En dehors des grandes unités urbaines, les espaces sont structurés par les conditions naturelles qui façonnent les paysages. L’environnement physique et, en particulier, les reliefs, influencent la forme de peuplement. La présence d’aménités naturelles stimule l’attractivité résidentielle et touristique. Les ressources naturelles déterminent les bassins de production agricole. Plus généralement, elles interviennent dans la définition des stratégies du développement local au travers de leur mise en valeur. La caractérisation des espaces en fonction de l’occupation des sols (composition et configuration) et du relief permet d’identifier une dizaine de cadres paysagers. Quatre groupes principaux se détachent : les campagnes artificialisées (types 1 et 2) situées dans le périurbain, le long des fleuves et sur le pourtour littoral ; les campagnes des grandes cultures (types 3 et 4) comprenant le Bassin parisien et à l’ouest les espaces de la Charente au Pas-de-Calais ; les campagnes diversifiées (types 5 à 8) d’est en ouest, avec une grande emprise au centre et à l’arrière du littoral atlantique ; enfin, les campagnes de reliefs (types 9 et 10) où l’on retrouve les contours des massifs de montagne.

Ce patrimoine paysager reflète notamment la richesse des ressources naturelles ou agricoles. La forêt française représente plus de 10 % des forêts de l’Union européenne. Les sols boisés couvrent 31 % du territoire en 2012, ce taux dépassant 40 % dans plus d’une vingtaine de départements situés essentiellement dans le Sud-Ouest, le Massif Central, le sud et l’est de la France. À l’inverse, les départements du grand quart nord-ouest sont recouverts à plus des deux tiers par des cultures ou des prairies, la nature de ces cultures étant très variable d’une région à l’autre. La France se place au premier rang européen pour sa superficie agricole utilisée (16 % de la SAU totale de l’UE).

Les cours d’eau (fleuves, rivières, canaux…) d’une longueur supérieure à 1 km représentent un linéaire de 525 000 km en France métropolitaine. Au sein des eaux stagnantes (lacs, étangs, retenues de barrage…), près de 34 000 plans d’eau douce sont recensés. Les eaux souterraines sont contenues dans des formations géologiques plus ou moins profondes et poreuses.

La nature des sols, l’occupation de l’espace et l’historique des activités humaines, ainsi que les conditions climatiques, déterminent la diversité biologique des territoires. La France est un des États européens présentant la plus grande diversité biologique. Quatre des onze régions biogéographiques terrestres de l’Europe continentale sont présentes en métropole (les régions alpine, méditerranéenne, atlantique et continentale), auxquelles s’ajoute la diversité des habitats et des espèces des départements d’outre-mer.

Cette relative abondance de ressources ne doit pas cacher les menaces qui pèsent sur leur préservation. Certaines découlent directement des effets des activités humaines, d’autres s’inscrivent dans l’impact à plus long terme des changements climatiques.

La biodiversité, des milieux sous pression

Du fait de sa couverture territoriale, la France abrite une très grande diversité d’écosystèmes terrestres et marins. Elle a donc une grande responsabilité pour la conservation de ce patrimoine naturel exceptionnel.

Le niveau de connaissance actuel ne permet pas d’obtenir une image exhaustive de l’état de la biodiversité française. Il est toutefois possible de dégager des tendances d’évolution :

  • certaines espèces (loutres, castors, loups, lynx, certains oiseaux hivernants…) présentent une dynamique positive, grâce notamment aux effets de mesures de protection ou de gestion ;
  • de nombreux habitats et espèces sont fragilisés par les pressions d’origine anthropique auxquelles ils sont soumis : artificialisation des sols, fragmentation des habitats, exploitations intensives agricoles, forestières et minières, espèces exotiques envahissantes, changement climatique, obstacles sur les cours d’eau… Ainsi, seulement 22 % des habitats d’intérêt communautaire sont dans un état de conservation favorable, alors que 54 % des espèces d’intérêt communautaire sont dans un mauvais état de conservation. 20 % des espèces évaluées en métropole sont menacées de disparition, les collectivités d’outre-mer étant particulièrement vulnérables. À titre d’exemple, 67 % de la surface des zones humides a disparu depuis le début du XXe siècle.

CGDD-SOeS, « L’environnement en France », RéférenceS, octobre 2014.

CGDD-SOeS, « Bilan de la qualité de l’air en 2013 en France », RéférenceS, octobre 2014.

CGDD-SOeS, « L’occupation des sols », RéférenceS, juin 2010.

CGDD-SOeS, « Les Français et la biodiversité : une attention de plus en plus soutenue en dépit d’une connaissance encore diffuse », Le Point Sur n° 55, juin 2010.

CGDD-SOeS, « Données de synthèse sur la biodiversité », RéférenceS, mai 2010.

CGDD-SOeS, « La France vue par CORINE Land Cover : outil européen de suivi de l’occupation des sols », Le Point Sur n° 10, avril 2009.

Datar, « Rapport d’étude sur la Typologie des espaces ruraux et des espaces à enjeux spécifiques (littoral et montagne) par l’UMR CESAER (Inra/AgroSup Dijon), l’UMR ThéMA (Université de Franche-Comté/CNRS), l’UR DTM (Cemagref) et l’UMR METAFORT (AgroParisTech/ Cemagref/Inra/VetAgroSup) pour le compte de la Datar, novembre 2011 », synthèse dans Territoires en mouvement n° 7, 2012.

IAU-IdF, « Économie francilienne : quelle robustesse face à une inondation majeure », Note rapide n° 534, février 2011.

IAU-IdF, « Urbanisation et zones inondables : les risques encourus », Note rapide n° 557, juillet 2011.

ONCEA, « Panorama de la quantification de l’évolution nationale des surfaces agricoles », Rapport de l’Observatoire national de la consommation des espaces agricoles, mai 2014.

Pour enregistrer un favori, vous devez avoir un compte personnel

Me connecter Créer mon compte personnel