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La consommation finale d'énergie par secteur

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En 2013, la consommation finale d’énergie, corrigée des variations climatiques, a été de 154 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), en baisse de 1 % par rapport à 2012. Néanmoins, cette baisse est moindre que pendant les années porteuses d’avant la crise de 2008, et pas encore au niveau de l’objectif inscrit dans la loi de 2005 qui fixait les orientations de politique énergétique et visait une réduction de 2% par an de l’intensité finale d’énergie d’ici à 2015.

En 2013, les secteurs résidentiel et tertiaire ont consommé 69 Mtep, soit 45 % de la consommation finale d’énergie à usage énergétique en France. Les deux tiers sont consommés dans le résidentiel, un tiers dans le tertiaire. 60% de l’énergie consommée par le résidentiel-tertiaire sont consacrés au chauffage, 25% à l’électricité spécifique (éclairage, climatisation…) et 15 % aux autres usages, essentiellement eau chaude sanitaire et cuisson.

La consommation finale d’énergie de l’industrie diminue de 2,1 % en 2013 (31,8 Mtep). Relativement stable entre 1990 et 2008, elle a chuté de près de 13% avec la crise économique de 2009, atteignant son plus bas niveau depuis l’origine des séries en 1970. La baisse de l’intensité énergétique s’explique pour 87% par l’amélioration des processus technologiques et pour 13% par un changement structurel du secteur industriel. La sidérurgie et la chimie contribuent pour moitié au repli de l’intensité énergétique industrielle.

Même si la consommation finale énergétique ne semble plus augmenter désormais que dans le secteur résidentiel, les transports restent le premier secteur consommateur d’énergie.

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LES DÉTERMINANTS DE LA CONSOMMATION FINALE D’ÉNERGIE

La consommation finale d’énergie dépend de plusieurs facteurs, notamment du poids relatif des différents secteurs consommateurs (transports, résidentiel, industrie…). La consommation finale d’énergie ne se limite pas à la consommation domestique des ménages; elle englobe également les consommations de toutes les activités économiques, à l’exception des consommations de la branche énergie. Les écarts régionaux reflètent ainsi les disparités démographiques et les spécificités des structures productives (le tertiaire étant, par exemple, moins consommateur d’énergie que l’industrie). L’évolution des consommations résulte ainsi de celle des différents facteurs, notamment de la transformation du tissu économique, de l’amélioration de l’efficacité énergétique et des choix de localisation des acteurs.

De même, des conditions climatiques différenciées contribuent à expliquer les écarts de consommation d’une région à l’autre. Ainsi, un hiver rigoureux se traduit par un recours plus important au chauffage et, à l’inverse, une période de canicule va davantage solliciter la climatisation – même si l’impact de cette dernière sur la consommation électrique n’est pas encore visible au niveau national. L’analyse de l’évolution des consommations intègre cet effet de variabilité du climat. À défaut de pouvoir établir au niveau régional des données de consommation finale d’énergie corrigées des variations climatiques, les données réelles sont ici comparées pour deux années d’indice de rigueur climatique très proche (<1).

En 2012, la consommation réelle d’énergie1 en France métropolitaine atteint environ 24 Mtep en Île-de-France, 15 Mtep en Rhône-Alpes, 12 Mtep en Nord-Pas-de-Calais et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ces quatre régions représentent plus de 40% de la consommation métropolitaine, ce qui correspond au poids de leur population. Les régions du Nord se distinguent par une baisse ou une évolution relativement faible de leur consommation d’énergie (moins de 5%) entre 1990 et 2012, deux années de rigueur climatique voisine ; cette progression modérée s’explique par la baisse enregistrée dans le secteur industriel, même si ce secteur reste un consommateur important dans ces régions. Selon les activités, les améliorations technologiques induisant des économies d’énergie s’ajoutent au repli économique du secteur

La consommation finale totale d’énergie progresse dans toutes les autres régions. La hausse est la plus forte (30% et plus) en Corse, puis dans le Limousin, Aquitaine, Pays de la Loire, Bretagne, Franche-Comté et PACA.

Le poids de l’énergie dans le budget des ménages français en 2013

En 2013, les dépenses courantes d’énergie des ménages ont encore augmenté, mais à un rythme ralenti (+1,3% contre + 7,2 % entre 2011 et 2012). La facture annuelle dépasse ainsi les 3 200 euros en moyenne par ménage, une augmentation de plus de 40 euros par rapport à 2012.
Cette augmentation est entièrement due aux dépenses d’énergie dans le logement (chauffage, eau chaude sanitaire, cuisson, usages électriques) qui ont augmenté de 6% – tout de même deux fois moins vite qu’en 2012. Ceci est essentiellement la conséquence de la poursuite de la hausse des prix de l’énergie hors carburants : +6,5% pour l’électricité et les réseaux de chaleur, +3,9% pour le gaz. Les conditions météorologiques ont également pu jouer : elles ont présenté des températures proches de la référence trentenaire, mais néanmoins légèrement moins clémentes qu’en 2012, avec des mois d’hiver particulièrement froids en début d’année. La facture énergétique pour le logement a ainsi dépassé 1800 euros en moyenne par logement, plus de 100 euros supplémentaires qu’en 2012.

