Développement durable

Le développement durable est un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Comment prendre la mesure des différentes dimensions qu’englobe la notion de développement durable (développement économique, progrès social, protection de l’environnement) à l’échelon territorial ?

Voir la liste des indicateurs de développement durable.

Lire l'article "Des indicateurs du développement durable pour les territoires" de la Datar et du SOeS présentant la démarche et les indicateurs retenus.

Télécharger la publication CGDD-Datar (novembre 2011) "Indicateurs de développement durable pour les territoires" regroupant les 50 fiches-indicateurs.

Télécharger la publication Repères CGDD-Datar (janvier 2014) "Des indicateurs de développement durable pour les territoires"

Date de mise à jour : 04/02/2016
Enjeu(x) : Production - Encourager des formes de compétitivité pour une croissance durable
Echelle : Régions - Régions 2016
Thèmes : Développement économique
Année(s) :2013 semi-définitives
Couverture : France
Périodicité : Annuelle
Producteur(s) : INSEE
Liens : Eurostat - Nace Rév.2 Nomenclature statistique des activités économiques

Insee - PIB
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ITDD - Ecart à la moyenne du PIB régional par habitant

Au cours de la période précédant la crise, entre 1996 et 2006, le PIB par habitant a augmenté en moyenne de 1,7 % par an en volume au niveau national. Cet indicateur résume la façon dont se conjuguent croissance démographique et croissance économique. Son analyse, ainsi que l’observation des disparités entre régions, met en lumière les fragilités structurelles et le décrochage des régions de l’Est ou du Bassin parisien –hors Île-de-France- d’une part, le dynamisme des régions du Sud et de l’Ouest d’autre part. Elle alerte également sur l’ambivalence de la forte attractivité démographique pour certaines d’entre elles, comme le Languedoc-Roussillon, la Corse, ou Provence-Alpes-Côte d’Azur.

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   Croissance annuelle moyenne du produit intérieur brut par habitant entre 1996 et 2006

Définition

Pertinence

Limites et précautions

Analyse

Pour en savoir plus

 


  • Définition

Taux d’évolution annuel moyen du produit intérieur brut régional par habitant, en valeur réelle. Il est calculé sur une période longue (10 ans), à partir des valeurs définitives, afin de retracer les tendances des évolutions structurelles.

 

  • Pertinence

 Une croissance du PIB signifie que l’économie crée des ressources supplémentaires lui permettant d’investir pour maintenir et renforcer son potentiel de développement. Elle peut permettre aussi d’améliorer le niveau de vie des habitants ou de mieux prendre en charge les problèmes sociaux ou environnementaux. En comparant les évolutions des PIB régionaux par habitant mesurés en valeur réelle, l’indicateur tient compte des différences de taille des régions et des évolutions générales des prix, pour situer celles qui ont bénéficié des meilleures opportunités de croissance économique, en développant par exemple des activités à haute valeur ajoutée ou leur capacité à valoriser les ressources humaines.

 L’échelon territorial retenu est la région. Le niveau régional est le niveau privilégié d’élaboration des politiques territorialisées de développement économique, tant celles impulsées par l’Union européenne que celles de l’Etat.

 

  • Limites et précautions

 L’indicateur permet d’apprécier si le développement économique se poursuit dans la durée, mais présente des limites maintes fois soulignées par rapport aux diverses dimensions du développement durable. Ainsi, le PIB ne concerne que les biens et services valorisés. L’accroissement de leur production peut tenir davantage à leur amélioration qualitative qu’aux volumes produits. De plus, en traduisant leur valeur d'échange et non leur valeur d'usage, le PIB ne tient pas compte du travail domestique ni bénévole, ou des services environnementaux non valorisés (production d’aménités). Une croissance de la production de biens matériels peut être source de pollution ou d’atteinte à la santé, entraînant une hausse de différents types de dépenses qui bien qu’ayant une incidence favorable sur le PIB, ne contribuent pas à l’amélioration de la qualité de la vie. Enfin, l’indicateur ne mesure pas directement la prospérité matérielle de la population : celle-ci est plutôt mesurée en termes de revenu par tête, qui tient compte des transferts de richesses en provenance ou à destination d’autres régions ou de l’étranger.

