Dynamiques territoriales

De nombreuses dynamiques productives et résidentielles sont à l’œuvre sur les territoires : compétitivité, attractivité, capacité à entreprendre et innover, niveau d’éducation de la population, qualification de la main d’œuvre, qualité de l’environnement et du cadre de vie, sécurité… Comment s’équilibrent en France et en Europe les forces de polarisation et de diffusion des activités et des populations ? Quel est l’impact des mobilités des personnes, des transports de biens, des communications, dans un contexte marqué par l’internalisation croissante des échanges et l’ouverture à la compétition internationale ?

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Date de mise à jour : 25/07/2012
Enjeu(x) : Typologie des campagnes françaises et des espaces à enjeux spécifiques
Echelle : Communes 2015
Thèmes : Population
Année(s) :2011
Couverture : France
Producteur(s) : CGET - INRA CESAER/ UFC-CNRS ThéMA/ Cemagref DTMA METAFORT
Liens :

Datar - Territoires à enjeux spécifiques
CGET - Ruralités

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Typologie du littoral

Une nouvelle typologie des campagnes métropolitaines françaises a réalisée en 2011, à la demande de la DATAR, par un groupement de laboratoires de recherche, afin de prendre en compte leurs récentes évolutions socio-économiques. L’étude a également permis de dresser des typologies pour les espaces à enjeux spécifiques que sont la montagne et le littoral.

La typologie du littoral (9 classes réparties en 3 groupes) a été établie en prenant en compte les communes situées à moins d’une heure de voiture de la côte où vivent 19M d’habitants. Elle fait apparaître des différences notables entre la façade atlantique et la façade méditerranéenne.

 

Source : Rapport d’étude sur la Typologie des espaces ruraux et des espaces à enjeux spécifiques (littoral et montagne) par l’UMR CESAER (Inra/AgroSup Dijon), l’UMR ThéMA (Université de Franche-Comté/CNRS), l’UR DTM (Cemagref) et l’UMR METAFORT(AgroParisTech/Cemagref/Inra/VetAgroSup) pour le compte de la DATAR, novembre 2011

 

1/ le littoral artificialisé urbain et périurbain

- Métropolisé en cadre semi-naturel avec une « densité de population forte et croissante (en moyenne 457 hab./km²), une attractivité résidentielle à longue distance, des revenus élevés et des indices de métropolisation ». Cette classe concerne le plus souvent la métropole méditerranéenne, les centres des grandes agglomérations les plus dynamiques de la façade atlantique et de nombreuses petites villes et/ou stations balnéaires de la Manche et de l'Atlantique. Les activités présentielle et touristique y sont importantes.  L'évolution de l'emploi est plutôt favorable même si le chômage est élevé. L'occupation du sol est fortement marquée par l'artificialisation dans un paysage forestier et semi-naturel (cf. vignoble côté méditerranéen). 

- Urbain et artificialisé, vieillissant avec une forte densité de population (en moyenne 378 hab./km²), stable ou en diminution, présentant une bonne accessibilité aux services d'usage courant et une « évolution relativement favorable » de l’emploi même si le taux de chômage est fort (présence marquée d’emplois touristiques et temps partiel). L'artificialisation du sol va de pair avec les emprises des cultures et les espaces semi-naturels. Cette classe concerne un « chapelet de communes au bord des rivages, du Pas-de-Calais à la Gironde », un « semis de petites villes et centres de plus grandes agglomérations » de la façade atlantique ainsi que quelques communes au sein de l'ensemble métropolisé méditerranéen.

- Périurbain avec une forte densité de population (en moyenne 232 hab/km²) en hausse, et un excédent migratoire. « La population, jeune, aux revenus élevés, bénéficie d'une bonne accessibilité des services. Les navettes domicile-travail sont importantes. (…) L'évolution de l'emploi est favorable, avec une forte part de diplômés du supérieur. (…) L'occupation du sol est nettement diversifiée, avec une forte empreinte de l'artificialisation par le bâti ». Peu représentée sur la façade méditerranéenne, cette classe concerne de « larges auréoles » autour des grandes villes de la façade de la Manche et de l'Atlantique, se retrouve de manière plus restreinte autour des villes de plus petite taille et localement au sein de communes riveraines du littoral (sud de la Bretagne), ou de l'arrière littoral (Bretagne, Picardie).

  

2/ le littoral de type rural méditerranéen

- Rural âgé, très peu peuplé (en moyenne 32 hab./km²), avec une densité en faible progression, mais une attractivité à longue portée et un excédent migratoire. Les revenus sont faibles et les services éloignés. L'emploi est tourné vers le tourisme et les taux de chômage y sont parmi les plus élevés. Marquée par le relief et les milieux semi-naturels, cette classe caractérise surtout des régions méditerranéennes (quasi-totalité de la Corse, arrière littoral provençal et large partie de l'arrière littoral languedocien) et, de façon ponctuelle, quelques communes de la façade atlantique.

