Dynamiques territoriales

De nombreuses dynamiques productives et résidentielles sont à l’œuvre sur les territoires : compétitivité, attractivité, capacité à entreprendre et innover, niveau d’éducation de la population, qualification de la main d’œuvre, qualité de l’environnement et du cadre de vie, sécurité… Comment s’équilibrent en France et en Europe les forces de polarisation et de diffusion des activités et des populations ? Quel est l’impact des mobilités des personnes, des transports de biens, des communications, dans un contexte marqué par l’internalisation croissante des échanges et l’ouverture à la compétition internationale ?

Voir la sélection d'études de l'INSEE à composante territoriale

Date de mise à jour : 27/03/2012
Enjeu(x) : Typologie des campagnes françaises et des espaces à enjeux spécifiques
Echelle : Communes 2015
Thèmes : Population
Année(s) :2011
Couverture : France
Unité : Typologie
Producteur(s) : CGET - INRA CESAER/ UFC-CNRS ThéMA/ Cemagref DTMA METAFORT
Liens :
Datar - Territoires à enjeux spécifiques
CGET - Ruralités

Envoyer à un contact Imprimer cette page Diminuer la police Police par défaut Augmenter la police

Typologie générale des campagnes françaises

Une nouvelle typologie des campagnes françaises a été réalisée en 2011, à la demande de la Datar, par un groupement de laboratoires de recherche, afin de prendre en compte leurs récentes évolutions socio-économiques. L'étude a aussi permis de dresser des typologies pour les espaces à enjeux spécifiques que sont la montagne et le littoral.

Pour réaliser cette étude, les indicateurs retenus sont issus de trois entrées thématiques :
- l’espace, les populations et les conditions de vie autour des relations villes/campagnes, des dynamiques démographiques, de l’accessibilité, de la mobilité… ;
- les dynamiques économiques : marché de l’emploi, appareil productif, agriculture, tourisme ;
- et, le cadre paysager, abordé par l’occupation du sol et son évolution, et le relief.
Il en est ressorti trois typologies thématiques traduites en trois cartes qui ont ensuite été synthétisées pour aboutir à la typologie générale des campagnes métropolitaines françaises. Cette dernière se décline en trois groupes et sept classes et concerne toutes les communes qui n’appartiennent pas à une unité urbaine regroupant plus de 10 000 emplois.


Source : Rapport d’étude sur la Typologie des espaces ruraux et des espaces à enjeux spécifiques (littoral et montagne) par l’UMR CESAER (Inra/AgroSup Dijon), l’UMR ThéMA (Université de Franche-Comté/CNRS), l’UR DTM (Cemagref) et l’UMR METAFORT(AgroParisTech/Cemagref/Inra/VetAgroSup) pour le compte de la DATAR, novembre 2011

 

1) Les campagnes des villes, du littoral et des vallées urbanisées  

Les communes de ce groupe se caractérisent par une forte croissance résidentielle depuis une trentaine d'années. Elles rassemblent près de 16M d'habitants et près de 10500 communes sur 140 355 km². Les conditions de vie et l'économie y  « sont, plus ou moins fortement, liées aux dynamismes des métropoles et des villes environnantes ».

L'étude distingue trois classes au sein de ce groupe :

- les campagnes densifiées, en périphérie des villes, à très forte croissance résidentielle et à économie dynamique (5,5M d'hab., 3070 communes, 39 000 km²). Les communes de cette classe « bénéficient du desserrement résidentiel des grandes métropoles et d'un bilan naturel positif grâce à la présence d'une population jeune ». Elles « attirent des catégories socioprofessionnelles supérieures mais peuvent aussi connaître des départs de cadres et de chefs d'entreprises [ainsi que] de personnes âgées de 55 ans et plus ». Leur situation économique est très favorable : emplois en augmentation, bon niveau de qualifications des actifs etc. Ces communes sont également très bien pourvues en services et commerces. Les paysages, très fortement marqués par l'artificialisation, disposent d'un bâti fragmenté et étendu souvent associé à des zones humides ou fluviales.

- les campagnes diffuses, en périphérie des villes, à croissance résidentielle et dynamique économique diversifiée (5,5M d'hab., 4843 communes,  60 650 km²). Les communes de cette classe forment « les secondes couronnes des grandes agglomérations et les couronnes des villes moyennes ». Densément peuplées, elles voient leur population augmenter grâce à un excédent naturel et migratoire. Sauf exceptions, elles attirent toutes les catégories socioprofessionnelles et un large éventail de classes d'âge. Au plan économique, ces communes disposent d'activités industrielles importantes et d'activités résidentielles légèrement inférieures à la moyenne. La qualification des actifs est élevée et le taux de chômage faible. Mais nombre d’actifs travaillent loin de leurs communes de résidence faute d’y trouver des  emplois en nombre suffisant. Là encore, les paysages sont fortement artificialisés.

- les campagnes densifiées, du littoral et des vallées à forte croissance résidentielle et à forte économie présentielle (5M d'hab., 2535 communes, 40 500 km²). Les communes de cette classe connaissent  « une croissance démographique alimentée par un excédent naturel, là où la population est jeune, mais surtout par l'arrivée de populations de tous âges et de toutes catégories socioprofessionnelles (…) Leurs habitants bénéficient d'un excellent accès aux services et aux emplois ». Mais malgré une forte croissance de ces derniers et un bon niveau de qualification des actifs, le taux de chômage reste élevé. L'activité économique est orientée vers les secteurs résidentiel et touristique. Ces territoires sont fortement marqués par l'artificialisation. Les milieux semi-naturels, les espaces agricoles et l’eau jouent, toutefois, un rôle important dans la composition des paysages.

