En 2013, l’électricité primaire (électricité nucléaire et énergies renouvelables électriques provenant des installations hydrauliques, éoliennes et photovoltaïques) représente plus de 85% de la production d’énergie primaire en France; les énergies renouvelables thermiques et les déchets, 13,5%. Moins de 2% restants correspondent aux productions résiduelles de charbon, de gaz et de pétrole.

En 2013, la production nette du parc électrique français a été de 551 térawatt-heure (TWh) en France métropolitaine. Comme elle est aux trois quarts issue des centrales nucléaires, sa concentration territoriale résulte de l’implantation de ces centrales le long des fleuves (Rhône, Loire, Seine et Moselle) ou en bord de mer.

En 2012, 65% de la production métropolitaine d’électricité provient de cinq régions – Rhône-Alpes, Centre, Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais et Lorraine – qui alimentent 70% de la production nucléaire. Les centrales thermiques classiques sont également concentrées dans ces mêmes régions, hormis le Centre. En leur adjoignant Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’Île-de-France, ces six régions représentent environ 70% de la production totale des centrales thermiques classiques en 2012. La production d’électricité hydraulique est encore plus concentrée, puisqu’elle provient à 80% de quatre régions en 2012 : Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Alsace.

En France, entre 2002 et 2012, la production totale d’électricité a augmenté de près de 3%. Au final, en 2013 comme en 2012, la moindre disponibilité du parc nucléaire a été compensée par la production des filières renouvelables (hydraulique, éolienne et photovoltaïque), favorisées par des conditions météorologiques propices.

 

 

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LES DÉTERMINANTS DE LA PRODUCTION D’ÉNERGIE

La présence de ressources nécessaires à la production d’énergie explique son inégale répartition sur le territoire : eaux de refroidissement pour le nucléaire, dénivelés des fleuves pour l’hydraulique, espaces forestiers pour le bois,… L’implantation historique des grands sites industriels, qui s’est traduite par des besoins énergétiques importants, a joué un rôle dans la localisation des facteurs de production.

Au-delà de la localisation des ressources et de leur capacité potentielle, le niveau de production dépend du degré d’utilisation de ces ressources. L’aptitude d’une structure de production à fournir de l’énergie dépend aussi des conditions climatiques : de la pluviosité pour l’hydraulique, de l’ensoleillement pour le photovoltaïque, de la fréquence et de l’intensité des vents pour l’éolien; de la disponibilité des centrales nucléaires, notamment en fonction de la durée des opérations de maintenance…

Développement de la production d’électricité renouvelable

La France s’est engagée à atteindre une part de 23 % d’énergie renouvelable dans sa consommation finale brute d’énergie en 2020. Pour y parvenir, elle encourage en particulier le développement de la production d’électricité renouvelable. Depuis quelques années, les différentes mesures de soutien ont induit une évolution majeure tant sur la quantité produite que sur sa répartition. En effet, de nouvelles filières se sont développées, telles que l’énergie éolienne et plus récemment le solaire photovoltaïque. En 2012, la production d’électricité renouvelable provient pour 70% de l’hydraulique, dont le potentiel de développement reste limité ; pour 18 %, de l’éolien ; pour 7,5 %, de la biomasse (déchets renouvelables, bois-énergie, biogaz) et pour 5 % du solaire photovoltaïque. À ce jour, l’énergie marémotrice et la géothermie électrique représentent moins de 1 % du total. Même si la part de ces nouvelles filières reste encore limitée, leur récent essor a considérablement modifié le profil de production énergétique des régions.
La production d’électricité d’origine renouvelable est de 84 TWh en 2011. Elle a progressé de 17% entre 2005 et 2011 avec la montée en puissance des nouvelles filières. Sur cette période, tandis que la production hydraulique recule de 5%, l’éolien a été multiplié par 11 et l’électricité issue de la biomasse s’est accrue de 47%.
En 2011, dix régions ont produit plus de 1 TWh d’électricité d’origine éolienne, photovoltaïque, géothermique ou issue de la biomasse. Il s’agit des régions ChampagneArdenne, Picardie, Languedoc-Roussillon, Centre, Midi-Pyrénées, Bretagne, Nord-Pas-de-Calais, Lorraine, Aquitaine et Pays de la Loire. La plupart de ces régions avaient une part d’électricité renouvelable très faible en 2005 et ont enregistré une progression de plus de 1 TWh entre 2005 et 2011. C’est le cas de la région ChampagneArdenne, qui a fortement développé son parc éolien. Sa production hors hydraulique a progressé de plus de 1,7 TWh et sa part d’électricité renouvelable atteint désormais 12% de sa production électrique.
Pour d’autres régions, la progression de la production d’électricité hors hydraulique a été faible entre 2005 et 2011. Elle est ainsi inférieure à 0,2 TWh dans six régions de métropole : Corse, Franche-Comté, Alsace, Bourgogne, Limousin, et Île-de-France. Dans ces régions, la part d’électricité renouvelable stagne, voire diminue, sur la période.