Rural dynamique, plutôt peuplé (en moyenne 87 hab./km²), attractif sur une grande portée, aux revenus élevés, mais peu métropolisé. L'économie présentielle y tient une place importante, avec une forte part de diplômés du supérieur, mais un travail à temps partiel très développé. Les cultures permanentes (vignobles) et les forêts sont très présentes ; les sols fortement artificialisés. Cette classe concerne d'abord l'arrière littoral languedocien, entre le ruban urbanisé du rivage et l'arrière-pays montagneux, et de façon moindre les environs de Bordeaux et parfois sur les littoraux bretons. 

 

3/ le littoral de type rural atlantique

- Rural dynamique, agricole, doté de prairies, assez densément peuplé (en moyenne 67 hab/km²), dont la densité progresse, avec une attractivité résidentielle certaine et des gains par excédents naturel et migratoire. Les revenus des ménages sont relativement élevés. « L’emploi agricole et agro-alimentaire est important, avec un taux de chômage plutôt faible. Le cadre de vie est peu artificialisé et peu marqué par les milieux semi-naturels ». Cette classe se retrouve principalement en Bretagne intérieure, en Vendée et, de façon partielle, en Basse-Normandie, en Charente-Maritime et dans le sud aquitain.

- Rural dynamique, avec openfields, assez densément peuplé (en moyenne 69 hab./km²), connaissant un accroissement de population par excédents naturel et migratoire et ayant une tendance à la périurbanisation. La structure de l'emploi est marquée par un léger avantage pour la sphère agricole et agro-alimentaire. L'occupation du sol montre une artificialisation élevée, le paysage se compose de grandes cultures et de façon moindre de prairies. Cette classe inclut les arrières littoraux de l'est de la Manche : lointaines périphéries de Rouen et du Havre, environs d'Amiens et l’axe de la Somme, la retombée sud de l'Artois et Flandre.

- Rural profond, vieillissant, peu attractif, en déclin démographique, avec une très faible densité de population (en moyenne 28 hab./km²), stable ou à la baisse, aux revenus  faibles et aux services d'usage courant plutôt éloignés. La sphère agricole et agro-alimentaire tient une forte part dans l'emploi qui est plutôt à la baisse. Mais le taux de chômage demeure relativement bas. Les diplômés du supérieur sont rares. Le paysage est peu artificialisé. Les communes de cette classe sont situées du côté de l'Atlantique et de l'ouest de la Manche (cf. collines normandes, centre de la Bretagne -monts d'Arrée, collines basques).

- Les espaces d’openfields peu peuplés (en moyenne 49 hab./km²), à l'écart des zones de métropolisation, connaissant un déclin démographique plutôt dû au déficit migratoire, offrant néanmoins un accès aux services courants relativement rapide. La sphère agricole et agro-alimentaire marque la structure de l'emploi, bien qu’elle soit généralement plutôt à la baisse. Le paysage est peu artificialisé. Sont principalement concernés de larges zones de la Picardie et de la Haute-Normandie (du pays de Caux au Ponthieu) et, sous forme de « mosaïque », la Basse-Normandie (pays d'Auge) et le sud du Poitou (Angoumois, Double).

 

Deux façades et cinq ensembles régionaux

Sur la façade Atlantique et Manche :

- « l'ensemble est-Manche, de l'estuaire de la Seine au Pas-de-Calais : étroite frange littorale artificialisée, campagne en openfield et bourgs, large périurbanisation autour des centres urbains ;

- l'ensemble ouest-Manche et centre-Atlantique, de la Seine à la Gironde, avec une forte urbanisation et périurbanisation des littoraux, un arrière littoral, aux campagnes souvent dynamiques mais où certaines parties forment des poches rurales profondes, et des villes intérieures largement étalées ;

- l'ensemble aquitain, très contrasté de proche en proche ».

Sur la façade méditerranéenne et la Corse :

- « l'arc littoral continental, où le type métropolisé en cadre semi-naturel couvre la majeure partie des communes urbanisées, avec des transitions rapides vers les communes peu peuplées de l’arrière-pays qui appartiennent majoritairement au type rural âgé, relief et semi-naturel ;

- la Corse, où ce dernier type domine de façon presque exclusive (hormis Bastia et Ajaccio). »

 

Publications Datar : 

Extrait de Territoires en mouvement n°7, Datar hiver 2012 

Travaux en ligne n°12
Typologie des campagnes françaises et des espaces à enjeux spécifiques (en un seul fichier 42 Mo ou en quatre fichiers distincts : campagnes, littoral, montagne et DOM)
 Synthèse.  Mohamed Hilal, Aleksandra Barczak, François-Pierre Tourneux, Yves Schaeffer, Marie Houdart et Dominik Cremer-Schulte - Datar, 2012. 80 pages