Cohésion territoriale

La cohésion territoriale tient pour beaucoup à la capacité à concilier diversité des territoires et réduction des inégalités entre citoyens liées à l’espace. Comment repérer les facteurs essentiels de la cohésion de nos sociétés, que sont les disparités sociales et la précarité, l’accessibilité aux services d’intérêt général, la participation des citoyens à la vie publique, ou encore la capacité à coopérer et mutualiser des ressources, aux différentes échelles géographiques où ils s’expriment ?

Date de mise à jour : 11/12/2015
Enjeu(x) : Accessibilité - Accès aux services d'intérêt général - Offre de soins - Garantir l'accès aux soins et promouvoir une attitude favorable à la santé
Echelle : Bassins de vie 2012
Thèmes : Conditions de vie
Année(s) :2014
Couverture : France
Périodicité : Annuelle
Unité : en %
Producteur(s) : INSEE (BPE) - INSEE - Metric
Liens :
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ITDD - Accessibilité aux soins de proximité

En 2006 4,3 % de la population de France métropolitaine habite à plus de 20 minutes en voiture d’au moins un service de santé de proximité : médecins généralistes, infirmiers libéraux, chirurgiens-dentistes, masseurs-kinésithérapeutes et pharmacies.

Les bassins de vie dont la population est la plus éloignée de ces services se situent principalement dans les zones de montagne et dans les marges orientale et méridionale du bassin parisien.

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Part de la population à plus de 20 mn des services de santé de proximité, en 2006 

Définition                   

Pertinence

Limites et précautions

Analyse

Pour en savoir plus

 

  • Définition

L’indicateur est la part de la  population de chaque bassin de vie résidant à plus de 20 minutes d’un ensemble de services de proximité : médecins généralistes, infirmiers libéraux, chirurgiens-dentistes, masseurs-kinésithérapeutes et pharmacies. Le temps est calculé pour chaque individu comme le temps nécessaire en automobile, aux heures creuses, pour se rendre du chef-lieu de la commune de résidence à celui de la commune où se situe l’équipement le plus éloigné.


  • Pertinence

La présence de services de santé est une condition nécessaire pour maintenir et améliorer la qualité de vie des habitants sur un territoire, pour permettre l’installation de nouvelles populations, notamment celles qui en ont le plus besoin (retraités, enfants…), ainsi que pour faire émerger des nouvelles activités économiques (maintien des emplois, attraction d’entreprises). Par ailleurs, l’éloignement de la population des services de santé accentue le nombre et la longueur des déplacements, notamment ceux effectués en voiture, sources de rejets atmosphériques.

Plutôt que de livrer une description détaillée de l’accès des populations à chacun des services de santé, le choix a été fait de proposer une vision globale de l’offre minimale de soins de proximité dans les différents territoires. On a retenu la part de la population des bassins de vie vivant dans une commune dont le chef-lieu est éloigné de plus de 20 minutes d'au moins un des cinq services de santé de proximité. Ce choix  permet de concentrer l’analyse sur les communes où le manque de précision des distances-temps est le moins problématique. Dans l’absolu, il n’existe pas de mesure du temps de trajet « raisonnable » pour se rendre chez un professionnel de santé de proximité. Le seuil retenu de 20 minutes a été jugé représentatif de la proximité quotidienne. 

Cet indicateur permet ainsi de se faire rapidement une idée du niveau d’enclavement des territoires par rapport à l'offre de soins. Il résume les potentialités d’accès aux soins en tenant compte des lieux où se trouvent ces services et de la fluidité de la circulation pour rejoindre ces lieux, prise en compte dans le distancier utilisé.

La prise en compte des trajets domicile-travail aurait contribué à faire baisser considérablement les temps globaux d’accès aux équipements de santé. Si ce type de méthode peut s’avérer pertinente pour l’analyse de l’accès aux commerces et à d’autres services courants, elle l’est beaucoup moins dans le cas des services de santé de proximité. Il a été montré que la fréquentation des services de santé (notamment des médecins généralistes) est liée à l’âge. Etant donné que les populations en âge de travailler ne sont pas les plus consommatrices de services de santé de proximité, nous avons fait le choix de prendre uniquement comme référence les temps d’accès depuis le domicile aux heures creuses.

Les résultats sont présentés par bassin de vie, échelle pertinente pour l’analyse de l’accessibilité puisque construit comme devant être le plus petit territoire sur lequel peut s’accomplir la majorité des actes « courants » : il s’agit de l’accès aux services publics et privés fréquentés assez souvent (gamme intermédiaire) et de l’accès à l’emploi. En outre, ce maillage permet de distinguer certains types de territoires tels que l’urbain et le rural, où les différences sont souvent le plus sensibles. 