 

2) Les campagnes agricoles et industrielles

Ce groupe à classe unique compte 5,5M d'habitants, 10523 communes sur un vaste espace de près de 140 000 km². « Les dynamiques économiques et démographiques y sont très contrastées et les territoires concernés profitent ou subissent les influences urbaines parfois très lointaines ». Connaissant une faible densité, les communes ont une population jeune et pour la plupart une croissance démographique due à un bilan naturel et un solde migratoire excédentaires. Cependant certains bourgs et les petites villes perdent des habitants à cause d'un déficit migratoire (départ de catégories socioprofessionnelles supérieures). La situation économique présente quelques fragilités : un chômage important, une faible croissance des emplois et un niveau de qualification des habitants peu élevé. Les activités industrielles sont prépondérantes et la présence de la sphère agricole et agroalimentaire affirmée. Si les habitants de ces communes ont des revenus légèrement inférieurs à la moyenne nationale, ils bénéficient néanmoins d'un bon accès aux services et aux commerces. Les paysages associent des terres agricoles (notamment des espaces de grandes cultures) à un bâti fragmenté et peu dense.

 

3) Les campagnes vieillies à très faible densité

« Après une longue période d'exode rural, ces campagnes connaissent un brassage de populations et parfois un regain démographique. Cependant, le vieillissement de la population reste important, le niveau de revenus parmi les plus faibles et l'accessibilité très en deçà de la moyenne française (...) ». Elles rassemblent près de 5,2M d'habitants, 12 884 communes, sur près de 227 000 km².

L'étude distingue trois classes au sein de ce groupe :

- les campagnes à faibles revenus, économie présentielle et agricole (près de 2,3M d'hab., 7222 communes, près de 120 000km²). Très faiblement peuplées, les communes de cette classe sont « situées dans un environnement très rural et éloigné de l'influence des grandes métropoles ». Mais « plus de la moitié d'entre elles enregistre un accroissement démographique, alimenté par un excèdent migratoire » (arrivées dominées par les employés, les ouvriers et les séniors) auquel s'ajoute parfois un excédent naturel. Les communes confrontées à une déprise démographique perdent des habitants principalement par déficit naturel, même si des départs de catégories supérieures et d’actifs avec enfants sont constatés. Les secteurs agricole et agro-alimentaire tiennent une place importante (1 emploi sur 4). « Le nombre d'emploi augmente mais reste nettement en deçà de la moyenne. (…) Le taux de chômage et l'emploi à temps partiel dépassent légèrement la moyenne ». Ces campagnes sont peu bâties et peu artificialisées.

- les campagnes à faibles revenus, croissance résidentielle, économie présentielle et touristique (1,8M d'hab., 3528 communes, 55 600 km²). De très faible densité, les communes de cette classe « se situent dans un environnement fortement rural, loin de l'influence des métropoles ». Cependant, les 3/4 d'entre elles ont une population en augmentation, grâce à « un excédent migratoire auquel est souvent associé un solde naturel positif ». De nombreuses communes voient toutefois « l'arrivée de séniors, ce qui a pour effet d'accentuer le vieillissement déjà important de la population (...) L'économie locale est marquée par les emplois résidentiels, agricoles, agro-alimentaires et touristiques ». La croissance des emplois et le niveau de qualification des actifs atteignent des valeurs moyennes. Le taux de chômage et la part du temps partiel sont très importants. Les paysages sont principalement composés de prairies et de forêts, avec une faible présence du bâti et des espaces artificialisés.

- les campagnes à faibles revenus, croissance résidentielle, économie présentielle et touristique dynamique, avec éloignement des services d'usage courant (1M d'hab., 2134 communes, 51 300 km²). Avec des densités très faibles n’augmentant que très lentement, les communes de cette classe « correspondent à des espaces, souvent difficiles d'accès, sur lesquels les grandes métropoles n'exercent que peu d'influence. Le vieillissement de la population y est sensible » même si 80% de ces communes connaissent un « accroissement démographique qui résulte d'un excédent migratoire parfois combiné avec un solde naturel positif ». Des populations les quittent toutefois. La situation économique est plutôt favorable grâce à une sphère présentielle et un secteur touristique très développés. Les actifs ont un bon niveau de qualification et l'emploi est en forte croissance. Mais le chômage et le travail à temps partiel sont très présents. Ces territoires, qui caractérisent une partie de la France montagneuse, bénéficient de la qualité de leurs aménités environnementales.

 

Publications Datar : 

Extrait de Territoires en mouvement n°7, Datar hiver 2012 

Travaux en ligne n°12
Typologie des campagnes françaises et des espaces à enjeux spécifiques (en un seul fichier 42 Mo ou en quatre fichiers distincts : campagnes, littoral, montagne et DOM)
 Synthèse.  Mohamed Hilal, Aleksandra Barczak, François-Pierre Tourneux, Yves Schaeffer, Marie Houdart et Dominik Cremer-Schulte - Datar, 2012. 80 pages