A cet égard, le rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social, dit rapport Stiglitz (2009), est particulièrement éclairant sur les limites du produit intérieur brut comme indicateur d’évaluation du bien-être présent et de sa capacité à se maintenir dans le temps.

 

 

Analyse

 

  • Résultat au regard de l’enjeu de développement durable

 Sur la période 1996-2006, le PIB par habitant a augmenté en moyenne de 1,7 % par an en volume au niveau national. La progression est d’ampleur variable suivant les régions. Elle est relativement faible en Alsace, Picardie, Basse-Normandie et Lorraine. Parmi les nombreuses régions dont la croissance est proche de la moyenne nationale, entre 1,6 % et 1,9 %, figurent d’une part des régions dont le faible dynamisme démographique tire mécaniquement le ratio à la hausse et qui bénéficient donc d’une forme de découplage (Nord-Pas-de-Calais, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Haute-Normandie, Auvergne, Limousin) ; d’autre part des régions dont la forte croissance de la population influe à la baisse sur le niveau du PIB par habitant, effet paradoxal de leur attractivité (Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes, Pays de la Loire et Languedoc–Roussillon).

Enfin, quelques régions se situent nettement au dessus de la moyenne, conjuguant forte croissance du PIB par habitant (plus de 2 %) et forte croissance démographique : la Bretagne, Midi-Pyrénées, la Corse et les DOM. Pour ces deux dernières, il s’agit d’un phénomène de rattrapage, et en 2007, elles se situent encore nettement au dessous de la moyenne nationale pour le niveau du PIB par habitant.

L’Ile-de-France se situe un peu au dessus de la moyenne en termes de progression du PIB par habitant, alors que sa population croît au même rythme que la moyenne.

 

  • Disparités territoriales

 Des disparités de niveau de PIB par habitant entre les régions

 Les écarts de PIB moyen par habitant entre régions sont importants, de 46 000 € par habitant en Ile-de-France en 2007 à 17 500 € dans les Dom, 23 200 € en Corse. Les mieux positionnées sont, après l’Ile-de-France dont le PIB par habitant est de moitié supérieur à la moyenne nationale, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’Alsace.

 Outre l’Ile-de-France, une seule région, Rhône-Alpes, se situe au dessus de la moyenne nationale. En 1997, l’Alsace était également dans ce cas. En 2007, son PIB par habitant se situe 6 points au dessous de la moyenne, tandis que la forte croissance du nombre des travailleurs transfrontaliers qui y résident bénéficie au PIB des régions frontalières, allemandes ou suisses. Parmi les facteurs qui expliquent les disparités de PIB par habitant, la « fuite » des actifs qui vont travailler hors de leur région de résidence n’est pas négligeable. Elle concerne non seulement les régions transfrontalières, mais aussi les régions du bassin parisien, de plus en plus dépendantes de l’Ile-de-France qui concentre les emplois et davantage encore les emplois à forte valeur ajoutée.

 

 Disparités de niveau de PIB par habitant et par emploi en 2007

 La différence de productivité globale de la main d’œuvre entre les régions est le principal facteur de disparités de PIB par habitant. Le PIB par emploi est beaucoup plus élevé en 2007 en Ile de France que dans les autres régions françaises, en particulier les DOM. Parmi les régions de province, les régions où la productivité est la plus forte sont Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, les moins bien placées étant la Basse-Normandie, le Limousin, l’Auvergne. Ces différences tiennent en grande partie à la structure sectorielle de l’activité. Le PIB par habitant d’une région est d’autant plus élevé que la région concentre des emplois dans des secteurs générant une forte valeur ajoutée, comme les services aux entreprises, les activités financières ou les industries de haute technologie. Mais il existe néanmoins des spécificités régionales pour certains secteurs, comme l’agriculture où la nature de la production régionale est déterminante dans la valeur ajoutée : viticulture en Champagne-Ardenne, Alsace ou Bourgogne.