 

  • Limites et précautions

Cet indicateur est pertinent pour la mise en évidence des difficultés d’accès aux soins des habitants des territoires ruraux les moins densément peuplés, en partant de l’hypothèse qu’ils ont tous un moyen de transport motorisé à leur disposition pour effectuer le déplacement vers l’un de ces cinq services de santé.

L’indicateur n’est pas adapté à l’analyse de l’accès aux services de santé en milieu urbain. D’une part parce qu'il ne tient pas compte des modes de transport autres que la voiture, d’autre part parce que les temps d’accès aux services sont considérés comme nuls lorsqu’ils se produisent à l’intérieur d’une même commune. Pourtant, ces déplacements peuvent être particulièrement longs pour les foyers non motorisés situés dans des communes en marge des centres des agglomérations ou dans certaines banlieues difficiles, qualifiées de « déserts médicaux ».

Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue son caractère synthétique, et donc la diversité d’informations sur lesquelles il repose. Une analyse détaillée de chacun des services donnerait lieu à différentes distributions spatiales. Par exemple, les médecins généralistes, les infirmiers et les pharmacies couvrent assez bien la totalité du territoire, mais les kinésithérapeutes et dentistes sont beaucoup plus concentrés dans l’espace.

Enfin, la présence d'un professionnel de santé ne garantit pas à elle seule la prise en charge de toute la population environnante : pour des questions de saturation de l'offre (un professionnel ne peut assurer qu'un nombre fini de prises en charge) ou de tarif pratiqué (en secteur à honoraires libres).

 

 

Analyse

 

  • Résultat au regard de l’enjeu de développement durable

Sur l’ensemble de la France métropolitaine, 2,7 millions d’habitants  (4,3 % de la population) se trouvent éloignés d'au moins un des services de santé de proximité. Ces difficultés d’accès concernent un nombre limité de territoires : 25% des bassins de vie (8,3 millions d’habitants) concentrent 70 % de la population éloignée de plus de 20 minutes des services de santé de proximité.  A l’inverse, dans la moitié des bassins de vie les mieux desservis (36,3 millions d’habitants), moins de 1% de la population se trouve dans cette situation.

Part de la population éloignée d’un médecin généraliste et d’un kinésithérapeute 

  • Disparités territoriales

La part de la population éloignée d'au moins un des services de santé de proximité est particulièrement élevée dans les zones de montagne et sur les marges orientale et méridionale du bassin parisien. Les départements de la Meuse au nord-est et des Landes au sud-ouest délimitent une vaste diagonale intérieure composée de bassins de vie à forte proportion d’habitants éloignés de cet ensemble de services. Au niveau régional, les territoires où la part de population éloignée est la plus importante sont la Corse (25%), la Franche-Comté (12%), la Bourgogne (12%), le Limousin (11%) et l’Auvergne (11%). A l’intérieur de cet ensemble de régions, des bassins de vie de la Bourgogne ressortent en raison de leur étendue et du caractère très dispersé de leur population.

A l’opposé, se trouvent des régions où la part d’habitants éloignés des services de santé de proximité est beaucoup moins importante: l’Ile-de-France (0,5 %), le Nord-Pas-de-Calais (0,8%), l’Alsace (1,7%) et la Bretagne (1,4%). Dans ces régions, l’éloignement est faible dans la presque totalité des bassins de vie, et pas uniquement dans ceux des grandes aires urbaines. Les trois premières sont des régions à forte densité de population ; la Bretagne, quant à elle, bénéficie d’un maillage urbain spécifique, avec de nombreuses petites villes reliées par un bon réseau routier, deux facteurs qui améliorent l’accessibilité.

Paradoxalement, deux de ces quatre régions (Nord-Pas-de-Calais, Bretagne), se trouvent dans une situation opposée en termes de mortalité « évitable » liée au système de soins, ce qui témoigne de l’existence de deux géographies différentes : celle de l’accessibilité d’une part et celle et celle de l’accès effectif d’autre part.

 

  • Données complémentaires

Afin de déterminer dans quelle mesure les difficultés d’accès aux soins viennent s’ajouter à d’autres problèmes économiques et sociaux, cet indicateur pourrait être comparé à :

- la part de la population de plus de 65 ans,

- la part des catégories socioprofessionnelles les plus défavorisées,

- la surmortalité.