A contrario, la dépense de carburant moyenne par ménage a diminué de plus de 60 euros en 2013 par rapport à 2012, nettement sous la barre de 1 400 euros frôlée en 2012. En effet, pour la première fois depuis leur chute de 2009, les prix des carburants ont diminué de 2,6%.

Au total, les ménages français ont ainsi consacré 92 milliards d’euros courants à leurs achats d’énergie, soit 9,7% de leurs dépenses totales.

En 2013, les dépenses énergétiques ont représenté 6,2% de la consommation effective des ménages français, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis 1991.

La consommation finale d’énergie par type d’énergie

En 2013, au niveau France métropolitaine, les produits pétroliers demeurent la première forme d’énergie consommée. Ils représentent 41% de la consommation finale énergétique corrigée des variations climatiques, devant l’électricité (25%) et le gaz (21%). La part des énergies renouvelables thermiques et de la valorisation des déchets, en progression continue, atteint 10%, alors que le charbon ne constitue qu’un peu plus de 3% du total de cette consommation.

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LA STRATÉGIE EUROPE 2020

En mars 2010, la Commission européenne a présenté sa nouvelle stratégie sur dix ans, destinée à relancer l’économie européenne. Intitulée «Europe 2020», celle-ci prolonge la stratégie de Lisbonne et vise à développer une croissance «intelligente, durable et inclusive». L’Union a fixé cinq objectifs à atteindre d’ici 2020 et chaque État membre a adopté ses propres objectifs nationaux, en matière d’emploi, d’innovation, d’éducation, d’inclusion sociale, d’énergie ainsi que de lutte contre les changements climatiques. Ces deux derniers domaines d’intervention sont composés des «sous-objectifs 3 fois 20»: - une réduction de 20% au moins des émissions de gaz à effet de serre dans l’UE par rapport à 1990, année de référence; - une couverture de 20% de la consommation énergétique finale brute de l’UE au moyen de sources renouvelables; - une réduction de 20% de la consommation énergétique primaire par rapport aux projections grâce à l’amélioration de l’efficacité énergétique (rapport entre l’énergie directement utilisée et l’énergie consommée).
Ces objectifs moyens ont été déclinés pour chaque État membre selon sa propre situation. La France a fixé un objectif de 23% d’énergie renouvelable dans sa consommation finale brute à l’horizon 2020. En 2013, cette part s’élève à 14,2%. En termes d’efficacité, approchée ici par l’intensité énergétique (consommation finale d’énergie par unité de PIB), la France affiche des performances meilleures que la moyenne européenne. Entre 1990 et 2013, l’intensité énergétique finale a diminué en moyenne de 1,1% par an. La loi de programmation du 13 juillet 2005 fixant les orientations de politique énergétique a donné comme objectif de porter ce rythme annuel de baisse à -2% dès 2015 et à -2,5% d’ici à 2030.

CGDD-SOeS, « Tableau de bord éolien-photovoltaïque au premier trimestre 2014 », Chiffres et statistiques n° 522, mai 2014.

CGDD-SOeS, « Objectifs énergétiques Europe 2020 : la France doit poursuivre ses efforts pour les énergies renouvelables »,
Chiffres et statistiques n° 547, août 2014.

CGDD-SOeS, Chiffres et statistiques n° XX sur les données régionales d’énergie, à paraître début 2015.

CGDD-SOeS, « Les consommations finales d’énergie en région », Le point sur n° 70, janvier 2011.

CGDD-SOeS, « La production d’électricité en région », Le point sur n° 119, mars 2012.

CGDD-SOeS, « Le bilan énergétique de la France en 2012 : une consommation en baisse sous l’effet de la morosité économique »,
Le point sur n° 168, juillet 2013.

CGDD-SOeS, « Le bilan énergétique de la France en 2013 : une hausse de la consommation qui en masque la baisse continue »,
Le point sur n° 192, juillet 2014.

CGDD-SOeS-Datar, « Des indicateurs de développement durable pour les territoires », Repères, janvier 2014.

Datar, « Les territoires français au regard des objectifs de la stratégie Europe 2020 », Europ’Act, septembre 2013.

Medde-DGEC, « Panorama énergies-climat », 2014.

RTE, « Bilan électrique 2013 », 2014.

RTE, « Panorama des énergies renouvelables 2013 », janvier 2014.

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