La Champagne-Ardenne reste la région qui dispose du parc éolien total installé le plus important (16 % de l’ensemble de la production), avec 1284 mégawatt (MW) raccordés au 31 décembre 2013 ; la Picardie, la Bretagne et le Centre la suivent. Ces quatre régions regroupent à elles seules la moitié de la puissance raccordée. A l’inverse, sept régions métropolitaines ainsi que les DOM possèdent moins de 50 MW de capacités éoliennes raccordées et totalisent moins de 3 % du parc total. En 2013, de nouveaux parcs éoliens ont vu le jour dans 13 des 22 régions métropolitaines. Mais seuls 5% de la puissance éolienne ont été installés dans la moitié sud de la France.

Le facteur de charge est le rapport entre l’énergie effectivement produite et l’énergie qu’aurait pu produire une installation si cette dernière fonctionnait à sa capacité maximale pendant la période considérée.

Au cours de l’année 2013, les facteurs de charge régionaux témoignent de conditions plus favorables dans le sud-est de la France (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes), conduisant à une production de plus de 27% de la capacité potentielle. En 2013, le facteur de charge le plus élevé (31,3%) se situe en Languedoc-Roussillon.

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est en tête du classement en termes de puissance photovoltaïque raccordée aux réseaux avec près de 664 MW, suivie par les régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon qui dépassent les 400 MW raccordés chacune. Ces quatre régions concentrent 44 % de la puissance raccordée. Le facteur de charge est particulièrement élevé dans ces régions du sud, ainsi qu’en Corse. C’est en région Provence-Alpes-Côte d’Azur qu’il est le plus élevé (15,9%).

En 2013, le parc s’accroît dans l’ensemble des régions, hormis en Guyane. Près de 14% des nouvelles installations de l’année ont été raccordées dans des régions situées au nord de la Loire (hors Pays de la Loire et Centre).

 

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LES SCHÉMAS RÉGIONAUX CLIMAT-AIR-ÉNERGIE (SRCAE)

La comparaison des consommations ou des productions d’énergie entre les régions n’est pas pertinente pour évaluer leurs performances respectives ; en effet, les disparités observées traduisent des spécificités structurelles de climat, de tissu économique, de ressources naturelles. En revanche, il est intéressant d’analyser ces indicateurs et d’en comprendre les déterminants pour définir dans quelle mesure chaque région peut contribuer à l’atteinte des objectifs environnementaux. Les Schémas régionaux ClimatAir-Énergie (SRCAE) inscrits dans le volet territorial du Grenelle de l’environnement présentent notamment des objectifs à 2020 en termes de capacité installée des énergies renouvelables par région. Ils sont copilotés par le préfet de région et le président du conseil régional, en concertation avec les acteurs concernés pour définir des objectifs quantitatifs et qualitatifs à l’échelle de chaque région.
Pour le photovoltaïque, les ambitions affichées dans les schémas publiés ou mis en consultation sont naturellement élevées dans le sud de la France, particulièrement dans les régions du sud-est. Les ambitions dans l’éolien terrestre sont davantage réparties sur le territoire ; elles sont importantes en Picardie, Champagne-Ardenne, Languedoc-Roussillon et dans la région Centre.

CGDD-SOeS, « Tableau de bord éolien-photovoltaïque au premier trimestre 2014 », Chiffres et statistiques n° 522, mai 2014.

CGDD-SOeS, « Objectifs énergétiques Europe 2020 : la France doit poursuivre ses efforts pour les énergies renouvelables »,
Chiffres et statistiques n° 547, août 2014.

CGDD-SOeS, Chiffres et statistiques n° XX sur les données régionales d’énergie, à paraître début 2015.

CGDD-SOeS, « Les consommations finales d’énergie en région », Le point sur n° 70, janvier 2011.

CGDD-SOeS, « La production d’électricité en région », Le point sur n° 119, mars 2012.

CGDD-SOeS, « Le bilan énergétique de la France en 2012 : une consommation en baisse sous l’effet de la morosité économique »,
Le point sur n° 168, juillet 2013.

CGDD-SOeS, « Le bilan énergétique de la France en 2013 : une hausse de la consommation qui en masque la baisse continue »,
Le point sur n° 192, juillet 2014.

CGDD-SOeS-Datar, « Des indicateurs de développement durable pour les territoires », Repères, janvier 2014.

Datar, « Les territoires français au regard des objectifs de la stratégie Europe 2020 », Europ’Act, septembre 2013.

Medde-DGEC, « Panorama énergies-climat », 2014.

RTE, « Bilan électrique 2013 », 2014.

RTE, « Panorama des énergies renouvelables 2013 », janvier 2014.

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