 

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Pour en savoir plus

 

  • Source

Organisme producteur de l’indicateur : Insee

Principales sources de données mobilisées pour établir l’indicateur :

Base permanente des équipements 2006, Insee ; Distancier intercommunal Odomatrix, INRA UMR 1041 CESAER ; recensement de la population 2006 (population).

Date de diffusion ou mise à jour des données mobilisées : Résultats 2006 disponibles sur le site de l’Insee en avril 2009.

 

  • Echelon territorial, couverture

France métropolitaine par bassin de vie.

Le distancier utilisé n’est pas disponible pour les DOM.

 

  • Echelle temporelle

Référence temporelle : 2006

Base permanente des équipements : 2006

Odomatrix : réseau routier IGN Route500 2004

Fréquence de mise à jour de la BPE : annuelle

Fréquence de mise à jour des données du recensement (RP) : des résultats sont publiés tous les ans, mais compte tenu de la méthode de collecte, il n’est pas pertinent d’actualiser l’indicateur annuellement.

 

  • Méthodologie de l’indicateur

La Base permanente des équipements (BPE) recense annuellement par commune 140 types d’équipements (commerces, services aux particuliers, enseignement, santé, tourisme …). Parmi les catégories d’équipements recensées, 85 sont réparties en trois gammes de niveau différent en fonction de l’accès plus ou moins fréquent de la population à ces services.

Le distancier intercommunal Odomatrix de l’Inra estime les temps de parcours en voiture vers la commune équipée la plus proche du domicile.  Pour un habitant ne disposant pas du service dans sa commune de résidence, l'accessibilité est appréciée par le temps en minutes mis pour faire le trajet aller dans la commune équipée la plus proche de son lieu de domicile.

Les bassins de vie constituent la plus petite maille territoriale au sein de laquelle les habitants peuvent accomplir la majorité des actes courants comme accéder aux services privés ou publics assez souvent fréquentés et accéder à l’emploi. La France métropolitaine a ainsi été découpée en 1 916 bassins de vie, dont 1 745 concernent les petites villes et les bourgs et 171 les agglomérations de 30 000 habitants ou plus. Le zonage en bassin de vie a été établi en 2004 ; les commerces et services pris en compte pour le définir sont en grande majorité tirés de l’inventaire communal de 1998. La délimitation des bassins de vie sera revue en 2011.

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  • Principaux objectifs nationaux

La SNDD, dans le défi « Santé publique, prévention et gestion des risques » définit un choix stratégique de « préserver l’accès aux soins de qualité pour tous ». Elle précise notamment qu’il faudra rechercher, en relation avec les collectivités territoriales, des solutions à la disparité de l’implantation géographique des professionnels de la santé qui entraîne en certains endroits des délais importants pour l’accès aux soins ou à des spécialistes ».

 

  • Autres indicateurs liés

Indicateurs territoriaux de développement durable :

Sur le site de l’Observatoire des territoires : http://www.territoires.gouv.fr

ou du SOeS : http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr > Observation et statistiques de l’environnement > Indicateurs> Indicateurs de développement durable territoriaux

- Taux de mortalité prématurée

- Accessibilité aux services

 

Autres indicateurs sur le site de l’Observatoire des territoires :

- Structuration des bassins de vie par les équipements de santé

- Accessibilité des bassins de vie aux équipements de santé

 

Indicateurs nationaux de développement durable :

- Besoins de soins de santé non satisfaits (renoncement aux soins pour des raisons financières) (en cours de préparation).

http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr > Observation et statistiques de l’environnement > Indicateurs> Indicateurs de développement durable

ou http://www.insee.fr > Publications et services > Dossiers > Développement durable

 

  • Liens

La BPE : http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=sources/ope-adm-bpe.htm

Les bassins de vie : http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?reg_id=0&ref_id=bassins_vie

Le distancier Odomatrix : http://www2.dijon.inra.fr/esr/pagesperso/hilal/Odomatrix.pdf

 

  • Bibliographie

Benoit J.-M., Benoit P., Pucci D. (2002), La France à 20 minutes : La révolution de la proximité, Paris, Belin, 271 p.

Julien P., Pougnard J. (2004), Les bassins de vie, au cœur de la vie des bourgs et petites villes, Insee Première N° 953, avril

Rican S., Salem G., Vaillant Z., Jougla E. (2010), Dynamiques sanitaires des villes françaises, La Documentation Française, Datar, 75 p.

Tonnellier F., Vigneron E. (1999), Géographie de la santé en France, Paris, PUF, 127 p.

Hilal M. (2007), Temps d’accès aux équipements au sein des bassins de vie des bourgs et petites villes. Insee, Economie et Statistique, n° 402.

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