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La pollution de l’air

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Les émissions françaises de polluants atmosphériques sont en baisse sur la période 1990-2012 pour l’ensemble des substances : particules, oxydes d’azote, dioxyde de soufre, métaux lourds… Ces évolutions résultent en grande partie de normes d’émission plus contraignantes.

Sur cette période, les concentrations moyennes annuelles en dioxyde de soufre (SO2) ont diminué fortement. Celles en dioxyde d’azote (NO2) et en particules de diamètre inférieur à 10 μm (PM10) ont également baissé, hormis à proximité du trafic automobile où elles restent stables. Les concentrations moyennes annuelles d’ozone (O3) ont, elles, légèrement augmenté.

Malgré ces évolutions globalement favorables, la France est régulièrement confrontée à des dépassements des seuils règlementaires pour plusieurs polluants, notamment pour les PM10, ainsi que pour le NO2 et l’O3.

Les grandes agglomérations étant confrontées à des problèmes récurrents de qualité de l’air, un indice dit « indice Atmo », est calculé quotidiennement dans 60 agglomérations de plus de 100 000 habitants pour informer la population sur la qualité globale de l’air.

Les oxydes d’azote proviennent essentiellement du transport routier et des installations de combustion (chauffage urbain, installations destinées à produire de l’électricité, industrie, etc.). Le NO2 pénètre dans les voies respiratoires profondes où il peut fragiliser la muqueuse pulmonaire et induire une vulnérabilité des enfants et des asthmatiques face aux agressions infectieuses.

Entre 1990 et 2012, les émissions de NOx ont baissé de 47 % notamment grâce au transport routier (- 53 %) – en raison de l’équipement progressif des véhicules particuliers en pots catalytiques depuis 1993, de l’application de valeurs limites d’émission de plus en plus contraignantes (normes Euro) et du renouvellement du parc de véhicules.

Cependant, ces améliorations ont été freinées par une hausse du trafic de 32 % depuis 1990 et par la diésélisation du parc automobile (61 % en 2011). Le transport routier demeure le principal émetteur de NOx en France en 2012 (55 %), l’industrie manufacturière étant le second (14 %).

Les concentrations de NO2 dans l’air sont majoritairement suivies dans les zones urbaines. En effet, les concentrations les plus élevées sont généralement observées à proximité des axes routiers. Le NO2 peut être responsable de la dégradation de la qualité de l’air, particulièrement en hiver. Chaque année, des épisodes de pollution au NO2 sont observés, comme en janvier 2012. La carte représente les moyennes des concentrations de fond de dioxyde d’azote en France, durant l’hiver 2012. Elle met en évidence l’influence des grandes villes et des axes routiers les plus importants.

Liées principalement aux émissions du trafic routier et aux activités industrielles, les concentrations les plus fortes de NO2 sont localisées sur les zones urbanisées et dégradent significativement la qualité de l’air des grandes agglomérations comme Paris et Lyon. Le nord-est de la région Rhône-Alpes, du fait de ses spécificités orographiques conjuguées au trafic important, a des teneurs moyennes en NO2 relativement élevées.

Les régions avec des complexes industriels importants sont également affectées, notamment la Haute-Normandie, le Nord-Pas-de-Calais et la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les températures froides et les faibles épaisseurs hivernales de la couche limite atmosphérique qui freine la dispersion des polluants, sont principalement responsables des différences saisonnières. En effet, les conditions hivernales favorisent l’accumulation des polluants à proximité du sol, notamment lors des situations anticycloniques. L’été, la dispersion verticale est plus importante, permettant une dilution du NO2 plus efficace dans la basse troposphère et améliorant ainsi la qualité de l’air dans les villes. Cela étant, la répartition géographique des sources ne varie pas et les zones les plus affectées demeurent d’une saison à l’autre.

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