent les travaux de l’OCDE en la matière (« Manuel de Frascati – Méthode type proposée pour les enquêtes sur la recherche et le développement expérimental » en 2002 ; « Manuel – d’Oslo : Principes directeurs pour le recueil et l'interprétation des données sur l'innovation » en 2005 ; plus récemment, « Mesurer l’innovation – Un nouveau regard » en  2010), mesurer l’innovation s’avère complexe : en effet, il est difficile de dépasser le stade des indicateurs de positionnement classiquement répandus. Les classements et les mesures de l’innovation sont encore très fortement orientés sur la R&D. Ils utilisent de manière prépondérante des indicateurs tels que la production de brevets, ce qui donne une vision très partielle de l’innovation, car trop centrée sur l’innovation technologique et l’industrie. Rares sont, par exemple, les classements ou analyses permettant de rendre compte de l’innovation au sens large (au-delà de l’innovation technologique) et de ses retombées sociétales ou de mesurer les liens entre R&D et innovation (efficacité de la R&D) ; de plus, très peu permettent de déterminer l’importance et l’impact de la politique de soutien à la R&D et à l’innovation sur la capacité à innover, ou encore d’établir les liens de causalité entre l’innovation et les résultats économiques. Ces difficultés se rencontrent à toutes les échelles géographiques.

Les méthodologies de ces classements peuvent être interrogées : leurs finalités et leurs objectifs, les indicateurs choisis, les pondérations appliquées, les méthodes de calcul et d’agrégation, les variations dans le temps de la méthodologie, notamment, sont fréquemment remis en cause. De nombreux classements reposent en partie sur des indicateurs renseignés sur une base déclarative, en particulier sur la perception de chefs d’entreprises comme, par exemple, pour le Global Competitiveness Report du World Economic Forum.

BELLÉGO C., DORTET-BERNADET V., « La participation aux pôles de compétitivité : quelle incidence sur les dépenses de R&D et l’activité des PME et ETI ? », Insee Document de travail, 2013.

BUISSON B., DOISNEAU L., KUBRAK C., MONGO M., AUTANT-BERNARD C., « Les déterminants régionaux de l’innovation », Insee Document de travail, 2012.

Datar, « Dynamiques, interdépendances et cohésion des territoires », Rapport 2011 de l’Observatoire des Territoires, pp 192/204, mars 2012.

MASSARD N., CHALAYE S., « Géographie de l’innovation en Europe», Datar Travaux n° 15, 2012.

OCDE, « Manuel de Frascati 2002 – Méthode type proposée pour les enquêtes sur la recherche et le développement expérimental », La mesure des activités scientifiques et technologiques, Éditions OCDE, 2003.

OCDE/Eurostat, « Manuel d'Oslo – Principes directeurs proposés pour le recueil et l'interprétation des données sur l'innovation technologique », 3e édition, La mesure des activités scientifiques et technologiques, Éditions OCDE, 2005.

OCDE, « Mesurer l’innovation – Un nouveau regard », Éditions OCDE, 2010.

 

Pour enregistrer un favori, vous devez avoir un compte personnel

Me connecter Créer mon compte personnel