 Autre facteur de disparité, le degré de mobilisation de la main d’œuvre varie fortement selon les régions. Plus la mobilisation est forte, c'est-à-dire moins il y a d’inactifs et de chômeurs parmi la population en âge de travailler, plus elle contribue à la création de richesse et plus le PIB par habitant est élevé. En 2006, les taux d’emploi des personnes considérées en âge d’activité, de 15 à 64 ans, sont nettement plus élevés en Ile de France, en Bourgogne, dans les Pays de la Loire ou en Bretagne qu’en Nord-Pas-de-Calais, en Languedoc-Roussillon, en Corse et dans les DOM. Les disparités de PIB par habitant tiennent aussi enfin à la structure de la population, les inactifs et en particulier les enfants et personnes âgées ne contribuant à la création de richesse qu’indirectement, par leur consommation.

 Les effets positifs de ces facteurs se conjuguent dans la région Ile-de-France, de même que leurs effets négatifs en Corse et dans les DOM. Mais dans d’autres régions, ils ne jouent pas tous dans le même sens. Ainsi, comparés aux régions de province, les Pays de la Loire sont favorisés par leur taux d’emploi, mais défavorisés par une assez faible productivité globale de la main d’œuvre. La Picardie et la Lorraine sont plus défavorisées du fait des taux d’emploi qu’en termes de productivité. Le Languedoc-Roussillon pâtit d’une faible mobilisation de la main d’œuvre, alors que la productivité y est comparable à la moyenne des régions de province.

 

Des modèles de développement différenciés

 La tendance est à une légère accentuation de la concentration de la production nationale en Ile-de-France sur dix ans. Si on exclut l’Ile-de-France, qui se détache encore un peu plus de la moyenne qu’en 1997, la dispersion des niveaux de PIB par habitant entre régions tend globalement à se réduire, mais cette réduction s’accompagne d’une recomposition géographique. La seule région autre que l’Ile-de-France au-dessus de la moyenne nationale, Rhône-Alpes, s’en rapproche. Pour les régions de l’Est et du Bassin Parisien, hors Ile-de-France, l’écart à la moyenne se creuse. Il s’atténue pour deux régions de l’Ouest, Bretagne et Pays de la Loire, mais reste constant pour Poitou-Charentes. Il est aussi stable pour les régions du centre de la France, Auvergne et Limousin. Parmi les régions du Sud, particulièrement dynamiques du point de vue démographique, trois régions se rapprochent de la moyenne nationale du PIB par habitant, la Corse, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Midi-Pyrénées ; les deux autres, Aquitaine et Languedoc-Roussillon peinent à augmenter leur production à un rythme suffisant pour répondre à la croissance de la population.

 En dix ans, les disparités de taux d’emploi ont eu tendance à s’atténuer, les disparités de PIB par emploi à s’accentuer. L’Ile-de France continue de concentrer les activités à forte valeur ajoutée, avec une progression en volume du PIB par emploi de 1,4 % en moyenne annuelle, contre 1,2 % au plan national.

 Mais en dynamique, elle est devancée par la Bretagne, Midi-Pyrénées et les Dom. Ces trois régions doivent leur croissance à une forte progression du PIB par emploi conjuguée à une forte croissance de l’emploi : respectivement plus de 1,5 %  et plus de 1,6 %. Trois autres régions suivent le même modèle, à un rythme plus modéré, Aquitaine et Rhône-Alpes (+1,3 % de croissance du PIB par emploi et de l’emploi), ainsi que Poitou-Charentes (+1,1 % pour le PIB par emploi et 1,2 % pour l’emploi).

