L’augmentation de la température de l’air est un des signes les plus visibles du changement climatique, en particulier durant ces dernières décennies.

En France métropolitaine, la hausse des températures moyennes de 1900 à 2013 atteint + 1,3° C et se situe au-delà de la moyenne mondiale de + 0,85° C (source GIEC 2013) établie sur la période 1850 à 2012 sur l’ensemble des surfaces continentales et océaniques. En outre-mer, les données disponibles font état d’une élévation légèrement moindre qu’en métropole. Ainsi, sur la période 1955 à 2012, la tendance à la hausse des températures moyennes en Guyane est de 0,26° C par décennie contre 0,29° C en métropole.

L’évolution de la température moyenne annuelle sur la France métropolitaine est représentée sous forme d’écart à la moyenne de la période 1961-1990. On retrouve les mêmes caractéristiques que pour l’évolution à l’échelle mondiale : le réchauffement des températures moyennes est très net. Jusqu’au milieu des années 1980, l’écart est le plus souvent négatif : la température moyenne annuelle est le plus souvent inférieure à la moyenne de la période 1961-1990. À partir de la fin des années 1980, les températures moyennes annuelles augmentent rapidement et l’écart est systématiquement positif. En France, les 10 années les plus chaudes depuis 1900 sont toutes postérieures à 1989. L’année 2011, avec un écart de + 1,8° C par rapport à la moyenne 1961-1990 est l’année la plus chaude de la série, battant le précédent record de 2003 (+ 1,7° C).

Au cours du XXIe siècle, les effets du changement climatique se manifesteront, non seulement, par une hausse de température moyenne, mais aussi par une évolution de la fréquence des évènements extrêmes. Il est prévu que certaines conséquences, déjà observables aujourd’hui, s’accentuent dans le futur :

  • forte augmentation du nombre de jours de vagues de chaleur, diminution des extrêmes froids, particulièrement sur le nord-est du pays, et augmentation des épisodes de sécheresse, principalement sur une large partie sud du pays ;
  • la montée du niveau des océans, l’aggravation et l’extension des zones exposées au risque des feux de forêt vers le nord et en altitude.

Les cartes représentent la température à 2 mètres du sol en moyenne annuelle, simulée par les deux modèles climatiques régionaux français (CNRM5 et IPSL6) sous scénario RCP 4.5 profils représentatifs d’évolution des concentrations des gaz à effet de serre.

Les résultats sont présentés pour plusieurs horizons temporels (colonnes) : une période de référence sur le XXe siècle ainsi que deux horizons de projections sur le XXIe siècle.

La hausse des températures moyennes annuelles simulée par les deux modèles climatiques est comprise entre + 1 et + 2° C en milieu de siècle et atteint + 2 à + 3° C en fin de siècle (selon la référence 1976-2005).

En France, deux modèles climatiques globaux ont été développés, par le CNRM et par l’IPSL. Ils diffèrent principalement par la composante atmosphérique. Le modèle CNRM-CM3 utilise « Arpège Climat », une version du modèle de prévision météorologique de Météo France spécifiquement adaptée pour les études climatiques. La composante atmosphérique du modèle de l’IPSL est « LMDZ », modèle spécifiquement développé par le Laboratoire de météorologie dynamique pour les études du climat terrestre et des atmosphères planétaires. La structure générale des deux modèles, CNRM-CM3 (Salas y Mélia et al., 2005) et IPSL-CM4 (Marti et al., 2005), est la même.

Une diminution de l’enneigement en montagne

Pour estimer l’impact du réchauffement sur l’enneigement dans les massifs montagneux français, le Centre d’études de la neige (équipe du CNRM-GAME, UMR 3589) a recours aux outils de modélisation utilisés pour la prévision opérationnelle du risque d’avalanche : SAFRAN, système d’analyse des conditions météorologiques en montagne, et CROCUS, modèle d’évolution du manteau neigeux.

Dans le cadre du projet SCAMPEI7 soutenu par l’Agence nationale pour la recherche, plusieurs scénarios climatiques ont été utilisés, à partir de différentes hypothèses d’émission de gaz à effet de serre (A1B, A2 et B1 selon GIEC8 2007) et de plusieurs modèles de climat (ALADIN de Météo-France, LMDZ de l’IPSL, MAR du CNRS). Ces résultats ont ensuite été adaptés aux zones de montagne afin de tenir compte des spécificités du relief.

Les résultats montrent une incertitude importante qui traduit la dispersion des scénarios en termes de localisation et d’intensité du réchauffement et d’évolution des précipitations. Certaines tendances sont malgré tout communes à tous les scenarios : ainsi, la diminution de l’enneigement est générale, marquée pour la période 2020-2050, très marquée pour la fin du siècle. Les résultats de cette étude mettent en évidence une forte disparité en fonction de la position géographique, avec en particulier une distinction forte entre les territoires les plus septentrionaux (Jura, Alpes du Nord) et les territoires situés plus au sud où le déficit de neige attendu est beaucoup plus significatif. Les zones d’altitudes basse et moyenne sont les plus fortement touchées, car leur température moyenne en hiver est assez proche de 0° C. L’augmentation de la température de l’air se traduit par une nette diminution du ratio des précipitations neigeuses par rapport aux précipitations totales, d’où des quantités de neige au sol moins importantes. Ce réchauffement se traduit aussi par un enneigement plus tardif à l’automne (sols plus chauds) et une fonte accélérée au printemps (exemple des Pyrénées). Ainsi, la réduction des hauteurs de neige printanières à 1 800 m atteint 50 % pour le milieu du siècle, de l’ordre de 80 % à la fin du siècle (exemple des Alpes). Les durées d’enneigement continu à la même altitude sont réduites de 20 % en 2020-2050, 40 % en 2070-2100. À plus haute altitude, des réductions sont aussi notables, mais elles sont moins fortes en raison du climat moyen plus froid.

Des territoires susceptibles de voir leur exposition aux risques naturels aggravée par le changement climatique

En 2013, 74 % des communes françaises sont exposées au moins à un risque climatique (inondations, feux de forêt, tempêtes et cyclones, avalanches, mouvements de terrain) pour lequel l’intensité et la fréquence des aléas sont susceptibles d’être amplifiées par le changement climatique. Cette exposition est moyenne pour 30 % et forte pour 16 % des communes, soit près de 5 700 communes, DOM compris. Les régions les plus exposées sont l’Alsace, la Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Île-de-France, la Bretagne, la Guadeloupe, Mayotte, la Réunion et la Martinique. Les régions les moins exposées sont le Limousin, la Guyane, la Picardie, la Champagne-Ardenne et la Bourgogne.

CGDD-SOeS, « L’environnement en France », RéférenceS, octobre 2014.

CGDD-SOeS, « Bilan de la qualité de l’air en 2013 en France », RéférenceS, octobre 2014.

CGDD-SOeS, « L’occupation des sols », RéférenceS, juin 2010.

CGDD-SOeS, « Les Français et la biodiversité : une attention de plus en plus soutenue en dépit d’une connaissance encore diffuse », Le Point Sur n° 55, juin 2010.

CGDD-SOeS, « Données de synthèse sur la biodiversité », RéférenceS, mai 2010.

CGDD-SOeS, « La France vue par CORINE Land Cover : outil européen de suivi de l’occupation des sols », Le Point Sur n° 10, avril 2009.

Datar, « Rapport d’étude sur la Typologie des espaces ruraux et des espaces à enjeux spécifiques (littoral et montagne) par l’UMR CESAER (Inra/AgroSup Dijon), l’UMR ThéMA (Université de Franche-Comté/CNRS), l’UR DTM (Cemagref) et l’UMR METAFORT (AgroParisTech/ Cemagref/Inra/VetAgroSup) pour le compte de la Datar, novembre 2011 », synthèse dans Territoires en mouvement n° 7, 2012.

IAU-IdF, « Économie francilienne : quelle robustesse face à une inondation majeure », Note rapide n° 534, février 2011.

IAU-IdF, « Urbanisation et zones inondables : les risques encourus », Note rapide n° 557, juillet 2011.

ONCEA, « Panorama de la quantification de l’évolution nationale des surfaces agricoles », Rapport de l’Observatoire national de la consommation des espaces agricoles, mai 2014.

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