 

Evolution annuelle moyenne du PIB par emploi et de l’emploi entre 1996 et 2006, en %

 A contrario, le rattrapage de la Corse est davantage imputable à la croissance de l’emploi (+2,5 %) qu’à l’augmentation de la productivité (+ 1 %). Le développement du Languedoc-Roussillon et de PACA est également imputable à la forte croissance des activités à moindre valeur ajoutée, avec moins de 1 % de progression du PIB par emploi, et près de 2 % de croissance de l’emploi. Les pays de la Loire se situent entre les deux modèles, avec respectivement + 1,1 % et + 1,6 %.

 Les régions du Nord, de l’Est et du bassin parisien accusent à la fois une faible croissance de la productivité et de l’emploi sur cette décennie, sauf la Franche-Comté et Champagne-Ardenne, dont la productivité augmente à un rythme comparable à la moyenne nationale. L’Auvergne et le Limousin se positionnent également sur des activités à plus forte valeur ajoutée, avec également une progression du PIB par emploi légèrement supérieure à la moyenne.

 Ces évolutions rendent compte des changements structurels à l’œuvre sur une période longue et permettent d’alerter sur des trajectoires porteuses de risques. Elles peuvent néanmoins s’infléchir sous l’effet de la conjoncture, particulièrement en période de crise où le tissu productif peut être amené à subir d’importantes mutations.

 

  • Données complémentaires

 Les indicateurs économiques reflétant l’investissement pour l’avenir (effort de recherche, évolution de la qualification des jeunes), ainsi que ceux relatifs aux modes de production (consommation d’énergie rapportée au PIB), permettent de détecter les trajectoires peu porteuses en termes de croissance. Mais c’est l’ensemble des indicateurs économiques, sociaux et environnementaux, du référentiel qui concourent à apprécier la durabilité du développement dans toutes ses dimensions.

 

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Pour en savoir plus

 

  • Source

Organisme producteur de l’indicateur : INSEE

Principales sources de données mobilisées pour établir l’indicateur : Comptes économiques régionaux

Date de diffusion ou mise à jour des données mobilisées : novembre 2009 (données 2000 à 2006 définitives, données 2007 semi-définitives). Les données provisoires 2008, susceptibles d’évoluer, parfois fortement, n’ont pas été prises en compte dans l’analyse.

  • Couverture, échelon territorial

France métropolitaine.

Les DOM ne disposent pas du PIB en volume et le PIB 2007 en valeur n’y est pas encore disponible

  • Echelle temporelle

L’évolution est calculée sur une période de 10 ans, pour appréhender les évolutions structurelles plutôt que conjoncturelles.

L’indicateur peut être mis à jour tous les ans à partir des nouvelles séries.

  • Méthodologie de l’indicateur

A partir des données publiées par l’Insee, les évolutions sont calculées sur dix ans, pour appréhender les évolutions structurelles et s’affranchir des aléas conjoncturels. La croissance est mesurée en volume, et non en valeur. En revanche, les écarts à la moyenne nationale sont calculés à partir des données en valeur (France=100).

  • Autres indicateurs liés

Sur le site de l’Observatoire : indicateurs de développement durable

http://www.territoires.gouv.fr/observatoire-des-territoires

Indicateur national de développement durable (indicateur de contexte économique et social) :

Revenu national net et PIB par habitant

http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr > Observation et statistiques de l’environnement > Accueil > Indicateurs> Indicateurs de développement durable

http://www.insee.fr > Accueil > Publications et services > Dossiers > Développement durable

  • Liens

Comptes régionaux établis par l’Insee, méthodologie et résultats :

http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?ref_id=cnat-region&reg_id=99

  • Bibliographie

« Dynamiques et développement durable des territoires » : rapport de l’Observatoire des territoires, Diact, Janvier 2009, La documentation française.

Béoutis A., Casset-Hervio H., Leprevost E. (2005). » Les produits intérieurs bruts régionaux en 2003 : forte concentration spatiale et dynamismes contrastés". INSEE Première n°1055, décembre 2005

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